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La situation dans nos réservoirs : le niveau baisse, l’inquiétude monte

22 août 2026

Avec les réserves en eau qui diminuent dangereusement et des pluies conséquentes qui se font attendre, l’eau devient une ressource toujours plus précieuse. Pour éviter le pire, les restrictions se durcissent et viennent désormais rythmer le quotidien des Mauriciens...

L’eau se raréfie, nos réservoirs tirent la sonnette d’alarme, les restrictions se durcissent. Dans ce sillage, et pour éviter que la situation ne se détériore, le Conseil des ministres a approuvé récemment la promulgation du Central Water Authority (Dry Season) Regulations 2026, qui vise à assurer une gestion durable des ressources en eau, devenues rares en raison du déficit pluviométrique important. Ces règlements cherchent principalement à contrôler l’utilisation de l’eau potable à des fins domestiques et essentielles. Ils prévoient ainsi des restrictions sur l’utilisation de l’eau à d’autres fins que domestiques, notamment : le lavage des véhicules ; le nettoyage des bâtiments, des allées et des trottoirs ; l’arrosage des pelouses, jardins et haies ; le remplissage ou la remise à niveau des piscines ; et l’irrigation des champs de canne à sucre.

Les nouveaux règlements sont entrés en vigueur le 10 août et resteront applicables jusqu’au 30 novembre 2026. Au 4 août 2026, le niveau de remplissage des principaux réservoirs s’établissait à 61,7 %, contre 92,7 % à la même période en 2025. Le ministère de l’Énergie et des Services publics ainsi que la Central Water Authority (CWA) ont lancé, depuis plusieurs semaines, une campagne de communication sur la situation alarmante des réserves d’eau, le déficit pluviométrique et la nécessité de préserver les ressources en eau.

Certes, les particuliers sont affectés par les mesures annoncées et doivent faire avec et revoir leurs habitudes de consommation, particulièrement en s’adaptant aux coupures d’eau. Mais ceux dont le commerce repose sur l’eau comme élément central de leur day-to-day running ont aussi dû réajuster leur façon d’opérer.

Ce n’est pas Gérémi Espiegle, fondateur d'Iron Like Grandma, une entreprise de blanchisserie et de repassage, qui dira le contraire. «Au niveau de nos activités professionnelles, la blanchisserie, on essaie au maximum d’utiliser le moins d’eau possible, que ce soit pour le lavage ou pour le repassage. On économise l’eau et on la réutilise aussi, parce que nos sèche-linges ont un système de condensation qui nous fait économiser 40 litres d’eau par jour. De mon côté, je trouve que c’est super. On réutilise cette eau soit pour la section repassage, soit pour le lavage. Pour ce qui est des nouveaux horaires d’approvisionnement en eau, soit deux heures par jour : une heure le matin et une heure l’après-midi, on a décidé d’acheter un réservoir plus gros et une pompe à eau plus puissante. Avec les nouvelles heures d’approvisionnement, même la pression a baissé, il nous fallait une nouvelle pompe. En tant que blanchisserie, on utilise principalement de l’eau pour nos activités et on essaie de s’arranger comme on peut», nous confie Gérémi Espiegle, jeune entrepreneur.

Gaspillage

Julien Louis Po, fleuriste : «Je fais davantage attention à ma consommation et je vérifie régulièrement le réservoir d’eau afin d’éviter tout gaspillage.»

Julien Louis Po, fleuriste, a aussi essayé de trouver des solutions pour que le travail se poursuive : «Je trouve la situation un peu compliquée, surtout dans notre activité, car nous travaillons avec des fleurs naturelles et des feuilles qui nécessitent de changer l’eau régulièrement, environ tous les deux jours, afin de les garder fraîches et en bon état. Nous devons également utiliser de l’eau pour laver les vases après chaque retour et pour l’arrosage des plantes. Maintenant, je fais davantage attention à ma consommation et je vérifie régulièrement le réservoir d’eau afin d’éviter tout gaspillage.»

Et comment s’organise-t-il pour faire face à la situation ? «Nous faisons attention à ne pas gaspiller l’eau et nous essayons de la récupérer autant que possible pour arroser nos plantes en pot, notamment les orchidées. Par exemple, après avoir changé l’eau ou lavé les contenants utilisés pour les fleurs et les feuilles, nous réutilisons cette eau pour l’arrosage des plantes, lorsque cela est possible. Cela nous permet de réduire notre consommation d’eau et d’éviter le gaspillage», précise Julien. Yevin Rajiah, propriétaire de Fruits and Veggies Store, spécialisé dans la vente de fruits et légumes comme l’indique le nom de son commerce, se sent aussi évidemment concerné par la situation au niveau de l’approvisionnement en eau, un élément important dans son travail. «Si pa gagn delo, pa kapav travay. L’eau est utilisée pour laver les fruits et légumes, entre autres», nous dit-il en commentant cette actualité qui concerne tous les Mauriciens. «Je suis en train d’ouvrir un nouveau shop et j’ai fait une demande à la CWA pour avoir de l’eau. J’ai compris que ça prendra beaucoup de temps. Il y a beaucoup de problèmes concernant tout ce qui touche à la distribution d’eau. J’habite à Flic-en-Flac et l’approvisionnement en eau n’est pas suffisant, surtout avec les hôtels dans la région ou encore avec les campements. L’approvisionnement en eau devient très compliqué. Chez moi, pour faire face à la situation, j’ai dû installer deux réservoirs. J’ai été obligé, sinon pa gagn delo. Je pense que la désalinisation de l’eau de mer, qu’on pourrait utiliser pour approvisionner les toilettes ou encore pour arroser, peut être une solution», soutient le jeune homme, qui résume en quelques mots une inquiétude devenue celle de toute une île. Car désormais, chaque goutte compte… et chacun retient son souffle en attendant les grandes pluies.

«Au niveau de nos activités professionnelles, la blanchisserie, on essaie au maximum d’utiliser le moins d’eau possible», nous confie Gérémi Espiegle, d'Iron Like Grandma.

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