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Ils ont pris l’avion pour venir voir le saint-père

La visite du pape dans un pays, de par son statut, son rayonnement et sa figure spirituelle, donne souvent lieu à de grands mouvements d’agitation, d’enthousiasme et de ferveur populaire. Alors que notre île se prépare pour ce grand événement, des compatriotes vivant à l’étranger n’ont pas hésité à prendre l’avion pour venir vivre ce moment dans leur île…

«Un moment à vivre», «des souvenirs de toute une vie», «un événement à ne pas rater»… De nombreux Mauriciens ont pris des dispositions pour vivre comme il se doit la visite du pape François. Comme ce fut le cas, il y a 30 ans, lors de la visite de Jean-Paul II, plusieurs personnes se sont organisées pour le voir ou même essayer d’entrevoir le pape François lors de son passage aux points stratégiques où il passera, le 9 septembre, en allant à Marie-Reine-de-la-Paix ou au caveau du bienheureux père Laval. Les gens seront définitivement au rendez-vous, d’autant que le pape François attire les foules à chacun de ses déplacements.

 

D’ailleurs, quelques mois après son élection, la préfecture de la maison pontificale avait indiqué que «le pape François a attiré près de trois fois plus de fidèles au Vatican en dix mois de pontificat que son prédécesseur Benoît XVI durant toute une année et devançait aussi nettement Jean Paul II». C’est dire sa popularité. Et à un jour de sa visite chez nous, les Mauriciens ont déjà une idée de l’endroit où ils iront pour être sûrs d’apercevoir le saint-père, certains vont même sortir de chez eux aux aurores ou même camper aux alentours de Marie-Reine-de-la-Paix, pour avoir les meilleures places.

 

Et il y a même des Mauriciens vivant à l’étranger qui n’ont pas hésité à prendre l’avion pour venir assister à ce qu’ils qualifient de «visite historique». Parmi, Gino Laboudeuse et sa sœur Danielle Eustasie qui ont débarqué de Perth, en Australie. Pour eux, c’était un must d’être à Maurice pour vivre comme il se doit ce moment très spécial. «Je ne pouvais pas ne pas être là pour vivre, avec tous les Mauriciens, cette visite pas comme les autres. Cette année, j’avais le choix entre deux occasions de venir dans mon île : les Jeux des îles de l’océan Indien et la visite du saint-père. Mais j’ai très vite fait mon choix. J’ai suivi les JIOI via Internet mais pour la venue du pape, je devais être dans mon île, parmi la foule», nous confie celui qui s’est installé en Australie il y a maintenant 15 ans. C’est dans la maison familiale, à Sainte-Croix, à quelques mètres du caveau du bienheureux Père Laval, qu’il nous reçoit : «Je vais certes être là pour le voir lorsqu’il va se rendre au caveau mais je vais aussi être à Marie-Reine-de-la-Paix pour assister à la messe qu’il va donner.»

 

L’effervescence de cette visite papale lui rappelle tout ce qu’il avait vécu enfant, lorsque Jean-Paul II était venu à Maurice. «J’avais participé à une callisthénie au stade de Rose-Hill et j’avais eu l’occasion de le voir. Puis, en 2002, j’avais participé aux Journées mondiales de la jeunesse, au Canada. Ce sont autant de moments forts qui sont devenus de jolis souvenirs et je compte en créer d’autres avec la visite du pape François qui est un rassembleur et différent dans son approche. C’est pour cela que je me devais d’être à Maurice pour l’occasion.»

 

Et c’est complètement différent, précise Gino, quand on vit quelque chose en live and direct et non par l’intermédiaire d’un écran de télé ou autre : «Je veux ressentir la communion entre tous ceux présents. Je veux chanter avec la chorale, je veux sentir l’émotion et la ferveur. C’est pour cette raison que je ne voulais pas rater ce grand jour.» Pour ne rien manquer ou presque, ce passionné de photographie prévoit de se déplacer à moto, avec sa caméra en bandoulière : «Je vais faire de mon mieux pour capturer de jolis moments et je vais aussi faire en sorte de partager ces instants avec d’autres personnes qui n’ont pu être là.» C’est avec deux drapeaux, celui de Maurice et celui de l’Australie, qu’il espère se faire voir. «Je vais aussi représenter mon pays d’adoption», explique Gino qui a été très engagé spirituellement dans sa jeunesse.

 

Impatience

 

Sa sœur Danielle ne compte pas non plus perdre une miette du déroulé de cette journée : «Je me suis posée une question à un certain moment : je me suis demandé quand j’aurai encore l’occasion de voir le pape, d’assister à une de ses messes et de vivre un tel moment dans ma vie. La probabilité que le pape vienne à Perth est très minime et c’est pour cela que je suis très contente d’être à Maurice et de voir toute l’organisation déployée pour l’accueillir.»

 

En marge de la visite du pape François, des délégations sont aussi attendues des Seychelles, de La Réunion et de Rodrigues. Thierry Philippe, Rodriguais, ne cache pas son impatience de participer à la messe à Marie-Reine-de-la-Paix. «On a fait tout notre possible pour pouvoir être à Maurice à cette occasion spéciale. Je suis un fervent pratiquant et pour rien au monde, je n’aurais raté l’occasion de participer à un événement aussi symbolique et important pour un catholique. Je suis content de voir toute la mobilisation à Maurice car cette visite dépasse même une portée religieuse», confie celui qui est venu avec une délégation de 24 personnes.

 

Didier Sooben, enseignant installé à l’île de La Réunion depuis plus de 10 ans et originaire de Curepipe, a aussi fait le déplacement avec des journalistes de Réunion 1ère. «Je pense que c’est un grand événement de recevoir un pape et c’est un honneur pour Maurice de l’accueillir.» La délégation avec laquelle il est venu comprend en tout 2 500 personnes, dont une centaine de Mauriciens. Être dans son île natale pour un tel événement représente beaucoup pour lui. «On vit ce genre de chose une seule fois dans sa vie», souligne Didier qui est aussi membre du Groupement des associations Réunion Maurice-Solidarité (GARM-S). Pour lui, la visite papale est une occasion pour le peuple mauricien de démontrer son sens de l’accueil, comme ce fut le cas pendant les Jeux des îles : «C’était quelque chose d’intense et je n’ai pas de doute que les Mauriciens vont en faire autant cette fois pour montrer toute la richesse culturelle du pays.»

 

Jocelyne Henri et son époux ont, eux, fait le déplacement de l’Angleterre, pour venir se créer des souvenirs autour de la visite papale. «Nous étions en vacances dans l’île en mars dernier et ce n’est qu’une fois de retour en Angleterre qu’on a appris la belle nouvelle. On vit cela une seule fois dans sa vie et on n’a pas hésité à revenir une deuxième fois cette année», s’enthousiasme Jocelyne qui admire beaucoup le pape François : «Il a à cœur les démunis, les victimes de la société et pour cela, il a toute mon admiration.» Le temps de son séjour à Maurice, Jocelyne s’est aussi rendue au caveau du bienheureux Père Laval pour se recueillir. Elle sait qu’elle se souviendra longtemps de ce voyage très spécial dans son île natale…