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Interdiction d’utiliser les téléphones portables dans les écoles primaires et secondaires : ils donnent leur point de vue

25 juillet 2026

À partir du 3e trimestre, les portables seront mis en veille forcée dans toutes les écoles.

«L’objectif d’interdire l’utilisation des téléphones portables dans les écoles primaires et secondaires est de renforcer la discipline, de protéger le bien-être des élèves et d’améliorer les résultats scolaires dans toutes les écoles primaires et secondaires de Maurice...» C’est ce qu’explique le Conseil des ministres par rapport à cette mesure qui sera en vigueur dès le 3e trimestre. Réactions.

La cloche sonne pour les smartphones ! Car se débrancher pour mieux apprendre, c’est la logique qu’il y a derrière la mesure d’interdire l’utilisation des téléphones portables dans les écoles primaires et secondaires à partir du troisième trimestre.En effet, le Conseil des ministres a donné, dans ses délibérations du 17 juillet, son accord à la promulgation des Règlements de 2026 sur l’éducation (Contrôle et utilisation des appareils mobiles personnels dans les établissements scolaires).

Ces règlements visent à mettre en place un cadre juridique complet régissant la possession et l’utilisation des appareils mobiles personnels par les élèves et le personnel au sein des établissements scolaires. «L’objectif est de renforcer la discipline, de protéger le bien-être des élèves et d’améliorer les résultats scolaires dans toutes les écoles primaires et secondaires de Maurice», explique le Conseil des ministres.

Ainsi, en vertu de ces règlements, les élèves ne seront pas autorisés à utiliser leurs appareils mobiles personnels dans l’enceinte de l’école sans autorisation préalable. «Ils pourront toutefois apporter leur téléphone à l’école, à condition qu’il soit réglé en mode silencieux et rangé en lieu sûr durant toute la journée scolaire. Des exceptions limitées sont prévues lorsque l’appareil est nécessaire pour des raisons médicales dûment justifiées ou lorsque son utilisation a été expressément autorisée par un enseignant à des fins pédagogiques», souligne aussi la mesure.

En ce qui concerne le personnel enseignant et non enseignant, les règlements prévoient qu’il s’abstienne d’utiliser des appareils mobiles personnels en présence des élèves, sauf lorsque cela est nécessaire dans le cadre d’activités pédagogiques ou de leurs fonctions officielles. Cette mesure vise à promouvoir un comportement professionnel exemplaire. Les règlements prévoient également l’implication des parents. En cas d’infractions répétées, les parents ou responsables légaux seront officiellement informés et devront se présenter à l’école avant que les appareils confisqués ne leur soient restitués.

Comment mesure est-elle accueillie ? Nous avons posé la question à Anna Sookahet, 14 ans. «Au fait, pour moi, ça ne change pas grand-chose. Parce que je n’utilise déjà pas mon téléphone à l’école. Mais de manière générale, je ne pense pas que le téléphone à l’école soit nécessaire. De nos jours, certains profs envoient des devoirs ou des notes sur des groupes WhatsApp créés justement pour ça. Alors qu’il y a encore quelques années, notamment avant la Covid-19, on travaillait bien sans les téléphones. Pourquoi ça devrait en être autrement aujourd’hui ?» s’interroge l’adolescente.

Du côté des parents, nous avons posé la même question à Bilal Cajee. Ce père de deux enfants salue l’initiative. «À mon avis, les enfants à Maurice ne devraient pas utiliser leur téléphone portable pendant les heures d’école ni pendant les cours particuliers. L’école est un lieu d’apprentissage où les élèves doivent pouvoir se concentrer pleinement sur leurs études», dit-il. Pour lui, les téléphones portables empêchent les étudiants d’être concentrés : «Les téléphones sont souvent une source de distraction à cause des réseaux sociaux, des jeux et des messages, ce qui peut nuire à leur réussite scolaire. En outre, limiter l’utilisation des téléphones favorise les échanges entre les élèves et réduit les risques de cyberharcèlement ou d’utilisation inappropriée des appareils pendant les cours. En cas d’urgence, les parents peuvent toujours contacter l’administration de l’école ou les responsables des cours particuliers.»

«Une bonne direction»

Il applaudit donc cette mesure. «Je pense qu’elle est bénéfique pour les élèves, les enseignants et les parents. Les téléphones peuvent être apportés à l’école pour des raisons de sécurité, mais ils devraient rester éteints et rangés pendant toute la durée des cours afin de garantir un environnement propice à l’apprentissage.»

Cedric Lisette, enseignant, accueille aussi favorablement cette annonce. «Cette décision va, selon moi, dans la bonne direction. Aujourd’hui, le téléphone portable est devenu une véritable source de distraction. Entre les réseaux sociaux, les vidéos et les jeux, il devient difficile de maintenir l’attention des élèves. L’école doit rester un lieu d’apprentissage et d’échanges», nous dit Cedric Lisette qui émet toutefois une réserve par rapport à ce qui a été annoncé.

«J’aurais préféré une mesure encore plus claire : interdire l’utilisation du téléphone dans l’enceinte de l’établissement plutôt que de simplement demander aux élèves de le garder éteint. Les parents pourront toujours contacter leur enfant par l’intermédiaire de l’administration en cas d’urgence. C’était comme ça à l’époque, non ? En tout cas, quand j’étais élève, c’était le cas. Une autre question que je me pose : quelles seront les conséquences pour les élèves qui ne respecteront pas cette règle ? Y aura-t-il une sanction uniforme dans toutes les écoles ou chaque établissement décidera-t-il de la sienne ? Une politique nationale doit être accompagnée de directives claires afin d’assurer une application juste et cohérente», précise le prof en évoquant la sonnerie... de fin pour les smartphones dans nos écoles.

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