L’histoire de Gaëlle avec les bijoux ne date pas d’hier. Petite déjà, elle était attirée par les perles en verre et aimait les transformer en petites créations. Une passion qui a grandi avec elle. «À Noël, je demandais souvent des perles en cadeau, et c’est comme ça que j’ai découvert cette passion pour les bijoux», raconte-t-elle avec le sourire. Puis, en 2011, alors qu’elle est encore au collège, une graine va changer son regard sur la création. Lors d’un cours de dessin, Gaëlle découvre la graine de cipaye, aussi appelé l’arme de Job.
Elle tombe sous le charme de cette petite graine naturelle. Curieuse, elle cherche à en savoir plus, découvre ses différentes particularités et, surtout, tout ce qu’elle peut permettre de créer. L’idée d’en faire des bijoux et de les vendre lui traverse pourtant l’esprit seulement quelques années plus tard, en 2018. Mais entre avoir une idée et oser se lancer, il y a parfois un monde. «À l’époque, j’avais trop peur d’en faire une source de revenus. J’avais peur du qu’en-dira-t-on et de me lancer complètement dans quelque chose d’aussi personnel», confie-t-elle.
Il aura donc fallu attendre cette année pour que Gaëlle décide enfin de franchir le pas. Elle donne vie à ENSAM, son petit business de bijoux artisanaux, avec une idée qui lui tient particulièrement à cœur : créer un lien entre les personnes et les bijoux qu’elles portent. Le nom ENSAM représente d’ailleurs ce partage d’énergies entre les personnes et les créations. Mais derrière les bijoux, Gaëlle porte aussi une envie plus profonde : faire revivre des souvenirs chez les Mauriciens. Ses créations sont faites à la main, avec cette volonté de mettre en avant une matière qui fait partie de notre environnement et de lui donner une nouvelle place.
Le cipaye reste au cœur de son univers, mais Gaëlle aime aussi le faire sortir des sentiers battus. Elle le mélange avec des matériaux plus modernes, comme l’acier inoxydable, pour donner à ses créations une allure plus contemporaine. Perles de culture, cristaux et coquillages viennent également s’ajouter à ses compositions et donner cette touche d’ENSAM. Et chez Gaëlle, pas question de simplement assembler quelques perles et de passer à la création suivante. Chaque bijou demande du temps, de la patience et un œil attentif. Elle sélectionne les graines une à une, en fonction de leur forme, de leur couleur et de leur taille. Certaines créations nécessitent des graines plus fines et plus blanches pour obtenir un rendu épuré et élégant. D’autres, au contraire, se prêtent davantage à des graines plus imposantes, pour conserver un aspect naturel et authentique.
C’est aussi ce qui fait, selon elle, tout le charme du cipaye. Et pour Gaëlle, l’aventure ne fait que commencer. Son plus grand rêve est de voir ses créations voyager au-delà de Maurice et, à travers ses bijoux, de faire découvrir un petit bout de notre île, de sa nature, de son histoire et de son identité.