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Radhakrishna Sadien : «La compensation salariale de Rs 300 est insuffisante quand on la compare à l’érosion du pouvoir d’achat»

Le montant de la compensation salariale et celui du salaire minimum étaient très attendus. Radhakrishna Sadien, président de la State And Other Employees’ Federation, nous donne son avis sur cette actualité.

Que pensez-vous de la décision du gouvernement d’accorder une compensation salariale de Rs 300 aux salariés des secteurs public et privé touchant jusqu’à Rs 50 000 par mois ?

 

Tout d’abord, j’insiste qu’il faut garder la formule du comité tripartite présidé par le ministre des Finances. C’est la seule opportunité que les différents secteurs du patronat et l’ensemble du mouvement syndical ont pour échanger des informations et des points de vue sur le monde du travail, et de parler de nos défis en présence d’une pléiade de ministres.

 

En fait, c’est le dialogue social qui est en marche au plus haut niveau, comme préconisé par le Bureau international du travail. Mais il ne faut pas diminuer l’importance d’un tel comité ou l’utiliser pour des attaques mais le faire fonctionner dans le respect mutuel. La décision d’octroyer une compensation salariale de Rs 300 dans le secteur public comme dans le privé pour un taux d’inflation de 0,5 % est salutaire. Déjà, en 2017, pour un taux d’inflation de 1,2 %, le gouvernement avait payé Rs 300 et across the board, en 2018, Rs 400 avaient été payées pour un taux d’inflation de 3,3 %. Cette décision est aussi un moyen de réduire l’écart salarial mais il ne faut pas négliger la classe moyenne qui ne bénéficie pas de mesures sociales.

 

C’est-à-dire ?

 

Cette catégorie de salariés contribue une grande part de leurs revenus afin de renflouer les caisses de l’État. J’espère que les mesures budgétaires adresseront cette anomalie. Revenons sur la décision du gouvernement. Il faut reconnaître que cette année, le paiement de la compensation salariale est effectué dans un contexte différent des autres années car la révision du salaire minimum sera aussi effective à partir de janvier 2020. Cette somme est bien sûr insuffisante quand on la compare à l’érosion du pouvoir d’achat dans la réalité. Les prix des médicaments ont augmenté de 10 à 15 %, même pour les diabétiques. Les prix des légumes ont grimpé en flèche durant cette année. L’appréciation des devises a influencé les prix des commodités. La vie est vraiment chère à Maurice.  Aussi longtemps qu’on ne revoit pas la formule de Statistics Mauritius, qui est l’autorité pour déterminer le taux d’inflation, on est voués à prendre ses chiffres comme référence. J’ai demandé qu’on revoie le panier du consommateur. Il faut que tous les partenaires se mettent au travail pour discuter de la question au début même de l’année prochaine. Le taux de chômage ne reflète pas la réalité car Statistics Mauritius a inclus les trainees comme ceux du YEP, de Services to Mauritius et ceux qui sont sous le Training Scheme du MITD comme des employés.

 

Selon des voix discordantes, certaines PME ne pourront pas répondre à l’appel. Vous en pensez quoi ?

 

Il faut reconnaître, cette fois du moins, que le patronat est venu avec une proposition. Ce qui est une bonne démarche. Mais c’est le gouvernement qui doit finalement trancher, en prenant différents éléments en considération. Il ne faut pas oublier que le gouvernement a créé une atmosphère dans le pays avec l’annonce d’une révision à la hausse de la pension de vieillesse, entre autres. Beaucoup de nos honorables membres de l’Assemblée, qui ont fait du porte à porte pas longtemps de cela, ont été témoins de l’état où se trouvent les travailleurs au bas de l’échelle. Le patronat est là pour maximiser les profits tandis que le gouvernement s’assure d’une justice sociale et d’une paix industrielle pour un développement durable.

 

Et que pensez-vous du chiffre fixé pour le salaire minimum ?

 

Selon le National Minimum Wage Consultative Act, il fallait revoir le salaire minimum en 2020, prenant comme point de départ le salaire octroyé à partir de janvier 2018. Il faut se rappeler que ce sont les contribuables comme nous qui avons contribué au Negative Income Tax à travers la TVA et la Taxe Directe, quoique c’était une idée du gouvernement. Cette fois, certaines entreprises vont bénéficier d’un ballon d’oxygène provenant de la caisse de l’État pour l’application de la révision du salaire minimum à Rs 10 200. C’est la raison pour laquelle il faut s’assurer qu’il y ait de la transparence dans les comptes de ces compagnies avant que le gouvernement n’intervienne. Même si ce n’est pas encore un salaire décent, c’est un pas dans la bonne direction. Il faut aussi ajuster les salaires en ligne avec la section 9 du National Minimum Wage Consultative Act, que ce soit  dans le privé ou le secteur public.

 

Là encore, certains avancent que des PME ne pourront pas répondre à l’appel. Votre avis…

 

Les PME contribuent beaucoup à notre économie. Elles méritent d’être écoutées.