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Sujaya Bunghooye, 23 ans, assassinée par le père de ses enfants en février 2020

Le tribunal condamne son époux Kriteshsingh à 45 ans de prison

26 mars 2026

Plus de six ans après les faits, Kriteshsingh Bunghooye, jugé coupable de l’assassinat de son ex-compagne, a été condamné. Ce mardi 17 mars, la Cour d’assises lui a infligé une peine d’emprisonnement de 45 ans pour son crime après avoir pris en considération plusieurs facteurs. Récit.

Le verdict est enfin tombé après six ans. Jugé coupable du meurtre prémédité de son épouse Sujaya, âgée de 23 ans, Kriteshsingh Bunghooye a écopé d’une peine d’emprisonnement de 45 ans devant la Cour d’assises ce mardi 17 mars. Bien que le tribunal ait pris en considération le fait que l’accusé s’était lui-même livré à la police pour avouer son crime, qu’il avait plaidé coupable dès le début de son procès, qu’il avait présenté ses excuses pour ses actes et qu’il avait exprimé des remords, le juge Iqbal Maghooa a pris en considération «the seriousness of the offense» et lui a imposé une sentence qui «must commensurate with the high level of culpability of the accused, the harm done to the victim and the emotional as well as the psychological harm caused to their two minor children».

Cette tragédie remonte au 2 février 2020. Ce matin-là, juste après avoir consommé de la méthadone dans la cour du poste de police de Flacq, Kriteshsingh Bunghooye a aperçu son ex-compagne Sujaya avec un homme, qu’il soupçonnait d’entretenir une relation avec elle. Rongé par une jalousie obsessionnelle, il s’est empressé de rentrer chez lui pour y récupérer des armes tranchantes, qu’il a aiguisées avant de les placer dans un sac. Il a ensuite enfourché son scooter pour aller à la rencontre de la jeune femme. Ils se sont vus près d’un arrêt d’autobus où une dispute a éclaté entre eux. Il a fini par la tuer en lui assénant deux coups de couteau au cou avant de prendre la fuite, puis s’est rendu près d’une rivière pour se débarrasser des armes qu’il avait sur lui. Le lendemain, il a été appréhendé après qu’il s’est livré à la police de Flacq.

Sujaya et Kriteshsingh Bunghooye, apprend-t-on, se connaissaient depuis de nombreuses années déjà avant leur mariage civil en 2013. De leur union sont nés deux enfants. Au fil du temps, leur petit nuage s’est assombri, surtout à cause du comportement violent de l’accusé. Lasse de subir les coups d’un compagnon jaloux et accro à la drogue dure, Sujaya avait choisi de mettre un terme à leur relation au bout de cinq années de vie commune. Depuis 2018, ils vivaient séparément, mais leur rupture n’aura pas suffi à arrêter le jeune homme, qui a continué à harceler son ex-compagne et à contrôler ses agissements. Sujaya avait même dû effectuer une demande pour un Protection Order, mais là encore, Kriteshsingh Bunghooye avait continué de s’en prendre à elle.

En mars 2019, il l’avait kidnappée et conduite dans un champ de cannes, où il l’avait ligotée et tabassée, avant de la laisser partir. Arrêté pour Breach of Domestic Violence Act, il avait été relâché après avoir fourni une caution. Le 6 janvier 2020, il avait recommencé : il l’avait étranglée et avait déchiré ses vêtements lors d’une dispute devant la maison de la mère de Sujaya. Elle avait eu la vie sauve grâce à des voisins qui étaient intervenus. Hélas, il a fini par l’assassiner seulement un mois plus tard. Une autopsie a attribué son décès à une stab wound to the neck.

Le juge Iqbal Maghooa a pris en considération de nombreux facteurs avant de prononcer son jugement, notamment le rapport médicolégal, qui a révélé les «extreme acts of violence» dont la jeune femme avait été victime : «The internal examination of the dead body revealed extensive cut wounds and stab wounds to the neck. Also, a 22 cm long subcutaneous deep stab wound transverse over left upper abdominal quadrant was found.»

Il a aussi souligné que «at the material time, the victim was 23 years old and a mother of two minor children who were under her care. The two minor children have been deprived of the love and affection of their mother. They now live with a lifelong emotional and psychological trauma knowing that their father is the murderer».

Kriteshsingh Bunghooye a ainsi été condamné à 45 ans de prison. Le temps qu’il a déjà passé en détention provisoire sera déduit de sa peine.

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