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Domestic Abuse Bill : réactions et satisfaction autour du nouveau bouclier pour les victimes

18 juillet 2026

Une nouvelle page s’ouvre dans la lutte contre les violences domestiques. Dans un vote qui marque un tournant majeur dans ce combat, le Domestic Abuse Bill a été adopté par l’Assemblée nationale, ouvrant la voie à un cadre légal renforcé pour mieux protéger les victimes. Présenté comme une réforme attendue de longue date, ce texte introduit de nouvelles mesures pour prévenir les abus, accompagner les survivants et sanctionner plus efficacement les auteurs de violences. Son adoption intervient après plusieurs mois de consultations et de débats. Une avancée saluée par de nombreux acteurs de la société civile. La parole à des responsables d’ONG, qui livrent leur réaction sur cette avancée.

Sandrine Julien, directrice d’OUT Moris : «Une page où la protection des victimes compte davantage que l’orientation sexuelle...»

«On accueille l’adoption du Domestic Abuse Bill avec beaucoup de joie. C’est une excellente nouvelle pour toutes les victimes de violences domestiques, mais aussi un moment historique pour les droits humains à Maurice. Pour la première fois, notre pays reconnaît dans sa législation les adult interdependent relationships. Concrètement, ça signifie que les couples de même sexe vivant une relation engagée bénéficient eux aussi de la protection de cette loi. C’est une avancée majeure.

Parce que face à la violence, il ne devrait jamais y avoir de victimes de première ou de deuxième catégorie. Cette reconnaissance dépasse largement le cadre juridique. Elle envoie un message fort : les couples homosexuels existent, font partie de la société mauricienne et méritent, eux aussi, d’être protégés par la loi. Pendant longtemps, cette réalité était ignorée.

Aujourd’hui, elle est enfin reconnue par le Parlement. Ces dernières semaines, à l’occasion du Pride Month, de nombreuses voix se sont élevées pour rappeler que les personnes LGBTQIA+ font partie de la société mauricienne et qu’elles méritent les mêmes droits et la même protection que tout le monde. Voir aujourd’hui le Parlement reconnaître cette réalité est un signal fort. On a aussi été marqués par les paroles du Dr Arvin Boolell, qui a rappelé qu’il faut pouvoir parler de l’homosexualité sans peur ni préjugés, parce que tous les êtres humains ont des droits égaux.

On salue le gouvernement, le ministère concerné et l’ensemble des députés qui ont soutenu ce texte. On espère maintenant que cette même compréhension de ce qu’est un couple sera progressivement adoptée dans l’ensemble de notre législation. Il est difficile de reconnaître qu’un couple homosexuel existe lorsqu’il s’agit de le protéger contre les violences domestiques, mais de l’ignorer dans d’autres domaines du droit. La cohérence juridique est la prochaine étape. Cette loi ne règle pas tout. Mais elle ouvre une nouvelle page. Une page où la protection des victimes compte davantage que l’orientation sexuelle de la personne qu’elles aiment. C’est une avancée dont Maurice peut être fier.»

Ruqayah B. Khayrattee, présidente de Fam An Mars : «Une bonne loi donne de l’espoir, sa bonne application sauve des vies»

«L’adoption du Domestic Abuse Bill est un souffle d’espoir pour toutes les familles ainsi que pour les victimes de Maurice. C’est une avancée majeure qui reconnaît que les violences domestiques ne sont pas une affaire privée, mais une question de droits humains et de justice. Je salue le fait que les témoignages recueillis lors de notre Symposium sur l’abandon familial tenu le mercredi 13 mai 2026 aient été évoqués au Parlement. Cela prouve que lorsque les institutions écoutent les victimes et la société civile, elles peuvent bâtir des réformes proches des réalités du terrain. Je retiens surtout un message fort partagé lors de ce symposium par Mme Arianne Navarre-Marie, qui occupait alors les fonctions d'Acting Prime Minister et de ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille : "La loi et l’application de la loi doivent aller de pair." Cette phrase résume, à mon sens, la clé de la réussite de cette réforme.

Une loi n’a de valeur que si elle est appliquée. J’ai malheureusement vu cette réalité sur le terrain en accompagnant des femmes victimes de menaces ou de violences domestiques dans des postes de police. Trop souvent, leur détresse n’a pas reçu la réponse qu’elle méritait. Nous demandons aux victimes de briser le silence, mais lorsqu’elles trouvent enfin le courage de parler, leur voix doit être entendue, jamais banalisée. Une bonne loi donne de l’espoir, sa bonne application sauve des vies. Je félicite l’Attorney General, l’honorable Gavin Glover, pour avoir reconnu les violences psychologiques, émotionnelles, économiques et le contrôle coercitif.

Ces formes de violence détruisent bien avant les coups. Aujourd’hui, il faut aller plus loin : former les policiers, magistrats, juges et tous les professionnels concernés. Une bonne loi est indispensable, mais seule une application rigoureuse et humaine protégera réellement les victimes. Pour moi, cette loi est une étape décisive, mais pas un aboutissement. Elle ouvre une nouvelle phase où Maurice doit investir autant dans la prévention que dans la répression.

Les violences domestiques naissent souvent d’un manque de communication, de respect et de gestion des conflits dans les relations. C’est pourquoi nous proposons un programme national obligatoire de préparation au mariage, sous l’égide de l’État civil. Cette réforme est porteuse d’espoir. Mais son succès dépendra de notre capacité à appliquer la loi avec rigueur, à renforcer la prévention et à travailler ensemble – pouvoirs publics, justice, police, écoles, ONG, institutions religieuses et citoyens. On envisage de préparer un guide en langage simple – Domestic Abuse Bill made simple – pour éduquer la population et contribuer au changement de mentalités. Change of Mindset – Yes we can.»

Prisheela Yusha Mottee, présidente de Raise Brave Girl : «Pour notre pays, cette loi constitue un signal fort»

«Au nom de Raise Brave Girls, nous accueillons avec beaucoup de satisfaction l’adoption du Domestic Abuse Bill. Il s’agit d’une avancée importante dans le renforcement de la protection des victimes de violences domestiques à Maurice. Cette réforme traduit une volonté claire de placer la sécurité, la dignité et les droits des victimes au cœur de l’action publique.

Cependant, une loi, aussi ambitieuse soit-elle, ne produira ses effets que si elle est accompagnée d’une mise en œuvre rigoureuse. Raise Brave Girls plaide depuis plusieurs années pour l’introduction du bracelet électronique dans le cadre des ordonnances de protection. Cet outil permettrait de mieux faire respecter les décisions judiciaires, de prévenir les récidives et d’offrir une protection plus efficace aux victimes en alertant les autorités en cas de violation des périmètres imposés.

Pour notre pays, cette loi constitue un signal fort : la violence domestique ne doit plus être considérée comme une affaire privée, mais comme un enjeu majeur de sécurité publique et de droits humains. Nous espérons que cette réforme sera accompagnée de ressources suffisantes, d’une formation continue des acteurs concernés et d’une collaboration étroite avec les organisations de la société civile afin que chaque victime puisse bénéficier d’une protection réelle, rapide et efficace.»

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