La liste des charges qui pèsent sur lui s’est allongée cette semaine après que de nouvelles victimes se sont manifestées. Appréhendé après la déposition policière de l’une de ses anciennes élèves de la Loreto Junior School de Curepipe, consignée le 23 février, le professeur de musique Frédéric Pavaday, 50 ans, fait face à de nouvelles plaintes, bien qu'il continue de clamer son innocence.
Selon les enquêteurs, deux autres jeunes femmes – d’anciennes élèves du même établissement qui sont actuellement à l’étranger – ont adressé un courriel à l’ONG Pedostop et à la Brigade pour la protection de la famille. La première évoque des gestes jugés inappropriés de l’enseignant du temps où elle n’avait que 6 ans. En 2008, alors qu’elle était en Grade 5, elle aurait également été victime d’attouchements. La deuxième, dont la plainte avait déjà été adressée à l’école en 2025, dit avoir eu des relations sexuelles à plusieurs reprises avec son enseignant entre 2015 et 2020, alors qu’elle était mineure. Avec ces nouveaux témoignages, Frédéric Pavaday fait désormais face à quatre chefs d’accusation : attempt upon chastity, child illtreatment, causing a child to be sexually abused et sexual intercourse with a minor under the age of 16.
Lors des débats sur la remise en liberté conditionnelle de Frédéric Pavaday, ses hommes de loi, Mes Sanjeev Teeluckdharry et Sacheen Boodhoo, ont remis en question la recevabilité de ces nouveaux éléments, arguant qu’un courriel électronique pouvait être créé par n’importe qui. Ils ont fait ressortir qu’ils ne comportaient pas d’en-tête officielle, ni de signature, et que n’importe quel individu aurait pu les envoyer à ces institutions. Ils soutiennent que ces correspondances ne peuvent pas être considérées comme des dépositions officielles à ce stade.
Questionné par la représentante du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Priscilla Veerabadren, le Chef Inspecteur (CI) Ramburn, de la brigade criminelle de Curepipe, a assuré que ces victimes existaient bien et qu’il était déjà en possession de leurs numéros de carte d’identité et de passeport. Appelée à la barre comme témoin, Virginie Bissessur, la directrice de l’ONG Pedostop, a, pour sa part, assuré que l’une des victimes financerait son billet pour rentrer à Maurice et consigner sa plainte en bonne et due forme, tandis qu’une levée de fonds a été lancée par son organisation pour financer celui de la deuxième victime.
En faisant sa plaidoirie, Me Priscilla Veerabadren a recentré les débats sur le motif même de l’audience, soit la demande de remise en liberté conditionnelle de l’accusé, au lieu de s’attarder sur les preuves puisque l’enquête est toujours au stade préliminaire. Elle a, avant tout, fait ressortir que l’identité des plaignantes avait déjà été méticuleusement vérifiée par la police. Puis, elle a expliqué pourquoi les risques étaient trop élevés pour que le quinquagénaire soit libéré : le risque de fuite en raison de la sévérité des peines encourues pour les quatre charges qui pèsent sur lui, mais aussi le risque d’interférence avec les témoins en décourageant d’autres victimes à se manifester si elles le voient en liberté. En invoquant la nature «sensible» de cette affaite, elle a expliqué qu’aucune mesure ne pourrait pallier les risques mentionnés à ce stade de l’enquête. Le tribunal fera connaître sa décision le 10 mars.