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Festival Nou Leritaz : au cœur d’un événement autour du patrimoine

13 octobre 2026

Hommage à Josiane Casambo, documentaire, dictée en Kreol Morisien, moments live avec Danyel Waro... C’est une semaine des plus intenses que nous propose la seconde édition de ce festival – la première était en 2024 –, qui se tient du 21 au 24 octobre à l’Institut français de Maurice. Une initiative qui revient, encore une fois, à Géraldine Hennequin de Nextart Factory et Yuri Bordelais d'Hello Dude. La première nommée nous donne plus de détails.

Les débuts du festival et de cette seconde édition : «Quand j’ai voulu fonder ce festival, il m’apparaissait essentiel pour la vitalité du secteur de la culture à Maurice d’ancrer des événements, de les faire devenir un rendez-vous régulier avec le public. Il était donc normal pour le cofondateur du festival, Yuri Bordelais, et moi de proposer une seconde édition de cet événement autour de ce que les Mauriciens partagent en commun : la musique, les personnages qui ont fait partie de notre histoire, en ouvrant un espace pour débattre autour de ce qui s'écrivait sur la société mauricienne d'antan, des pionniers. En revenant aussi sur comment la radio est née à Maurice il y a 100 ans ainsi que des réalisations contemporaines. Nous avons donc choisi un film documentaire. Notre objectif est clair : c’est que chaque Mauricien découvre ou redécouvre, le temps de ce festival, ce bien commun culturel que nous partageons. On l’oublie. On ignore ce qui fait notre richesse en tant que peuple : les inventions, les femmes et les hommes qui nous ont précédés, les idées qu’ils ont défendues, mais aussi l’âme d’une rythmique qui est née ici à Maurice, qui fait la singularité de notre séga traditionnel avec trois instruments seulement – ravann, maravann ek triyang.»

Des documentaires : «Quand on parle de festival à Maurice, tout le monde a en tête la musique. Mais un festival peut aussi réunir d’autres arts, d’autres créations. Et c’est ce qui nous différencie des autres festivals. Enfin, notez que, pour la première édition, il y avait au programme la diffusion d’une série de films courts malgaches. L’audiovisuel était déjà présent.»

Une dictée en Kreol Morisien : «Nous ne pouvons pas dévoiler ici le titre du livre choisi pour la dictée, ce serait trop facile. Mais c’est dans la démarche aussi de faire un focus sur la langue créole et son usage grammatical. Il y a de nombreuses revendications autour. On invite les gens à venir comprendre pourquoi notre créole local s’écrit de telle manière. C’est à la fois pédagogique et toujours intéressant de voir comment les expressions ont mué avec le temps. Une langue est vivante par définition. On ne peut figer ni son évolution orale, ni son évolution grammaticale.»

Causerie sur Léovile l’Homme par Shenaz Patel  : «Il y a tant de personnages qui ont émaillé notre histoire, contribué à faire évoluer notre pensée, contribué aux débats de leur temps, marqué leur passage parmi nous. On en retient, au mieux, le nom d’une rue ou d’une école, au pire (et c’est malheureusement trop souvent le cas) rien. Quand ailleurs, d’autres peuples se félicitent d’avoir eu tel ou tel grand penseur, inventeur ou polémiste, nous, nous nous contentons d’une poignée de contemporains. Nous avons une histoire mais peu de mémoire. Nous avons un héritage conséquent mais on l’écarte sans comprendre comment il peut encore nous éclairer aujourd’hui.»

Hommage à Josian Casambo : «La famille Cassambo à Petite-Rivière est un monument du sega traditionnel. Ils sont héritiers d’un art de vivre, le sega lakour, et comme ils l’ont reçu, ils le transmettent à d’autres. Ce sont des gens extraordinaires qui font un sega pur jus, dépouillé et à la fois riche et dense. Il est important de rappeler que le 24 octobre 1964, le sega mauricien résonnait à la Nuit du Séga. 62 ans plus tard, jour pour jour, nous donnons rendez-vous au public mauricien pour une soirée en hommage à Loïs Cassambo et, sa nièce, Josiane Cassambo-Nankoo, disparue en juin dernier. Le sega tipik est né de l’histoire de Maurice. Il a traversé les générations, les quartiers, les familles. En 2014, l’UNESCO l’a reconnu comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité. C’est notre devoir de le faire vivre et de le vivre pleinement.»

Concert de Danyel Waro : «Le principe du Festival Nou Leritaz est d’avoir une fenêtre ouverte sur l’ocean Indien, cette région à laquelle on appartient sans vraiment y prêter attention. Là aussi nous partageons avec nos voisins des autres îles du patrimoine en commun. Et Danayel Waro est une voix immense qui a porté la vibration du maloya au-delà de notre région. Il termine sa tournée internationale en venant chez nous. C’est une chance incroyable.»

Le programme

Mercredi 21 octobre 19h, Amphithéâtre IFM Lancement officiel du festival et projection du film documentaire de L’Est au Sud Accès libre

Jeudi 22 octobre 9h30, Amphithéâtre IFM Dictée en Kreol Morisien animée par Cloé Édouard Accès libre

Jeudi 22 octobre 9h30, Amphithéâtre IFM (Re)lire Léoville L’Homme présenté par Shenaz Patel Accès libre

Vendredi 23 octobre 9h30, Amphithéâtre IFM Projection du film documentaire de L’Est au Sud (public scolaire) Accès libre

Vendredi 23 octobre 19h, Amphithéâtre IFM La mémoire des ondes - 100 ans par Ritvik Neerbun Accès libre

Samedi 24 octobre 19h, Amphithéâtre IFM Leritaz Ritmik «CASSAMBO» Billets disponibles sur Partyapp.mu

Samedi 30 octobre 19h au N’Joy Concert Danyel Waro Billets disponibles sur Partyapp.mu

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