On a appris votre départ de Radio One le 18 juillet, avec les dernières de vos émissions phares Polémique et Dimanche Culture. C’est un départ voulu ou forcé ?
On m’a signifié l’arrêt de mes émissions, le 18 juillet pour Polémique et le 19 juillet pour Dimanche Culture, pour des raisons de contraintes budgétaires. Ce n’est donc pas un départ volontaire à la retraite. C’est un départ forcé parce que si j’avais continué à travailler, je n’aurais pas été payé. Il faut savoir qu’après avoir soumis ma démission comme directeur de l’information en décembre 2025, avec un nouveau contrat de collaboration pour Polémique, Dimanche Culture et un éditorial, j’étais depuis janvier 2026 en situation de retraite active. Après avoir travaillé 24/7 comme directeur de l’information. Donc, je pars une seconde fois à la retraite !
Quel est votre état d’esprit après ce départ ?
Je ne vais pas fanfaronner. Il est évident que quand on a eu un parcours aussi riche que mouvementé, quand on a animé des émissions avec passion, quand on a couvert autant d’élections et autres grands événements, on ne part pas sans une pointe de tristesse et de nostalgie. Je voulais surtout arriver à la 800e édition de Dimanche Culture… Dommage !
Justement, parlez-nous de tout ce parcours à Radio One…
Je me flatte d’avoir animé les trois émissions les plus anciennes de Radio One : Polémique a commencé en juin 2005 (21 ans), Dimanche Culture le 31 mai 2009 (17 ans). Pour Enquête en Direct, les archives disent ceci : l’émission commence en 2002 (Jean Michel Fontaine était le directeur de la radio)… jusqu’à la fin de 2023. Plus de 20 ans d’animation. Avant que je ne passe la main. Une émission (animée avec Marie-Michèle Etienne et Sandra Mayotte, puis Valérie Lemaire) d’utilité publique pour prendre en charge toutes «les misères» des sans-voix dont Radio One (en tant que première radio) est devenue la porte-parole. Nous avons accompli des miracles avec le soutien et la générosité des auditeurs. Nous avons même construit cinq à six maisons et collecté des fonds pour la distribution de matériel scolaire, entre autres. Force est de constater que les mêmes doléances sont encore répercutées à l’antenne aujourd’hui avec Christopher Sowamber comme ce fut aussi le cas avec Annabelle Sababady.
Pour l’émission Polémique, j’ai volontairement changé le format pour ne pas continuer à faire une prolongation de Nou la Voix, nou Radio avec les mêmes auditeurs intervenant à chaque fois. C’est ainsi que le plateau de Polémique est né avec des intervenants de qualité pour enrichir le débat tous les samedis matins en faisant preuve surtout de pédagogie. Les habitués, spécialistes dans leur domaine, étaient Christina Allaghen, Michele Ah Chiow, Alain Sinnapen, Jean Paul Labonne, Alain Jeannot, Dwij Rogbeer et Ashwin Dwarka. Avec souvent, au téléphone, Jean Claude de l’Estrac, Yvan Martial, Harish Chundunsing, Lindsay Riviere, Bernard Saminaden, Jean Luc Mootoosamy... Un remède à l’expression d’un fanatisme souvent aveugle. Une émission qui a abordé tous les sujets sans état d’âme, mais avec élégance. Pour les éditoriaux, je me souviens que j’en faisais tous les matins : du lundi au vendredi au départ. Cela faisait partie de mon contrat. Après, il y a eu d’autres éditorialistes et depuis, j’en faisais les lundis seulement.
Dimanche Culture est l’émission qui m’a le plus procuré du plaisir, surtout pour les rencontres qu’elle a rendu possibles ici et ailleurs. Il faut ici rendre hommage à Claude Cziffra qui avait créé une émission culturelle à l’époque, Sous la Varangue, qui passait les dimanches soirs et que Dimanche Culture est venue par la suite remplacer. En 10 ans, avec en moyenne quatre invités par émission, parfois plus, ça fait un sacré nombre avec des livres en pagaille. J’ai fait la connaissance d’auteurs, de peintres, de chanteurs, de comédiens… de tout un monde, et beaucoup sont devenus des amis. On ne pourrait souhaiter mieux !
Et maintenant ? D’autres aventures à venir ?
Comme je ne me suis pas arrêté par usure, fatigue ou dégoût, et comme je suis en pleine possession de toutes mes facultés, il n’y a aucune raison que je mette mon cerveau en vacances. Et puis, le journaliste que je suis et qui compte presque 55 ans de métier ne s’arrête pas de cette manière... disons, en se débranchant de l’actualité. Mon engagement prendra certainement d’autres formes. Lucky Luke au soleil couchant va toujours vers d’autres aventures.