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Sœur Jacqueline Salesse

50 ans de foi, de fidélité et de lumière

18 juillet 2026

À l’occasion de ses 50 années de vie consacrée, la religieuse témoigne d’un parcours marqué par une profonde fidélité à son engagement.

Une vocation, une mission... C’est l’histoire inspirante d’une religieuse qui célèbre une étape importante dans sa vie : 50 années de vie consacrée à Dieu.

«Aujourd’hui, je rends grâce pour tout ce que Dieu a accompli dans ma vie.» Dans la douceur feutrée du Carmel de Bonne-Terre, ces mots résonnent comme le résumé d’une existence entièrement offerte. À 50 ans de vie religieuse, sœur Jacqueline Salesse ne regarde pas seulement le chemin parcouru. Elle contemple une histoire tissée de foi, de fidélité et d’abandon, où chaque épreuve est devenue une occasion de s’accrocher davantage à celui qu’elle a choisi de suivre. C’est ce vendredi 17 juillet, entourée de sa communauté, de ses proches et de fidèles, que la religieuse a célébré son jubilé d’or lors d’une messe d’action de grâce présidée par Mgr Jean Michaël Durhône, en présence du cardinal Maurice Piat.

Un moment fort, chargé d’émotion, pour celle qui fut la première Mauricienne à prononcer ses vœux de carmélite au Carmel de Bonne-Terre en 1976, un an seulement après l’inauguration du monastère.

Mais derrière cette célébration se cache une histoire de persévérance. Il y a quelques années, un AVC est venu bouleverser son quotidien. Contrainte de quitter temporairement sa communauté pour vivre dans une maison de retraite tenue par des religieuses, sœur Jacqueline a traversé l’une des périodes les plus douloureuses de sa vie. Une séparation difficile pour celle dont l’existence s’est construite entre les murs du Carmel. Pourtant, même dans l’épreuve, elle n’a jamais cessé de s’appuyer sur sa foi.

«La fidélité du Seigneur est restée ma force», souligne-t-elle avec simplicité. Et lorsqu’elle compare sa souffrance à celle du Christ sur la Croix, elle relativise avec une humilité désarmante. «Lorsque je pense à la souffrance du Christ sur la Croix, la mienne me paraît bien petite», dit-elle avec tendresse. Sa vocation, elle l’a accueillie au terme d’un long cheminement intérieur. À une époque, elle envisageait même de rejoindre un monastère à l’étranger. Le destin en décidera autrement. L’arrivée des Carmélites canadiennes à Maurice, en 1972, ouvre alors une voie nouvelle. Son appel pourra s’épanouir sur sa terre natale.

Près d’un demi-siècle plus tard, elle mesure le cheminement. Celle qui se décrit comme «une racine» a vu d’autres vocations mauriciennes fleurir après elle. Elle a également été témoin des profondes transformations du Carmel. La communauté, autrefois portée par les pionnières venues d’ailleurs, est aujourd’hui largement mauricienne. Comme beaucoup de congrégations religieuses, elle doit cependant composer avec le vieillissement de ses membres et la baisse des vocations. Le monde, lui aussi, a changé. Les technologies et les nouveaux moyens de communication ont trouvé leur place dans le quotidien des sœurs. Mais l’essentiel demeure intact : une vie consacrée à la prière, au silence et à l’union avec Dieu.

À 50 ans de profession religieuse, sœur Jacqueline refuse pourtant de vivre dans la nostalgie. Son regard reste tourné vers demain. Elle voit dans les liens qui se développent entre les Carmels de l’océan Indien un véritable signe d’espérance. Une promesse d’avenir pour cette vocation contemplative qui continue de porter du fruit dans la discrétion. Et si un fil rouge traverse ces cinq décennies de vie consacrée, il se trouve dans la devise qui l’accompagne depuis toujours, inspirée de l’Évangile selon saint Jean : «Toi en moi et moi en Toi.» Une phrase simple, mais puissante, qui résume à elle seule 50 années d’amour, de confiance et de fidélité...

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