Il est silencieux et frappe sans crier gare… Lui, c'est le Mpox, le virus aux multiples symptômes. Longtemps perçu comme une menace lointaine, ce mal suscite ces derniers jours une attention particulière et nourrit les conversations aux quatre coins de l’île. Cette semaine, l’actualité sanitaire a en effet été marquée par l’enregistrement des deux premiers cas locaux ; un développement qui a ravivé les inquiétudes et mobilisé les autorités. Si la situation reste sous contrôle, elle rappelle l’importance de la prévention car face à cette nouvelle réalité, le pays est désormais en alerte et en mode vigilance.
Les premiers cas de transmission locale enregistrés dans le pays concernent un ressortissant suisse de 64 ans, retraité, installé à Maurice depuis environ un an. Il a été pris en charge par les services de santé et une enquête épidémiologique a très vite été lancée pour identifier ses contacts et la source de sa contamination, après son hospitalisation. Peu de temps après, les autorités ont confirmé un second cas de transmission locale concernant une femme de nationalité malgache, âgée d’une trentaine d’années, qui vit aussi dans l’île.
Les autorités sanitaires ont indiqué que ce cas est lié à la chaîne de transmission locale actuellement sous investigation. «Avec le premier cas local de Mpox dans l’île, on a tout de suite enclenché un important exercice de contact tracing», nous confie le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé. «La maladie se transmet de façon étroite, par contact, d’une personne infectée à une autre. Jusqu’à présent, on avait recensé deux cas de Mpox dans l’île mais il s’agissait de deux cas importés. On a pu contenir et traiter ces cas et il n’y a pas eu alors d’autres personnes malades. Cette fois, il s’agit de cas locaux chez nous», poursuit le Dr Khodabocus.
Il invite le public à faire attention aux symptômes. «Le Mpox se présente par des signes cutanés. Il s’agit de lésions sur la peau, notamment des vésicules, des pustules avec des formations de croûtes. Si une personne constate ce genre de problème qui commence sur le visage, les paumes des mains et même dans les parties privées, elle doit contacter un médecin. La maladie se contracte par des contacts physiques, peau à peau, mais elle se contracte aussi si une personne touche un objet qui a été en contact avec une personne infectée, bien que la maladie se contracte plus par le contact physique», précise le professionnel de la santé.
Pour lui, il faut observer les signes. «Un malade peut aussi développer de la fièvre et des ganglions, accompagnés de douleurs musculaires qui peuvent survenir, selon les cas, à plusieurs étapes de la maladie. Il est donc conseillé de voir un médecin si ces signes apparaissent. Le numéro 8924 est disponible à cet effet, si une personne a des doutes sur son état de santé», nous précise le directeur par intérim des services de santé.
Depuis la découverte du premier cas local, les autorités sont sur le qui-vive. «Dès qu’on a des éléments pertinents avec le contact tracing, des décisions vont suivre. Si les cas contacts ont des signes et symptômes, ils seront admis pour faire d’autres tests pour pouvoir contenir l’infection. Par contre, s’ils n’ont pas trop de signes et de symptômes, nous penserons peut-être à les isoler à la maison. Ils seront alors en observation et suivi au quotidien via des visites médicales chez eux, par exemple. Et en cas de symptômes, ils seront admis pour qu'on soit sûr de contenir l’infection», nous explique le Dr Khodabocus.
Selon lui, la situation est sous contrôle mais une vigilance s’impose. «Il n’y a pas lieu de paniquer. Nous avons un système qui est en place. Le plus important, c’est de contenir la maladie et d’empêcher sa propagation», souligne le Dr Fazil Khodabocus qui, avec les autorités, suit de près le virus invisible et silencieux qui frappe sans crier gare…