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Vacances avec les enfants

Pas de «holidays» pour votre patience !

8 juillet 2026

Au lancer de savat dodo, qui l’emporte ? Maman ou papa ? C’est à qui conservera le plus longtemps son calme. Les jeux sont ouverts ! Les vacances arrivent (ou sont déjà là pour certains.es) et vous allez prendre/avez pris des congés pour gérer votre tribu. Vous imaginez des matinées paisibles, des pique-niques improvisés, des jeux de société qui se terminent dans les éclats de rire et de doux moments en famille. Mais le fantasme ne dure jamais longtemps, ça vous le savez bien. Ce sera (ou l’est déjà) un violent retour à la réalité : des bagarres avant le petit-déjeuner, des demandes à ne plus finir et des crises de nerfs quand vous débrancherez le wifi !

Vous le sentez, votre patience va en prendre un sacré coup. Rassurez-vous : vous êtes loin d’être seul.e. Les vacances scolaires bouleversent le rythme de toute la famille. Les enfants débordent d’énergie, les journées semblent interminables et, entre les repas, les sorties, les lessives et les sollicitations permanentes, les parents n’en peuvent plus. La bonne nouvelle (il en faut une, non ?) ? La patience n’est pas un superpouvoir. C’est une compétence. Et comme un muscle, elle peut se renforcer. Comment ? Conseils ici.

Pourquoi craque-t-on davantage pendant les vacances ? Les périodes de congé sont souvent plus fatigantes que les semaines d’école. Les horaires disparaissent, les enfants réclament davantage d’attention et les occasions de conflit se multiplient. Les parents, eux, doivent souvent continuer à travailler, gérer la maison ou simplement composer avec une charge mentale qui, elle, ne prend jamais de congés.

La pause qui peut tout changer. Une formule magique ? Un peu. Quelques secondes suffisent parfois à désamorcer une crise. Avant de répondre à une provocation, prenez une grande inspiration. Buvez un verre d’eau. Tournez le dos quelques instants. Regardez par la fenêtre. Ce court moment permet au cerveau de sortir du mode «réaction» pour revenir au mode «réflexion». Les spécialistes expliquent que, sous l’effet du stress, notre cerveau émotionnel prend temporairement le dessus sur notre capacité à raisonner. En clair : répondre dans la seconde est rarement une bonne idée. Plus facile à dire qu’à faire, non ?

Les enfants copient votre météo intérieure. Vous avez sûrement déjà remarqué ce phénomène. Plus vous haussez le ton, plus votre enfant fait de même. À l’inverse, lorsqu’un adulte reste posé, l’orage passe souvent plus vite. Les psychologues appellent cela la «co-régulation émotionnelle». Pour Lauren Marchette, psychologue familiale affiliée à la Harvard Medical School, tout commence par les émotions... des adultes : «Les adultes doivent d’abord reconnaître leurs propres émotions et être capables de les réguler dans les moments difficiles afin d’aider les enfants à développer ces mêmes compétences», écrit-elle dans la Harvard Health Publishing. Autrement dit, impossible d’exiger qu’un enfant retrouve son calme lorsque l’on est soi-même à deux doigts d’exploser. Les jeunes enfants ne savent pas encore apaiser seuls leurs émotions. Ils empruntent celles des adultes qui les entourent. Lauren Marchette résume parfaitement ce mécanisme : «Au cœur de la co-régulation, il y a cette capacité à se connecter à un enfant en détresse et à l’aider à retrouver son calme.» Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il faut tout laisser passer. On peut dire non, poser des limites, sanctionner si nécessaire... mais sans transformer chaque conflit en duel de décibels.

Arrêtez de vouloir être le parent parfait. Just be YOU ! Parce que, faut le dire, les réseaux sociaux ne rendent pas toujours service aux parents. Entre les bricolages créatifs, les goûters faits maison et les sorties dignes d’un catalogue de vacances, on finit par croire qu’il faudrait divertir ses enfants all-day long. Pas forcément ! Comme l’explique la psychologue britannique Tara Porter : «Ce dont les enfants ont le plus besoin, ce n’est pas d’un parent parfait, mais d’une relation suffisamment bonne.» Pour faire simple : aucun de vos mioches ne sera traumatisé parce que vous avez zappé la dernière journée portes ouvertes dans un parc animalier, que vous n’avez pas fait des crêpes et servi dipin-disik pour le trois-heures ou que vous avez déclaré forfait devant une partie de Monopoly qui n’en finissait plus.

Et si l’ennui était une bonne nouvelle ? «Je m’ennuie !» Cette petite phrase a le don de faire grimper la tension en quelques secondes. Pourtant, les spécialistes sont presque unanimes : l’ennui est loin d’être un problème. C’est même un formidable moteur de créativité. Lorsqu’on résiste à la tentation de proposer immédiatement une activité, l’enfant finit souvent par inventer un jeu, construire une cabane avec trois coussins ou transformer une simple boîte en carton en vaisseau spatial. Vous n’êtes pas le comité d’organisation officiel de leurs vacances.

Baissez vos attentes. Vouloir organiser chaque journée est souvent le meilleur moyen d’être frustré. Les psychologues recommandent de prévoir une seule activité importante par jour et de laisser de la place à l’imprévu. Moins d’attentes = moins de déceptions.

Les routines sont vos meilleures alliées. Les vacances ne signifient pas forcément que tout doit être improvisé. Conserver quelques habitudes simples – un horaire de coucher relativement stable, les repas à heures fixes ou un petit rituel du matin – aide énormément les enfants à se sentir en sécurité. Et un enfant moins fatigué est généralement... un enfant plus coopératif. Think about it ! En même temps, ça fonctionne aussi pour vous, non ?

Vous avez crié ? Réparez. Oui, cela arrivera probablement. Parce que vous êtes fatigué.e. Parce que la journée a été longue. Parce qu’il y avait déjà eu 15 disputes avant celle de trop. L’important n’est pas de ne jamais perdre patience, c’est ce qui vient après. Présenter ses excuses à son enfant ne diminue pas l’autorité parentale. Au contraire, cela lui apprend qu’un adulte peut reconnaître ses erreurs et réparer une relation. Un parent qui ne s’énerve jamais ? Ça n’existe pas. Les enfants ont surtout besoin d’un adulte qui leur montre qu’on peut perdre patience... puis respirer, s’excuser, se reconnecter et recommencer.

N’oubliez pas le parent que vous êtes. On pense souvent qu’être un bon parent, c’est être disponible tout le temps. Les psychologues disent exactement l’inverse : un papa ou une maman épuisé.e devient plus facilement irritable, moins patient.e et plus réactif.ve. Accordez-vous une demi-heure pour lire, sortir marcher, boire un café (chaud !), écouter un podcast ou simplement... ne rien faire. Demandez au partenaire, à un grand-parent ou à un.e proche de prendre le relais lorsque c’est possible. Prendre soin de soi n’est pas une récompense. C’est une nécessité.

Une leçon essentielle. Pensez-y quand vous êtes sur le point de sap lor kal ! Les vacances ne sont pas faites pour être parfaites. Il y aura des disputes pour savoir qui choisit le dessin animé, des sorties annulées à cause de la pluie, des moments où vous compterez secrètement les jours avant la rentrée. Et puis il y aura aussi ces fous rires inattendus, les câlins du soir, les conversations improbables en voiture et les souvenirs qui resteront bien après les vacances.

How do they do it?

Sarah Dusmohamud-Labonne : «Mettre en place un planning…»

«Être maman n’est vraiment pas simple surtout quand il faut occuper les enfants pendant les vacances et qu’on travaille de la maison. Comment y arriver ? Mettre en place un planning. Même s’il n’est pas toujours respecté, on essaye de le suivre. Le matin, on fait des activités de coloriage et peinture, puis place aux deux heures de télé. Puis s’il fait chaud, mes enfants vont nager dans la piscine ou faire du vélo dans la cour. Quand je commence à préparer le dîner, ils jouent dans leur parc.»

Sandrine Casquette-Chelmiah : «Respirer et relativiser»

«Déjà une préparation mentale est essentielle ! Ce qui m’aide à garder mon calme, c’est de préparer des activités en amont, comme ça, mon fils ne s’ennuie pas. La journée est remplie : le matin, sport, danse, jeux (avant la sieste). Pendant la sieste, ranger, manger, préparer des activités de l’après-midi et ensuite un petit repos avant d’entamer la deuxième phase (jeux plus calmes : arts and craft, legos et autres). S’il y a des tensions, c’est important de respirer un bon coup et d’essayer de relativiser avant de péter un câble.»

Sailesh : «Reconnaître les moments…»

«Avant les vacances, je me dis toujours que je vais être patient. Et puis, au bout de quelques jours, les disputes, les "Papa, regarde !" toutes les deux minutes et les bêtises finissent par m’user. J’ai appris à reconnaître les moments où je suis à bout. Au lieu de crier, je m’éloigne quelques minutes, je vais boire un verre d’eau ou je respire profondément. Ça paraît tout bête, mais ça m’évite de dire des choses que je regretterais ensuite. J’essaie aussi de me rappeler qu’ils ne cherchent pas à m’énerver : ils sont juste des enfants en vacances.»

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