Qu’est-ce qu’une maladie auto-immune ?
Une maladie auto-immune survient lorsque le système immunitaire de l’animal, normalement chargé de le protéger contre les virus, les bactéries et autres agents étrangers, ne fonctionne plus correctement. «Les maladies auto-immunes chez les animaux sont rares mais peuvent être graves. Le système immunitaire se dérègle et s’attaque aux propres cellules de l’animal, provoquant des symptômes qui peuvent toucher la peau, le sang ou différents organes. Le diagnostic repose sur des examens cliniques et de laboratoire, tandis que le traitement fait principalement appel aux immunosuppresseurs et à une surveillance vétérinaire rapprochée», explique le Dr Jowad Timol, dont les cliniques vétérinaires se trouvent à Albion et à Triolet.
Mais comment se fait-il que le système immunitaire ne reconnaisse plus correctement les cellules de l’organisme comme étant les siennes ? Il faut savoir, souligne notre interlocuteur, que plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition de ces maladies, notamment une prédisposition génétique chez certaines races, des infections virales ou bactériennes, ainsi que des facteurs environnementaux comme le stress ou l’exposition à certaines toxines. «Au niveau cellulaire, les lymphocytes T et les anticorps peuvent alors reconnaître certaines protéines normales de l’organisme comme étrangères. Cette réaction entraîne une inflammation qui peut, avec le temps, endommager les tissus concernés.»
Quels animaux peuvent être touchés ?
Les maladies auto-immunes peuvent toucher aussi bien les chiens que les chats, même si certaines affections sont plus fréquemment observées chez l’une ou l’autre espèce. Certaines races peuvent également présenter une prédisposition à certaines maladies. Elles peuvent apparaître à différents âges à cause de facteurs génétiques, environnementaux ou certains traitements précédents. «En général, les chiens et chats jeunes âgés entre 2 et 7 ans sont les plus concernés et le climat tropical peut favoriser les infections secondaires compliquant les maladies auto-immunes», souligne le spécialiste.
Quelles sont les principales maladies auto-immunes chez les animaux ?
Il existe plusieurs formes de maladies auto-immunes. «Les exemples fréquents sont le lupus, l’anémie hémolytique auto-immune, la thyroïdite, le diabète sucré ou les dermatites auto-immunes.» En effet, on parle de lupus érythémateux systémique qui peut affecter plusieurs parties de l’organisme, de pemphigus, qui touche principalement la peau et peut provoquer des croûtes, des lésions ou une perte de poils. Certaines maladies auto-immunes se développent dans le sang. L’anémie hémolytique, par exemple, entraîne la destruction des globules rouges par le système immunitaire. D’autres peuvent faire baisser le nombre de plaquettes et provoquer des saignements. Les articulations peuvent aussi être atteintes, causant des douleurs et des difficultés à se déplacer.
Quels signes doivent alerter le propriétaire ?
Lorsque ce cas de figure se produit, le corps envoie plusieurs signaux. En effet, cela peut provoquer des inflammations et endommager différents organes ou tissus. Selon la maladie, la peau, le sang, les articulations ou encore plusieurs organes peuvent être concernés. C’est ce que nous explique le Dr Jowad Timol. «Au niveau de la peau, on peut observer des lésions, des croûtes ou encore des zones de dépilation circulaires. Du côté du sang, l’anémie peut provoquer de la fatigue et une pâleur des muqueuses. La thrombocytopénie, quant à elle, peut favoriser les saignements. Lorsque le système endocrinien est touché, l’animal peut développer une hypothyroïdie, avec notamment de la léthargie et une prise de poids, ou encore du diabète. Sur le plan neurologique ou musculaire, une faiblesse musculaire peut apparaître, voire une paralysie partielle, comme dans le cas de la myasthénie grave.» Les signes dépendront de la maladie et de la partie de l’organisme qui a été attaquée. Comme ces symptômes peuvent être associés à de nombreuses autres maladies, une consultation vétérinaire est nécessaire pour déterminer leur origine.
**Est-ce grave docteur ? **
Oui. Les maladies auto-immunes ne sont pas banales. Leur gravité dépend toutefois du type de maladie, de l’organe concerné et de la rapidité de la prise en charge. «Le diagnostic vétérinaire se fait grâce à un examen clinique et l'observation des symptômes et antécédents ainsi qu'à des analyses sanguines et des biopsies pour la confirmation histologique des lésions. Aussi, chez Vétérinaire Mauritius Albion 24/7 et Triolet 7/7, on peut faire des tests spécialisés comme l’immunofluorescence, le dosage hormonal de la thyroïde et du cortisol. Le diagnostic est souvent complexe et nécessite d’exclure d’autres causes comme les infections, cancers et allergies.»
Les conclusions permettront alors de déterminer le protocole de traitement. «Les traitements disponibles sont des corticostéroïdes, des immunosuppresseurs utilisés si les corticoïdes sont insuffisants ou ont des effets secondaires et des soins de soutien – alimentation adaptée, contrôle des infections secondaires, suivi régulier. Le pronostic est variable selon la maladie et la réponse au traitement.» Il arrive aussi que certaines affections soient chroniques et nécessitent un traitement à vie.