Dans les villages isolés de l’Ituri comme dans les grandes villes d’Afrique centrale, un mot ravive les peurs les plus profondes : Ebola. Dix ans après les grandes flambées qui ont marqué le continent, le virus ressurgit en République démocratique du Congo, poussant l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à déclencher une alerte sanitaire internationale. La nouvelle flambée épidémique concerne la souche Bundibugyo, une variante rare et particulièrement redoutée du virus Ebola.
Selon les derniers chiffres communiqués par l’OMS, plus de 500 cas suspects ont été recensés et plus de 140 décès sont actuellement à l’étude dans l’est du pays, principalement dans la province de l’Ituri. L'Ebola est une fièvre hémorragique virale extrêmement contagieuse. Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée : sang, vomissements, sueur ou salive. Contrairement à la Covid-19, l'Ebola ne se transmet pas par voie aérienne. Les scientifiques pensent que le réservoir naturel du virus est principalement constitué de certaines chauves-souris frugivores vivant en Afrique tropicale. Ces animaux peuvent porter le virus sans tomber malades.
Les premiers symptômes ressemblent souvent à une grippe sévère : forte fièvre, fatigue, douleurs musculaires. Puis viennent les diarrhées, les vomissements et parfois des hémorragies internes et externes. Le taux de mortalité peut atteindre 50 % selon les précédentes épidémies.
L’OMS juge aujourd’hui le risque «élevé» au niveau régional, notamment à cause des déplacements de population et de la fragilité des systèmes de santé. En revanche, l’organisation estime que le risque mondial reste «faible». Des équipes médicales, du matériel de protection et des centres d’isolement ont déjà été déployés pour tenter d’éviter une catastrophe sanitaire de grande ampleur.
Dans notre petite île, la situation est suivie de très près. «Le ministère de la Santé a renforcé son dispositif de surveillance dans tous les points d’entrée et suit de près l’évolution de la maladie. Un protocole destiné aux voyageurs internationaux est également en cours d’élaboration», souligne le Conseil des ministres dans ses délibérations du vendredi 22 mai.
Le ministère de la Santé veille ainsi au grain. «L’OMS a déclaré cette épidémie “urgence de santé publique de portée internationale”. À ce stade, aucun cas d’Ebola n’a été signalé à Maurice. Néanmoins, les dispositifs de préparation sont en cours de révision et de renforcement, conformément aux recommandations de l’OMS. Le ministère renforce la surveillance aux points d’entrée, diffuse des consignes aux établissements de santé et assure un suivi approprié des voyageurs revenant des pays touchés, notamment par une surveillance sanitaire pendant 21 jours et des conseils en cas d’apparition de symptômes tels que fièvre, faiblesse, vomissements, diarrhée, saignements inexpliqués ou maladie grave», précisent les autorités.
Elles soulignent la nécessité d’être vigilant. «Ebola est une maladie grave, mais elle ne se propage pas comme les infections respiratoires courantes. Elle se transmet principalement par contact direct avec le sang ou les liquides organiques d’une personne atteinte d’Ebola, ou par le biais de matériel contaminé. Une personne n’est pas considérée comme contagieuse avant l’apparition des symptômes. La période d’incubation varie de 2 à 21 jours. Le ministère rassure la population en affirmant qu’il n’y a aucune raison de paniquer. Le pays a mis en place des systèmes de surveillance de la santé publique et des protocoles pour la détection, l’isolement et la prise en charge des cas suspects…»