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La jeune Malina : «Nous sommes toujours devant le Parlement, venez nous rejoindre»

1 août 2026

Le sit-in se poursuit devant l'Assemblée nationale. Au lendemain de l’adoption du Finance Bill 2026 et de l’Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Bill, la colère reste vive parmi les manifestants. Ce dimanche 2 août, Malina poursuit sa mobilisation aux côtés d’autres participants. Animée par un profond sentiment de révolte, d’indignation et de déception, elle lance un appel afin que davantage de Mauriciens viennent faire entendre leur voix, particulièrement après la révocation de Sydney Pierre par le Premier ministre. «Nous sommes toujours là, venez nous rejoindre», invite-t-elle.

Elle voulait faire entendre sa voix, mais surtout celle de ceux qui, selon elle, en ont le plus besoin. Et pour cela, ce n’est ni une campagne politique, ni une marche pacifique qu’elle a choisie. Malina, 33 ans, membre de la plateforme des syndicalistes, a décidé de faire un sit-in devant le Parlement, à Port-Louis, pour dénoncer la réforme du système des pensions. Depuis mardi, elle vit sur place, installée sur une simple natte, en compagnie de son fidèle chien Loulou. Elle y a passé sa première nuit de mardi à mercredi déterminée à poursuivre son action malgré les difficultés.

Au fil des jours, son geste a inspiré d’autres Mauriciens. Jeunes et moins jeunes se sont joints au mouvement, pancartes à la main, pour exprimer leur opposition à la réforme. Afin d’assurer une présence constante devant le Parlement, les organisations syndicales ont mis en place un système de rotation de leurs membres. Depuis mardi, Malina, les autres manifestants et les syndicalistes ont tenté de maintenir la pression sur les parlementaires et d’obtenir un réexamen de la réforme. Sur place, la solidarité s’est rapidement installée. Plusieurs compatriotes sont venus apporter de la nourriture, de l’eau, des nattes, des chaises et divers équipements afin d’aider les manifestants à poursuivre leur mobilisation, de jour comme de nuit.

D’ailleurs, le vendredi 31 juillet, quelques heures avant le début de la séance parlementaire, plusieurs figures de l’opposition sont venues apporter leur soutien aux manifestants rassemblés devant le Parlement. En parallèle, la Platform Komin Syndikal avait organisé un candlelight au moment où le Finance Bill 2026 était examiné à l’Assemblée nationale, en signe de solidarité avec les contestataires.

Tard dans la nuit, après l’adoption du Finance Bill 2026 et de l’Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Bill, Malina est sortie de son silence devant les médias. La jeune femme n’a pas caché sa déception, selon elle, face au manque de coopération de certains syndicats au début de la mobilisation. «Kan monn pous lide du sit-in, zot pa ti dakor. Pou mwa, sete tou lespwar lepep ki ti lor sa bann-la. Zot dir anou fer enn super manif apre. Non, nou bizin ena enn zafer konkre. Se pou sa monn vinn fer sa sit-in la osi», a-t-elle déclaré. Malgré l’adoption des deux projets de loi, la jeune femme refuse de baisser les bras.

Depuis vendredi soir, elle est toujours présente devant le Parlement, aux côtés d’autres volontaires déterminés à poursuivre le mouvement. «C’est un énorme travail de coordination, de solidarité et de collaboration. Beaucoup de personnes sont venus de loin, parfois en pleine nuit vendredi, ne serait-ce que pour rester 15 minutes et nous apporter leur soutien. D’autres nous amènent de quoi manger, boire ou du matériel. Avec cette chaleur à Port-Louis, rester ici est vraiment éprouvant», confie-t-elle. Révoltée, mais surtout profondément déçue pour ceux qui, selon elle, seront les premiers touchés par la réforme, Malina espère désormais transformer cet élan de soutien en une mobilisation encore plus importante.

Les syndicalistes et l'opposition restent mobilisée

Jane Ragoo : «La lutte continue»

Jane Ragoo, de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), a d’abord tenu à féliciter l’ancien Junior Minister du Tourisme pour son vote contre les amendements au National Pensions Act. «Au nom de la CTSP, je tiens à féliciter Sydney Pierre pour son courage. Il a entendu notre appel à écouter la voix du peuple et a voté contre la section 12 du Finance Bill. La Plateforme Commune Syndicale a tout mis en œuvre pour convaincre les députés de ne pas voter contre notre État-providence. Malgré nos appels, 54 d’entre eux ont choisi de le démanteler. Nous les laissons face à leur conscience et à leur responsabilité devant le peuple. Quant à nous, le combat continue. La Plateforme Commune Syndicale se réunira au cours de la semaine afin de finaliser les prochaines actions. La lutte continue», a-t-elle déclaré.

Reeaz Chuttoo évoque «une dictature»

De son côté, Reeaz Chuttoo a vivement critiqué le déroulement des événements ayant suivi la séance parlementaire. «Après ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale, nous estimons que nous faisons face à une dictature. Notre message à Sydney Pierre est simple : le peuple le soutient. La Plateforme Commune Syndicale se réunira prochainement afin de décider des prochaines démarches à entreprendre. Quant au sit-in devant le Parlement, il s’est déroulé dans le calme. Nous avons fait entendre notre voix et certains membres sont restés mobilisés ce samedi 1er août», a-t-il affirmé.

Adrien Duval dénonce un débat parlementaire «insuffisant»

Les partis de l’opposition, eux aussi, n’ont cessé de dénoncer la réforme du système de pension, aussi bien avant l’adoption des textes que lors des débats parlementaires. Plusieurs de leurs représentants ont également apporté leur soutien aux manifestants engagés cette semaine dans le sit-in devant le Parlement, notamment le vendredi 31 juillet, avant le début de la séance parlementaire.

Dans une publication sur Facebook, Adrien Duval a, par ailleurs, estimé que les 15 minutes accordées à chaque député n’ont pas permis un débat approfondi sur le Finance Bill. Il reproche également au gouvernement de ne pas avoir répondu à plusieurs questions essentielles, notamment celles portant sur la State Age Pension (SAP) ainsi que sur d’autres dispositions du projet de loi.

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