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Malina Cheeneebash de retour devant le Parlement : «À force de laisser la peur prendre le dessus, nous banalisons le combat»

29 août 2026

Après plusieurs semaines d’absence, Malina Cheeneebash a repris, ce mercredi 26 août, son sit-in devant le Parlement. Mais cette fois, son combat s’élargit. Aux revendications qui l’avaient poussée à s’installer devant l’Assemblée nationale s’ajoute désormais une autre urgence : celle de la drogue dure, notamment la drogue synthétique qui continue de faire des ravages à Maurice.

Elle est de retour. Depuis ce mercredi 26 août, Malina Cheeneebash a repris son action devant le Parlement, avec la même détermination, mais aussi de nouvelles préoccupations. Pour rappel, la jeune femme de 33 ans avait fait un sit-in de plusieurs jours devant le Parlement entre fin juillet et début août, au moment des débats et du vote autour du nouveau système de pension. Son mouvement, très suivi par la population, avait été marqué par une altercation avec les forces de l’ordre ainsi que son hospitalisation le 3 août. Depuis, elle était restée silencieuse.

Aujourd’hui, elle revient. Avec l’envie de reprendre le fil de son combat, mais aussi de retrouver ceux qui l’ont soutenue. «Je suis retournée pour me reconnecter avec les gens qui m’ont toujours soutenue dans ce combat. La façon dont ça s’est terminé la dernière fois était très brusque», explique Malina. Ses revendications sont restées les mêmes. «Le combat pour rétablir le BRP à 60 ne peut s’arrêter là. Avec l’inflation, la condition des gens dans les milieux défavorisés et toutes les injustices que j’ai vues depuis mon sit-in, je suis encore plus convaincue de la nécessité de rétablir cette pension comme elle était», confie-t-elle.

Elle reconnaît avoir craint les représailles suivant son altercation avec la police. Certains lui disaient même qu’elle ne reviendrait pas. «On me disait que je n’allais pas être de retour. Mais il fallait dénoncer les choses. À force de laisser la peur prendre le dessus, nous banalisons le combat», dit-elle.

Malina dit également avoir été profondément touchée par le soutien reçu de la population, malgré les commentaires négatifs sur les réseaux sociaux. Elle reste toutefois déçue par l’attitude de la police et estime que la question de la brutalité policière doit continuer d’être posée. «Pour moi, c’était aussi une occasion pour d’autres personnes qui font face à la brutalité policière de pouvoir aller de l’avant et d’en parler», affirme-t-elle. Elle avoue même avoir pensé à repartir à New York : «Les gens là-bas ont cette culture de communauté, de solidarité. Ne pas retrouver cet élan de solidarité ici me rend tellement triste.»

Mais son retour devant le Parlement porte désormais un autre cri : celui de Mauriciens confrontés à la drogue, à la précarité et à l’absence de perspectives. *«J’ai pu parler à beaucoup de personnes, notamment des SDF, qui sont, elles aussi, venues devant le Parlement. Elles ont partagé leur souffrance face à ce fléau. D’autres m’ont parlé de problèmes au niveau de la santé publique ou encore de la difficulté des jeunes Mauriciens à acheter une maison pour y vivre ; ils ne voient pas d’avenir ici.» *

À travers son sit-in, Malina veut donc créer un espace où ces voix peuvent être entendues. «Les personnes dans la rue et celles issues de milieux sociaux plus marginalisés me sont de plus en plus visibles. Maintenant que j’ai aussi le privilège d’avoir une plus grande visibilité, j’aimerais mettre cela, ainsi que mes compétences, au service de ces problèmes concrets. Cela peut se faire en parallèle avec le combat pour la pension et pour plus de justice à Maurice : contre l’érosion de notre welfare state, pour que la voix des Mauriciens résonne plus fort auprès des dirigeants et pour davantage de solidarité et d’empathie envers ceux dans le besoin. Je ne m’attends pas à des résultats immédiats, mais entre-temps, on apprend et on s’adapte.»

Elle souhaite désormais mieux organiser son mouvement et établir des relais avec d’autres citoyens afin qu’ils puissent, à tour de rôle, venir porter leurs revendications devant le Parlement. Pour Malina le sit-in a permis d’amener des collaborations et des contributions.

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