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Évasion temporaire du Vacoas Detention Centre | Ayesha Lutchigadoo trahie par ses appels et SMS à son mari Kusraj

L’arrestation d’Ayesha Lutchigadoo intervient 14 mois après l’évasion temporaire de son époux (à g.) du Vacoas Detention Centre.

Elle a été arrêtée pour complot 14 mois après l’escapade nocturne de son époux Kusraj, alors qu’il était enfermé au Vacoas Detention Centre, en mars 2018. La police a pu faire tomber Ayesha Lutchigadoo grâce à une SIM card qu’elle aurait utilisée pour communiquer avec son mari.

Avec du temps et de la patience, on vient à bout de tout, dit un proverbe français. Ayesha Lutchigadoo l’a appris à ses dépens. Le Central Criminal Investigation Department l’a arrêtée, le jeudi 23 mai, soit 14 mois après que son époux Kusraj Lutchigadoo est sorti illégalement du Vacoas Detention Centre pour une escapade nocturne. C’était en mars 2018. La jeune femme a été présentée devant le tribunal de Curepipe où elle fait l’objet d’une accusation provisoire de complot dans le cadre de cette affaire.

 

Interrogée après l’éclatement de l’affaire, elle a toujours maintenu qu’elle se trouvait chez un proche entre 21h15 et 22h15, le soir de l’escapade de son époux. Sa version n’avait toutefois pas convaincu les enquêteurs. C’est pour cela qu’ils ont demandé un Judge’s Order pour avoir le relevé de ses appels et de ses SMS. C’est ainsi qu’ils ont découvert qu’Ayesha Lutchigadoo avait communiqué avec son époux via téléphone portable, alors que ce dernier était en détention. Les limiers n’écartent pas la possibilité que le couple se soit rencontré le soir de l’évasion.

 

Outre Kusraj Lutchigadoo et son épouse, sept autres personnes ont été arrêtées dans cette affaire pour complicité : les policiers Amitsing Narain, Akilesh Goomany et Jacques Augustin, qui auraient facilité sa sortie ; Ashish Dayal, son voisin de cellule ce jour-là ; Jean Clarel Anthoo qui aurait pris sa place dans sa cellule durant son absence ; Hamod Oufran, le chauffeur qui l’aurait véhiculé à bord d’un 4x4 lors de cette escapade ; et son frère Rajoo Lutchigadoo à qui appartiendrait le véhicule en question.

 

Kusraj Lutchigadoo est sous les verrous depuis le 30 mars 2018. Ce jour-là, l’habitant de Quatre-Bornes a été arrêté chez ses beaux-parents, à Triolet, après une descente de la brigade antidrogue sur place. Plus d’un kilo d’une substance soupçonnée d’être de la drogue de synthèse y avait été saisi ainsi que Rs 300 000 qui étaient en possession de Kusraj Lutchigadoo. D’autres matériaux pouvant être utilisés dans la fabrication de cette drogue avaient aussi été découverts, notamment des sachets de thé et une grande quantité d’acétone.

 

Kusraj Lutchigadoo a, par la suite, été placé au Vacoas Detention Centre, la police ayant objecté à sa remise en liberté sous caution. Quelques semaines plus tard, soit le 23 avril, il fait une escapade nocturne, avant de regagner sa cellule. Et le pot aux roses est découvert peu après. Interrogé sur sa fameuse évasion temporaire, le présumé trafiquant avait expliqué qu’il avait quitté sa cellule durant une heure seulement pour aller respirer de l’air frais. Ce que les enquêteurs ne croient pas du tout.

 

Les limiers du CCID continuent donc de reconstituer le puzzle de cette mystérieuse sortie nocturne. L’arrestation d’Ayesha Lutchigadoo constitue une pièce importante dans cet exercice. Mais deux pièces sont toujours manquantes. L’une est l’itinéraire de Kusraj Lutchigadoo ce soir-là et l’autre concerne une VVIP que le caïd aurait rencontrée à cette occasion.

 

Dans le sillage de cette affaire, une rumeur a circulé en fin de semaine à l’effet que Yash Bhadain, avocat du caïd, allait être convoqué au CCID. Il avait passé du temps avec son client, la veille de l’évasion.

 

Interrogé, l’homme de loi explique qu’il n’a fait que son travail : «J’ai entendu cette folle rumeur moi aussi. Je n’ai rien à me reprocher dans cette affaire. La discussion que j’ai eue avec lui, la veille, relève du secret professionnel. Je peux toutefois vous dire que d’autres confrères ont rendu visite à ce client à un moment ou un autre alors qu’il était en détention à Vacoas. C’est du grand n’importe quoi de penser qu’on a aidé notre client à s’évader.»

 

La police, elle, continue son enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire.