Une résonance particulière. Comme un cœur qui bat, une histoire qui se partage, une passion qui se transmet. À l’occasion de la fête des Mères, certains récits s’inscrivent comme une évidence de vie, un parcours choisi, un lien d’amour presque organique. Celui de Nasreen Nahaboo en fait partie. Dans son atelier de formation en arts culinaires de Phoenix, la farine, le sucre et le chocolat ne sont pas seulement des ingrédients : ils sont les fondations d’une aventure humaine faite de transmission, de résilience et surtout de famille. Cela fait quelques années qu’elle évolue avec ses deux fils qui partagent son goût du beau et du bon. Un bonheur de maman d’être avec les siens. Mais aussi celui d’accompagner, chaque jour, d’autres personnes dans leur propre cheminement.
Depuis 2013, cette femme entrepreneure forme des jeunes et des femmes à la pâtisserie avec une conviction profonde : un métier manuel peut transformer une vie : «Beaucoup de personnes, surtout les jeunes, ont besoin de retrouver une forme de stabilité intérieure. Un métier manuel apprend énormément de choses : la patience, la rigueur, le respect du travail, la constance et la responsabilité.» Au départ, tout est né d’une passion : celle de ces choses qui fondent et crépitent sur la langue. De ce langage de vie que portent les douceurs et les gourmandises. C’est là qu’elle a ouvert son école de formation, l’Atelier de la Pâtisserie et Boulangerie. Mais très vite, ce qui l’anime a dépassé le cadre intime pour devenir une mission.
Dans son atelier, Nasreen rencontre des femmes, parfois fragilisées par la vie, et des jeunes en quête de direction. Elle comprend alors que les cours qu’elle met en place peuvent devenir bien plus qu’un lieu de formation : un espace où l’on reconstruit la confiance. «Petit à petit, j’ai ressenti ce besoin de transmettre ce que j’avais appris, non seulement pour enseigner un métier, mais aussi pour donner de l’espoir et montrer qu’il est possible de construire quelque chose honnêtement avec du travail et de la persévérance», confie-t-elle.
Les parcours de ses élèves racontent ces rencontres, ces dépassements et des réussites. Certains ouvrent leur petite activité, d’autres trouvent un emploi, parfois même à l’étranger, explique la formatrice. Et pour Nasreen, l’essentiel est bien là : «Ce sont des personnes qui retrouvent leur place dans la vie.» En cette fête des Mères, elle évoque le cœur coulant et aimant de son métier. À ses côtés, ses deux fils, Ayman et Irshaad, tous les deux chefs-formateurs, ont grandi dans son univers sucré. D’abord témoins, puis apprentis, ils sont aujourd’hui des acteurs à part entière de l’aventure familiale. Les voir évoluer dans ce même secteur est pour elle une fierté profonde. «Pour une maman, c’est une émotion très difficile à expliquer. Ce n’est pas seulement professionnel. C’est le fait de construire quelque chose ensemble comme famille», dit-elle avec émotion.
Cette transmission entre mère et fils s’est tissée dans le temps, à travers les gestes du quotidien, les valeurs inculquées et le travail partagé. Aujourd’hui, chacun trouve sa place, avec sa personnalité et sa sensibilité, tout en restant uni autour d’un même héritage vivant. Pour Nasreen Nahaboo, le partage dépasse largement le cadre du boulot. Il touche à ce qui compte, ce qui fait vibrer : les valeurs humaines. L’honnêteté, le respect, le courage et la solidarité familiale : «Aujourd’hui, le monde change vite et beaucoup de choses deviennent fragiles. En tant que maman, on veut simplement savoir que nos enfants auront des bases solides pour affronter la vie. Si mes enfants peuvent continuer à avancer et aider à leur tour d’autres personnes, alors ce sera ma plus grande réussite.»
Dans son atelier, entre les odeurs de beurre et de vanille, se raconte finalement bien plus qu’une histoire de pâtisserie. C’est une histoire de mère, de fils et de transmission silencieuse, où l’amour du travail rejoint l’amour tout court.