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18 mars 2025 22:51
Voilà deux ans qu’il affronte un lymphome qui le ronge. S’il croyait l’avoir battu, il vient d’apprendre que le mal est toujours présent. Ce jeune homme de 31 ans nous ouvre son cœur et nous raconte son face-à-face avec la maladie...
Point d’apitoiement... ni de sanglot. Bien au contraire, c’est avec conviction qu’il nous parle de l’épreuve qu’il est en train de vivre. Pourtant, il y a peu, Ansley Atchiameth, plus connu sous le nom de Kevans mais aussi de Kéké, a appris une terrible nouvelle. Alors qu’il se croyait «libéré» du lymphome qui s’était invité dans sa vie il y a deux ans et qu’il croyait avoir vaincu après un lourd traitement avant de reprendre le cours de sa vie, en dévorant chaque minute qui s’offre à lui, le voilà qui apprend que le mal est encore là...
Si ça a d’abord été un choc pour lui, ne comprenant pas pourquoi il doit à nouveau faire face à la maladie, le jeune homme de 31 ans, Visual Merchandiser chez Citadel, mais aussi décorateur au sein de son propre business – Les décors de Kéké –, a très vite décidé de balayer tous ses doutes d’un revers de la main même si ce n’est pas facile. Et, malgré tout ce qu’implique le traitement d’un lymphome, son cancer, il a choisi de le défier, une fois de plus, en restant digne, fort, inébranlable. Car malgré tout ce qui va se passer dans les jours et semaines à venir, Kevans a décidé de se battre avec comme ultime but, dit-il, de gagner.
Sa personnalité de battant, il nous l’avait déjà montrée lors d’une précédente interview. Il y a à peine un an, il s’était confié à nous pour nous raconter dans la rubrique «Coup de cœur», sa passion pour la décoration dans le cadre des fêtes – anniversaires, mariages et autres cérémonies – et comment il était heureux de contribuer au succès des événements de ses clients grâce à son talent en mettant des couleurs, des paillettes, des ballons, des fleurs, des fantaisies, entre autres, dans leur vie. Il nous avait ainsi, au détour d’une phrase, révélé, sans s’attarder sur le sujet, comment il faisait face à un cancer et comment celui-ci était devenu une force pour lui. On découvrait alors un jeune homme pétillant, débordant d’énergie avec une bonne humeur contagieuse qui ne voulait pas que sa maladie prenne le dessus sur le sujet principal de l’article : la déco. «J’ai des rêves à réaliser. Ma passion, aider les gens à réussir leur fête, c’est un de mes remèdes qui me font entrer dans un autre monde où j’oublie tout. Depi mone sorti lopital, monn konsentre ziss ladan», nous confiait alors un Kevans très positif.
S’étant livré sur différentes étapes de l’épreuve qu’il vivait sur son Facebook, car il voulait apporter de l’espoir à ceux et celles qui vivaient la même chose, qui avaient peur et qui laissaient la maladie prendre le pas sur le reste, Kevans avait déclenché un véritable élan de solidarité lorsqu’il avait dû – son traitement oblige – se raser la tête et que des amis s’étaient aussi rasés la tête pour lui apporter leur soutien. Faisant en sorte de se nourrir de toutes ces expériences, Kevans devenait ainsi, chaque jour, plus fort et affrontait sans peur les jours d’après. C’est ainsi que chaque nouveau jour était pour lui un jour de gagné. Jusqu’à ce jour où il devait annoncer à sa communauté «une bonne nouvelle» et qu’il avait «enn lazwa dans (so) leker»...
«Un moral fort»
Mais quelques mois plus tard, c’est à nouveau sur sa page Facebook qu’il a annoncé à ses amis que son cancer avait, hélas, récidivé. «Revivre ce moment où l’on entend que son cancer est de retour n’est pas aussi facile. Tu te sens bien, tu te trouves en bonne santé, tu souris, tu voyages, tu fais comme si la vie était normale, mais en vrai, à l’intérieur de toi, tout s’est arrêté. Tu vois tout autour de toi s’écrouler. Tu veux t’exprimer, mais tu as peur de blesser les gens que tu aimes avec cette nouvelle. Un petit conseil : prenez la vie simplement. (...) Oui mes loulous, la vie parfois est ainsi, mais restons forts. Combattons cette maladie ensemble. J’écris ces mots avec tristesse, mais avec un moral fort. Merci beaucoup pour tous vos soutiens», a-t-il écrit sa page Facebook.
Et c’est avec beaucoup de courage que Kevans nous ouvre son cœur. «Voilà déjà trois semaines depuis qu’on m’a annoncé que le cancer est de retour. Quand j’ai appris cela, j’étais vraiment déçu et triste. Je n’avais envie de parler à qui que ce soit, car je pensais que j’avais été victorieux face au cancer, mais malheureusement, ce n’est pas le cas», nous confie-t-il, en revenant sur ce moment pénible de sa vie. Très vite, il lui a fallu se ressaisir : «Après une semaine, je suis allé à l’hôpital pour leur montrer mes résultats. Du coup, les médecins étudient maintenant la possibilité de m’envoyer en Inde pour des traitements. Depuis, j’attends et je suis stressé...»
Loin, toutefois, de se laisser abattre, Kevans a décidé de faire de sa maladie un moteur. Et c’est porté par l’amour de sa famille, de ses parents, proches et amis, mais aussi grâce à la prière qu’il avance aujourd’hui avec la ferme intention de tout affronter. «Je suis déterminé à tenir bon. Si j’ai pu déjà le faire, cela veut dire que je peux encore le faire. Mo bizin kapav manz ar li. Je peux compter sur les gens que j’aime et qui m’aiment. Et je prie aussi beaucoup. J’ai décidé de dire non à la négativité et d’être patient. Mo pran li sinp. Mo pe enjoy, mo pe relax et j’essaye de changer d’air malgré la douleur de temps en temps», poursuit le jeune homme, très croyant et qui, d’ailleurs, au moment de l’interview, se préparait pour aller adresser une prière à Notre-Dame de Velankanni, à Quartier-Militaire. Confiant quant à l’avenir, le jeune homme affiche chaque jour sa détermination sur son Facebook, en démontrant un mental d’acier. Fort de sa triste expérience, il invite tout le monde à être à l’écoute de son corps et à ne pas hésiter à aller se faire dépister en cas de doute. «C’est vraiment important», dit-il.
Depuis qu’il a parlé de son état de santé actuel, il peut encore une fois compter sur une vague de soutien. «Je remercie mes parents, mes frères et ma sœur, mon CEO, mes amis, toute ma famille, mes clients pour mon business de déco, mes voisins et tous ceux qui sont là pour me soutenir», lâche le jeune combattant qui, plus que jamais, en gardant le sourire, est déterminé à tenir tête à son cancer, coûte que coûte...
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