Dr Farhad Aumeer : un virage vers la rigueur nécessaire
Intervenant dans le débat budgétaire, le député travailliste a défendu le budget 2026-2027 en le présentant comme une réponse nécessaire à une situation économique héritée d’années de mauvaise gestion et aggravée par les tensions géopolitiques internationales. Il a qualifié le budget de «courageux» et «innovant», estimant qu’il repose sur un principe de justice sociale inspiré d’Aristote : «Donner à chacun ce qui lui est dû.»
Comparant l’économie mauricienne à un patient en soins intensifs, il a estimé que les mesures de redressement engagées par le gouvernement exigent du temps, de la patience et des sacrifices afin de restaurer la stabilité financière du pays. Concernant la réforme la pension, il a souligné que la majorité des bénéficiaires continueront à percevoir leur pension complète, tandis que les revenus les plus élevés contribueront davantage à l’effort national. Il a également mis en avant la suppression de certains privilèges accordés aux élus et hauts responsables de l’État.
Le Dr Farhad Aumeer a salué plusieurs mesures dans le secteur de la santé, notamment le renforcement des effectifs médicaux, la création d’un centre de neurochirurgie, l’augmentation des capacités de dépistage du cancer, le développement de traitements spécialisés à Maurice et l’introduction des importations parallèles de médicaments pour réduire les coûts. Il a également plaidé pour une meilleure sécurité du personnel hospitalier et pour davantage d’initiatives visant à attirer les jeunes vers les professions de santé.
Sur le plan sociétal, il a accueilli favorablement les investissements dans la lutte contre la drogue, l’intelligence artificielle, l’éducation, le logement social et la sécurité alimentaire.
Chetan Baboolall : pour ne plus pressuriser les citoyens
Dans son intervention, le député du Front Militan Progresis Chetan Baboolall a, lui, estimé que les mesures annoncées ne répondent pas à la détérioration du pouvoir d’achat et représentent une menace pour les retraités. Revenant sur la réforme de la pension et le means test, il a rappelé que, malgré le gel de cette mesure à la suite des contestations, l’orientation générale du gouvernement ne semble pas avoir changé. Selon lui, les difficultés économiques du pays ne sont pas causées par ceux qui perçoivent une pension, mais par des choix politiques accumulés au fil des années. Il appelle ainsi à une réforme de l’État plutôt qu’à une pression sur les citoyens. Le député a aussi contesté les chiffres officiels de l’inflation, affirmant que les ménages continuent de subir la hausse du coût de la vie, malgré les indicateurs annoncés.
Anabelle Savabady : l’équité à cœur
Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, des marchés instables et une inflation persistante, Annabelle Savabaddy a souligné la nécessité d’un budget fondé sur la prudence et le discernement. L’élue rouge a également appelé le gouvernement à renoncer à l’amendement du Public Gatherings Act, estimant qu’un durcissement des peines pour rassemblements illégaux n’est pas justifié et qu’il risque d’entraver la liberté d’expression, principe qu’elle dit défendre avec constance.
Concernant la pension de vieillesse, la députée de la majorité a insisté sur le rôle consultatif des experts, rappelant que le débat démocratique doit rester central. Elle a salué la décision du Premier ministre de geler le means test de la State Age Pension après écoute de la population. Elle a par ailleurs salué plusieurs mesures budgétaires, dont l’allongement du congé maternité, les programmes éducatifs et le soutien aux PME, tout en appelant à plus de consultations, à une fiscalité plus équitable et à une stratégie claire pour l’emploi face à l’IA.
Adrien Duval : plus que des annonces
Le député du PMSD a appelé le gouvernement à abandonner la réforme de la pension, estimant que la population n’avait jamais validé ces changements. Le Whip de l’opposition a salué le gel du means test mais a plaidé pour un retour au système de pension en vigueur avant les élections. Adrien Duval a aussi critiqué plusieurs aspects du budget, notamment les mesures liées à la consommation, à la sécurité publique et aux gaspillages évoqués dans le rapport de l’Audit. Abordant le dossier des Chagos, il a évoqué un impact financier majeur sur les finances publiques. Selon lui, un budget doit être évalué à l’aune de ses résultats concrets sur le terrain et non uniquement sur ses annonces.