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Edito

La somme des doutes…

C’est ne pas s’indigner qui serait grave ! Salutaires sont-elles ces voix qui se font entendre et qui réclament des comptes sur ces bévues entachant pour la première fois des législatives à Maurice. Peut-on aujourd’hui interdire les citoyens de douter de la fiabilité de notre système de vote quand deux bulletins sont découverts ? Si ces deux bulletins s’avèrent authentiques et portent effectivement le sceau de la Commission électorale, alors l’affaire n’en serait que plus sérieuse, sinon dangereuse. Les interrogations seraient alors simplistes : comment savoir si ces votes-là ont été comptabilisés ou pas ? Y aurait-il la possibilité que d’autres bulletins aient connu le même sort ?

 

Si tant est vrai qu’habituellement à Maurice, après des législatives, à part la perplexité de certains face à l’ampleur de la défaite, le calme prend ensuite le dessus très rapidement, cette fois, le climat social ne retrouve pas sa sérénité, tant des interrogations subsistent, tant des doutes surgissent. Et ce, depuis le jour des élections, quand quelques électeurs (heureusement isolés) se sont plaints que d’autres aient voté à leur place. À se demander pourquoi on a dépensé autant de millions de roupies pour une carte d’identité biométrique qui aurait pu permettre les votes électroniques. Mais le plus choquant reste les 6 800 citoyens (sinon plus) qui n’ont pu accomplir leur devoir civique. Une situation dénoncée avec raison, donnant ainsi naissance à un mouvement dès le soir des élections, invitant des Mauriciens à s’inscrire sur une plateforme dont l’adresse en ligne est www.panecapavevoter.org. S’il faut se réjouir de cette initiative citoyenne, c’est parce qu’il est inacceptable de nier le droit de vote à des milliers de Mauriciens qui vivent dans ce pays, qui y travaillent et qui s’acquittent de leurs impôts.

 

Il est inadmissible que leur droit ait été ainsi lésé, bafoué. La Commission électorale, dont il faut reconnaître la bonne réputation, aura beau tenté de justifier l’absence de ces milliers de noms sur le registre électoral, affirmant qu’il s’agit de la responsabilité des citoyens qui n’ont pas jugé utile de vérifier si leurs noms figuraient sur la liste électorale, elle aura beau rappelé sa campagne, faite en janvier force est de reconnaître que sa communication n’a pas fonctionné et que la méthode utilisée est tout simplement révolue, ne s’adaptant pas à notre réalité de 2019.

 

D’autant plus quand l’on prend connaissance de ces cas où, dans une seule famille, certains membres y sont inscrits au détriment des autres ou encore quand l’on apprend qu’il y a ceux qui sont à l’étranger qui se sont retrouvés sur le registre électoral, alors que des citoyens qui habitent ici sont privés de leurs droits. Une cacophonie qui témoigne de l’urgence de revoir les régles appliquées pour le recensement. Car cette situation crée une atmosphère suspicieuse et provoque aujourd’hui des doutes, essentiellement dans les circonscriptions où l’écart des voix entre le troisième élu et le quatrième est faible. Certes, il ne faut pas généraliser et il est clair que dans nombre de circonscriptions, la distance entre les élus et les perdants sont sans appel, tout comme il est évident que dans certaines régions, les 3-0 sont difficilement contestables.

 

Mais il demeure toutefois ces exemples qui provoquent des interrogations avec peu de voix séparant le troisième du quatrième élu : Au no 15, à La Caverne/Phoenix où Cader Sayed-Hossen (Alliance Nationale) obtient 15 565 et se fait battre par Gilbert Bablee de l’Alliance Morisien qui, lui, s’en sort avec 15 614 voix. Entre les deux : 49 votes d’écart. Autre scénario semblable : au no 19 où la candidate MMM Jenny Adebiro (8 867 voix) rate de près son entrée à l’Assemblée nationale par 92 voix qui la séparent du troisième élu de l’Alliance Morisien, Ivan Collendavelloo (8 959 voix). Quand on sait que, dans ces deux circonscriptions, des centaines de votants n’ont pu accomplir leur devoir, comment ne pas deviner la désolation de ces élus qu’on peut difficilement traiter de mauvais perdants ?

 

Mais si ces élections doivent nous servir de leçon, c’est aussi parcequ’il faut tirer des enseignements sur le côté archaïque du comptage des voix. Cette façon de faire a, certes, marché dans le passé. Mais 50 ans d’Indépendance plus tard, il est impératif que tout ce système, qu’il s’agit du vote ou de la façon de compter, devrait soit revu. Quand l’on sait la tension que le jour du dépouillement a provoqué, quand l’on a assisté à ces interminables demandes de recounting dans certaines écoles, quand pour la première fois un peu partout, la proclamation des résultats s’est faite à des heures tardives, il est un fait que notre pays ne s’est pas montré sous son meilleur jour lors de ces dernières élections. Au contraire ! Et c’est notre démocratie qui est touchée, blessée. D’où la raison de continuer à garder notre vigilance et à nous révolter devant certaines situations condamnables !

 

C’est ne pas s’indigner qui serait grave !

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