Stéphane Maurymoothoo, Rose-Hill : «Une dépense supplémentaire»
«C’est un nouveau coup de massue pour les Mauriciens. Une hausse de 10 % du prix de l’essence représente un coût important pour une petite entreprise. Pour une entreprise qui dispose de deux véhicules et consacre environ Rs 25 000 par mois à l’essence pour chaque véhicule, cela représente une dépense supplémentaire d’environ Rs 5 000 par mois. Sur une année, ce sont près de Rs 60 000 de plus à trouver. Cela équivaut à une augmentation d’environ Rs 80 à Rs 100 par jour et par véhicule. Je le dis et je le répète : tout ce qui se passe actuellement favorise la fermeture des petites entreprises à Maurice.»
Nihal, Chemin-Grenier : «Je vais commencer le covoiturage»
Pour moi, cette hausse va vraiment se faire sentir dans mon budget. J’utilise ma voiture tous les jours pour me rendre au travail, donc je n’ai pas vraiment d’autre choix. Avec le prix qui passe à Rs 70,65, je pense que beaucoup de personnes vont devoir revoir leurs habitudes et leur manière de se déplacer. De mon côté, je vais désormais commencer à faire du covoiturage avec des collègues afin de partager les frais d’essence. Ce n’est pas forcément quelque chose que j’aurais envisagé auparavant, mais avec cette nouvelle hausse, il faut trouver des solutions pour s’adapter et limiter au maximum les dépenses.Au quotidien, cela signifie aussi faire plus attention à mes déplacements et éviter les trajets qui ne sont pas vraiment nécessaires. Il faudra donc s’organiser différemment et trouver des moyens de réduire les dépenses liées au transport.
Meenakshee Ramdany, Camp Thorel : «Posséder une voiture coûte très cher»
Le prix du carburant est étroitement lié au coût de nos déplacements. Dans les régions villageoises, les transports publics restent souvent peu fiables. Toute hausse du carburant entraîne donc une augmentation des tarifs des bus, taxis et navettes, mais aussi du prix des produits de consommation.
Pour la classe moyenne, la situation devient de plus en plus difficile. Posséder une voiture coûte très cher avec la hausse du carburant, de l'assurance, de la taxe routière et de l'entretien. Pour ceux qui n’ont aucune allocation de transport, une partie importante du salaire sert simplement à se rendre au travail. Si notre système de transport public était réellement efficace et fiable, beaucoup de Mauriciens pourraient se passer de leur voiture et seraient moins affectés par la hausse du prix du carburant. Les personnes les plus aisées ne comprennent pas les difficultés de ceux qui doivent compter chaque roupie pour vivre.
Christophe Wong, Port-Louis : «C’est déjà difficile pour beaucoup de personnes»
En tant que jeune, je suis déçu par cette décision car c’est la deuxième fois en un an qu’on augmente le prix de l’essence. On sait très bien que quand le prix des carburants augmente, il y a un effet domino sur tous les produits. C’est déjà difficile pour beaucoup de personnes maintenant, comment vont faire les gens qui sont au bas de l’échelle ? Comment vont-ils pouvoir vivre, surtout depuis qu’on a enlevé le CSG Allowance qui permettait à beaucoup de Mauriciens de s’en sortir ? Les décisions prises jusqu’à présent vont à l’encontre de ce qu’attendait la population. Espérons que les choses bougent dans le bon sens pour soulager les gens.
Sttefie Herminette, Curepipe : «C’est l’effet domino qui m’inquiète»
«Pour l’instant, je ne ressens pas encore vraiment la hausse, donc on peut dire que c’est un peu business as usual. Mais je pense que ça risque de se faire sentir dans les prochains jours, surtout qu’on est déjà au milieu du mois. C’est là qu’on verra réellement les conséquences sur notre budget. La hausse du carburant crée forcément un effet domino : on peut s’attendre à ce que les prix du transport, mais aussi de beaucoup d’autres choses, augmentent à leur tour. Avec des dépenses qui ne cessent de grimper, les budgets deviennent de plus en plus serrés et on doit forcément faire davantage attention à notre porte-monnaie. Une baisse des taxes sur le carburant pourrait vraiment aider à soulager un peu la population.»
Zeenat Bowhoo, Mesnil : «Je pense aller pour une voiture électrique dans le futur»
«Depuis un moment, tout augmente. Et avec cette nouvelle hausse du prix de l’essence, c’est tout un budget à revoir. Mais il faudra m’y faire, vu que je dépends beaucoup de ma voiture dans mon quotidien, je vais devoir me débrouiller. Mais à long terme, si cette situation perdure, je pense que j’irai vers l’acquisition d’une voiture électrique, voire même une installation photovoltaïque»