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Edito

Une hirondelle ne fait pas le printemps…

Le scénario était connu d’avance. Tant il était prévisible que la politique allait gagner face à l’économie. Tant on pouvait deviner que le Premier ministre n’allait prendre aucun risque pour froisser l’électorat, à quelques mois des élections. Tant, depuis ces quatre dernières années, la casquette du politicien l’emporte sur celle du ministre des Finances. Qui n’a pas assisté aux laborieux efforts d’un Pravind Jugnauth pour se tailler le costume d’une future candidature premier ministérielle ?

 

Conforté par sa victoire juridique dans l’affaire Medpoint, Pravind Jugnauth avance un à un ses pions. Et l’on sait tous que son discours budgétaire n’est qu’une pièce du puzzle dans son jeu politique. L’objectif était plutôt clair : ne pas créer de mécontentement dans la population. Il faut dire qu’à ce propos, le leader du MSM a plutôt bien réussi. Car les observateurs auront beau dénoncer son absence de vision sur le long terme, doublée de son incapacité à relancer l’économie ; les partis de l’opposition et les économistes pourront continuer à s’inquiéter devant la décision du gouvernement de puiser dans les réserves de la Banque de Maurice, personne ne descendra dans la rue pour ça. Car au final, ne compte que ce que les citoyens retiennent de ce Budget MSM : une continuité dans sa politique sociale, en donnant pêle-mêle aux fonctionnaires (Rs 1 000 dans l’attente du rapport du PRB), aux personnes âgées (Rs 500), aux planteurs (subvention de Rs 25 000), aux chauffeurs de taxi et automobilistes confondus, soulagés devant la baisse de l’essence, quand ce ne sont pas des familles qui saluent la baisse du prix du gaz ménager.

 

Du coup, même les partis de l’opposition ont du mal à s’en prendre au grand argentier/Premier ministre, si ce n’est pour diriger leurs tirs majeurs sur le recours aux réserves de la Banque de Maurice. «Budget confetti, mesures Panadol», a donc qualifié Ramgoolam qui, quelques phrases plus loin, accuse Pravind Jugnauth d’avoir «copié» sur lui concernant la décision autour des petits planteurs. Mais mal «copié», ajoute un Ramgoolam qui, du coup, ménage sa critique à ce sujet. Quand le leader du PTr ajoute que les industries qui ont prospéré sont le népolisme, les scandales et la corruption, on se dit que le ridicule ne tue vraiement pas ! Alors que, de son côté, Bérenger a assené le grand oral d’un «bien décevant», soit le même commentaire qu’après la présentation du Budget 2014 par le gouvernement Ramgoolam. Doit-on rappeler les multiples épisodes qui se sont ensuivis ? Un Parlement inexistant pendant de longs mois, une absence de l’opposition MMM, les koz-koze rouge-mauve, les démentis, la proposition de deuxième République, l’alliance PTr-MMM et la défaite.

 

Bref, du coup, la question qui se pose aujourd’hui de manière directe est la suivante : est-ce que les propositions de Pravind Jugnauth qui s’inscrivent dans une stratégie politique feront gagner les élections ? À en croire l’analyste politique Lindsay Rivière, «ce n’est plus un Budget qui fait gagner les élections (…) Une élection se gagne ou se perd sur une perception d’ensemble de l’électeur, une ou deux semaines avant le vote, pas six mois à l’avance (…) La grande majorité de l’électorat est aujourd’hui indécise. Elle se définira au dernier moment, autour d’une question : voudra-t-elle encore cinq ans du gouvernement sortant, de l’Alliance électorale proposée, ou en a-t-elle assez ? D’ici là, tout ne sera que spéculation».

 

Il est vrai que, compte tenu de nos mœurs politiques locales et parfois improbables – à voir la leçon de 2014 où on a vu qu’une équation d’alliance de deux soi-disant grands partis n’est pas une garantie de victoire –, compte tenu des grandes manœuvres se déroulant actuellement en coulisse et qui pourraient déboucher sur n’importe quel pacte pré ou post électoral, compte tenu de la lassitude de l’électorat face à une absence de choix – les partis traditionnels voulant imposer leurs règles – ou alternatives crédibles – bien malin/maligne est celui/celle qui pourra prédire avec certitude le nom du futur locataire de la Clarisse House.

 

C’est dire que même si nous savons que le pays est désormais en campagne électorale, pour l’heure, le scénario final, contrairement au Budget, reste inconnu. Car une hirondelle ne fait pas le printemps…

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