L’ancien chef de la police se retrouve aujourd’hui au centre d’un retentissant scandale financier qui secoue… la police mauricienne. Arrêté par la Financial Crimes Commission (FCC), l’ex-commissaire de police (CP) Anil Kumar Dip fait face à de graves accusations de détournement de fonds publics liés à la distribution de Reward Money ; des primes destinées à récompenser des informateurs après des grosses saisies de drogue et de biens appartenant à des criminels.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les sommes en jeu atteindraient près de Rs 198 millions, un montant qui soulève de vives interrogations sur la gestion des fonds par la hiérarchie policière de l’époque. La FCC évoque notamment la disparition mystérieuse des originaux des payment vouchers des Casernes centrales, le quartier général de la police. Ces documents comptables sont censés attester des transactions.
Convoqué au quartier général de la FCC à Réduit, le mardi 23 septembre, puis placé en détention, Anil Kumar Dip a rejeté en bloc les accusations portées contre lui. Il dénonce, par ailleurs, ce qu’il considère comme une machination politique visant à ternir sa réputation. Ses avocats, pour leur part, soulignent l’absence de preuves matérielles solides, pointant du doigt les irrégularités dans la conservation des pièces à conviction. La justice a toutefois décidé de maintenir l’ex-CP en détention provisoire, le temps que les investigations se poursuivent.
Au-delà du cas d’Anil Kumar Dip et des sept autres policiers arrêtés jusqu’ici, ce scandale relance le débat sur la transparence et la responsabilité des institutions publiques. Comment un tel système de primes a-t-il pu être détourné ? Qui a bénéficié réellement de ces fonds ? Pourquoi des documents essentiels ont-ils disparu ? Autant de questions qui demeurent sans réponse et qui alimentent un climat de suspicion. La FCC continue son enquête pour éclairer toutes ces zones d’ombre.