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Trafic de drogue allégué, possible implication de policiers, fuite d’informations...

Le téléphone de Steven Mootoocurpen livre des secrets troublants

12 septembre 2026

Que cache réellement le téléphone de ce suspect ? Son exploitation fait apparaître jusqu’ici des informations explosives sur la drogue, des policiers et des documents confidentiels, ouvrant de nouvelles pistes pour la Financial Crimes Commission qui a déjà référé l’affaire à la police.

Une véritable mine d’informations. C’est ce que s’avère être le téléphone portable de Steven Mootoocurpen. Et les dernières révélations du directeur général de la Financial Crimes Commission (FCC), Sanjay Dawoodarry, donnent une nouvelle dimension à cette enquête. Face à la presse le 8 septembre, le patron de la FCC, tout en évoquant plusieurs sujets (voir hors-textes), a révélé que l’exploitation du téléphone du suspect actuellement en détention pour conspiration avait fait apparaître des informations concernant des importations présumées de drogue ainsi que l’implication alléguée de certains policiers.

Selon lui, ces éléments auraient même permis à la FCC d’identifier ce qui s’apparenterait à un système de détournement de stupéfiants saisis par les autorités. Cette révélation, dit-il, vient s’ajouter à un dossier déjà particulièrement sensible. Car le téléphone de Mootoocurpen – qui fait face à une énième arrestation – contenait également des documents hautement confidentiels de la FCC, notamment des demandes d’ordres adressées à un juge en Chambre.

Leur présence sur l’appareil avait déclenché l’enquête sur une possible fuite au sein de la FCC. Plus troublant encore, l’un des documents retrouvés aurait été entièrement fabriqué, selon Sanjay Dawoodarry. La FCC a déjà alerté la police pour une enquête. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer qui l’a créé, dans quel but et si Mootoocurpen l’a obtenu d’une éventuelle source interne. L’appareil contenait aussi des informations concernant des enquêteurs de la FCC.

Selon Sanjay Dawoodarry, il y avait des noms, coordonnées et même des photographies liées au domicile de l’un d’eux. La FCC cherche à déterminer si ces informations pouvaient servir à exercer des pressions ou à intimider des limiers engagés dans des enquêtes sensibles. Le cas de Sanjay Dawoodarry lui-même ajoute une dimension encore plus inquiétante. Il avait reçu, en mars, une lettre de menaces accompagnée de deux balles. Il affirme également qu’une photographie de son domicile figurait sur le téléphone de Mootoocurpen.

Ce dernier aurait, par ailleurs, été aperçu devant son domicile peu avant l’incident. Dans cette enquête, un employé de la FCC a déjà été suspendu, souligne Sanjay Dawoodarry. La taupe alléguée est soupçonnée d’avoir divulgué des documents confidentiels. La FCC affirme vouloir déterminer jusqu’où remontent les fuites et identifier tous ceux qui auraient pu participer à leur circulation.

Une question demeure donc au centre du dossier. Que contenait réellement le téléphone de Steven Mootoocurpen et surtout, qui alimentait son contenu ? L’exploitation de ce téléphone portable pourrait permettre aux enquêteurs de reconstituer une chaîne reliant fuites d’informations, documents falsifiés, intimidations présumées et, désormais, soupçons de détournement de drogue. Sanjay Dawoodarry a déjà donné le ton lors de sa conférence de presse : «No retreat. No surrender. Nou pa pou les nou intimide.»

Drogue : une possible manipulation ?

C’est l’une des révélations les plus explosives évoquées par Sanjay Dawoodarry. Selon le directeur général de la FCC, l’exploitation du téléphone de Steven Mootoocurpen aurait permis aux enquêteurs de découvrir des informations liées à un réseau de trafic de drogue et à l’implication présumée de certains policiers. Un élément particulièrement troublant concerne des saisies effectuées à l’aéroport. Dans un cas évoqué, 30 kilos de drogue auraient été saisis, mais seulement 5 kilos seraient arrivés au laboratoire. Des allégations qui, à ce stade, restent à établir et devront être confirmées par l’enquête et, éventuellement, par la justice.

Le mystérieux «Diary Book»

Le mystérieux Diary Book de la FCC était bel et bien au cœur d’une opération à Goodlands. Sanjay Dawoodarry a confirmé qu’un carnet appartenant à une jeune recrue de l’Asset Recovery and Management Division avait été perdu lors d’une intervention. Le document contenait notamment des notes relatives aux déclarations de suspects. Sa disparition avait été signalée à la police dès le 6 avril 2026. L’affaire a pris une nouvelle dimension lorsque des images du carnet ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. La FCC cherche désormais à comprendre comment ces informations confidentielles ont pu se retrouver à l’extérieur.

Une nouvelle enquête sur Anil Bachoo

La FCC confirme l’ouverture d’une nouvelle enquête concernant le ministre Anil Bachoo. Selon Sanjay Dawoodarry, les investigations ont démarré il y a environ deux semaines. Peu de détails ont été rendus publics à ce stade sur la nature exacte des faits examinés ou les éventuelles personnes concernées. Le patron de la FCC a toutefois précisé que toutes les personnes liées à ce dossier seront appelées à fournir des informations aux enquêteurs.

Mamy Ravatomanga et ses Rs 7,3 milliards d’avoirs

Le dossier Mamy Ravatomanga figure parmi les affaires les plus importantes traitées par la FCC depuis quelques mois. Sanjay Dawoodarry a souligné l’ampleur de l’enquête et la coopération internationale mise en place, notamment avec la France, le FBI, Madagascar, les Seychelles et l’ICAR, en Suisse. À ce jour, environ Rs 7,3 milliards d’avoirs ont été attachés dans le cadre de cette affaire. Ce montant ne comprend pas le jet privé de Mamy Ravatomanga, actuellement immobilisé à Maurice. L’enquête se poursuit avec plusieurs partenaires internationaux.

Déclarations des avoirs : 5 720 personnes concernées

La gestion des déclarations d’avoirs repose sur une équipe particulièrement restreinte à la FCC. Selon Sanjay Dawoodarry, six personnes seulement sont chargées de gérer les déclarations de 5 720 déclarants, parmi lesquels figurent 1 467 parlementaires, élus locaux et membres de la Rodrigues Regional Assembly. Le directeur général a également apporté des précisions concernant les déclarations de Shakeel Mohamed, dont l’absence temporaire du site web avait suscité des interrogations. Selon lui, les données étaient bien présentes sur les serveurs de la FCC. Le problème serait dû à un dysfonctionnement technique. Un audit a été lancé afin d’en déterminer les causes.

Dossier MIC : la FCC passe à la prochaine étape

Lors de sa conférence de presse, Sanjay Dawoodarry a indiqué que l’enquête sur la Mauritius Investment Corporation (MIC) est désormais terminée. Une étape importante pour ce dossier, suivi de près depuis plusieurs mois. Les enquêteurs ont ainsi bouclé leurs travaux et le dossier devrait désormais connaître une nouvelle étape sur le plan procédural. Cette annonce intervient alors que la FCC affirme avoir plusieurs dossiers majeurs sous investigation, portant sur des sommes considérables. Les prochaines décisions dépendront désormais des suites qui seront données au dossier par les autorités compétentes.

Reward Money : l’enquête bouclée

La FCC a bouclé son enquête sur l’affaire Reward Money, portant sur des sommes estimées entre Rs 250 millions et Rs 300 millions. Le dossier, qui compte quelque 7 200 pages numérisées, doit être transmis au Directeur des poursuites publiques qui déterminera les suites à donner. En parallèle, une enquête est en cours sur une présumée fuite d’informations confidentielles concernant des suspects et leurs données bancaires. Un Diary Book de la FCC, dont le contenu aurait circulé sur les réseaux sociaux, est au cœur des investigations. La piste d’une taupe au sein de la FCC est également examinée.

Silver Bank : toujours «under investigation»

L’affaire Silver Bank est loin d’être terminée. Sanjay Dawoodarry a indiqué que le dossier concernant Ramcharitar est toujours «under investigation». Il a précisé qu’une éventuelle décision de la cour en faveur d’une motion visant à strike out une accusation provisoire ne signifierait pas automatiquement la fin des investigations. Selon lui, les enquêteurs poursuivent leurs travaux à un rythme soutenu. Le directeur général de la FCC a également insisté sur le principe de responsabilité, soulignant que tous les membres concernés doivent rendre des comptes, quelle que soit leur fonction.

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