«Pour l’instant je ne vais pas faire de déclaration. Je vais laisser l’enquête se poursuivre. Dan tou seki pe dir ena ki fos ladan...» C’est ce que nous a confié l’époux de l’employée de la municipalité de Vacoas-Phoenix décédée ce jeudi 20 août à l’âge de 53 ans, alors qu’elle suivait un traitement médical à la suite d’une tentative de suicide en mai dernier.
Selon des recoupements d’informations, des allégations auraient été formulées à l’encontre de la défunte dans une affaire liée à des documents concernant un exercice de recrutement qui aurait fuité. L’activiste Jonathan André-Chatigan suit cette affaire de très près. «Je suis celui qui a commencé à publier, à divulguer des listes de recrutements à la municipalité de Vacoas-Phoenix, mais pas seulement. J’avais aussi parlé de Moka–St-Pierre. Depuis, il y a eu une chasse aux sorcières pour découvrir l’identité de la personne qui m’a donné ces documents. À aucun moment, ce n’est la dame qui est décédée qui m’a donné ces documents, c’est une autre personne», nous confie Jonathan André-Chatigan.
Il poursuit : «La personne qui m’a remis les documents avait très peur, car il y avait une chasse aux sorcières, pas uniquement à Vacoas-Phoenix mais aussi à Moka–St-Pierre et à Port-Louis, pour savoir comment des personnes externes avaient eu ces documents. Ce sont les employés de la municipalité eux-mêmes qui ont fait état de harcèlements répétés depuis plusieurs mois pour savoir qui avait divulgué ces informations. La dame était soupçonnée parce qu’elle était la secrétaire particulière de la Chief Executive et elle subissait du harcèlement. C’est terrible. C’est grave ce qui est arrivé. Ça touche tous les Mauriciens, ça touche à la question des discriminations et de l’inaction des autorités. C’est politique, c’est social...»
Concernant cette affaire, Dominique Marie, président de la Local Authorities Employees Union (LAEU), nous a fait la déclaration suivante : «Nous n’avons aucune déclaration officielle de la dame indiquant qu’elle aurait été victime de harassment, ni de la part de qui que ce soit. Son époux n’a donné non plus aucune déclaration officielle sur ce sujet. Nous avons appris l’histoire par le biais de ses collègues après sa tentative de suicide, selon laquelle elle aurait été victime de harcèlement. Nous avons essayé de prendre contact avec la Chief Executive de la municipalité de Vacoas-Phoenix, malheureusement nous n’avons eu aucune réponse. Nous avons aussi essayé de joindre le service des RH de la mairie, mais cela est resté sans réponse également. Le sujet a été évoqué avec le ministre, et il m’a dit qu’une enquête avait eu lieu. Je viens d’apprendre, d’après l’enquête, que la tentative de suicide n’aurait rien à voir avec le travail de la victime. J’ai aussi appris que la police poursuit son enquête. Au niveau du syndicat, nous allons suivre ce dossier de près...»
Du côté des autorités...
Joint au téléphone pour une réaction sur cette affaire, Ranjiv Woochit, ministre des Collectivités locales, a démenti les allégations formulées jusqu’ici, affirmant qu’une enquête est en cours. Le maire, Abdul Hussain Abdool Khader, a, pour sa part, souhaité s’abstenir de tout commentaire, préférant présenter ses plus sincères condoléances à la famille endeuillée.