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Rapport du PRB : les syndicats du ministère de la Santé appellent à une révision

24 janvier 2026

Amarjeet Seetohul, président du Ministry of Health Employees Union.

Le vendredi 23 janvier, le Ministry of Health Employees Union, en collaboration avec la Federation of Public Sector and Other Unions (FPSOU), a tenu une conférence de presse à la Jade Court, à Port-Louis. L’objectif : exprimer le profond mécontentement des fonctionnaires face au rapport du PRB et alerter sur les conséquences humaines et socio-économiques de ces décisions, qui, selon eux, compromettent non seulement l’avenir des travailleurs du secteur de la santé, mais aussi celui du pays tout entier.

Quand on parle de croissance économique, on évoque souvent les investissements, le secteur privé ou encore les grands projets de développement. Pourtant, un pilier essentiel de l’économie reste trop souvent relégué au second plan : le secteur public. Au cœur de ce dernier, le système de santé joue un rôle fondamental dans le bien-être de la population et dans la stabilité socio-économique du pays. Or, depuis plusieurs mois, les hôpitaux font face à une pénurie alarmante d’infirmiers, mettant en péril le bon fonctionnement des services et alourdissant la charge de travail du personnel en poste. Face à cette situation, les syndicats montent au créneau depuis plusieurs mois pour dénoncer, entre autres, le manque de personnel, la révision du Scheme of Service, les dispositions du rapport du Pay Research Bureau (PRB) ainsi que les contraintes liées au Continuous Professional Development (CPD).

Afin de mieux comprendre cette situation, nous avons recueilli l’avis du président du Ministry of Health Employees Union, Amarjeet Seetohul. Selon lui, le rapport du PRB, publié récemment, soulève de nombreux points de litige. «À la lecture de ce rapport, nous constatons effectivement qu’il existe plusieurs dispositions avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord», affirme-t-il. Lors d’une conférence de presse le vendredi 23 janvier, organisée par le Ministry of Health Employees Union en collaboration avec la Federation of Public Sector and Other Unions, Amarjeet Seetohul a également insisté sur la nécessité urgente de revoir certaines dispositions clés du rapport du PRB, notamment en ce qui concerne la relativité salariale. Selon le président du Ministry of Health Employees Union, une véritable révision salariale aurait dû être entreprise par les autorités afin de garantir une meilleure équité entre les différentes catégories de fonctionnaires.

«Dans le précédent rapport du PRB, un general worker percevait un salaire de Rs 10 200. Après révision, ce montant est passé à Rs 17 500. À partir de là, il était logique de procéder à une révision globale des salaires dans la fonction publique», explique-t-il. Or, à la lecture du nouveau rapport, le syndicat constate que cet exercice n’a pas été réalisé, laissant de nombreux employés avec le sentiment d’être oubliés. D’ailleurs, Amarjeet Seetohul souligne qu’à l’issue d’une réunion avec le cabinet ministériel, il a été indiqué que le rapport du PRB ne sera pas appliqué dans son intégralité. «Il nous a été communiqué qu’en 2026, l’implémentation du rapport ne sera effective qu’à 50 %», nous précise-t-il. Pour le syndicaliste, cette décision va à l’encontre même de l’esprit du PRB. «En analysant le rapport, il est clairement indiqué que celui-ci doit être appliqué dans sa globalité. Lorsque le cabinet décide d’une implémentation partielle, cela contredit la philosophie même du PRB», affirme-t-il.

Un autre point de vive préoccupation soulevé lors de cette conférence de presse concerne le passage benefit accordé aux fonctionnaires. Amarjeet Seetohul reconnaît d’emblée le contexte économique difficile que traverse le pays, mais estime que les mesures annoncées pénalisent davantage des employés déjà fragilisés. «Nous sommes conscients de la situation économique actuelle. Auparavant, un employé pouvait réclamer jusqu’à 90 % du montant qui lui était attribué au titre du passage benefit. Certains utilisaient cette somme pour faire face à des besoins personnels essentiels. Aujourd’hui, le ministère a pris la décision, dans le cadre du PRB, de limiter ce montant à 50 %», déplore-t-il. Selon le président, cette décision impact sur le moral des fonctionnaires.

De plus, dans un contexte marqué par une pénurie croissante de personnel dans le secteur de la santé, la suppression du Sunday Allowance figure également parmi les principales préoccupations exprimées par les syndicats. Une mesure qui, selon eux, intervient à un moment particulièrement critique pour le système hospitalier public. «Il est important de comprendre que cette décision aura un impact considérable sur l’ensemble du système économique, alors même que le secteur hospitalier traverse une crise sans précédent», explique Amarjeet Seetohul. Il rappelle que le Sunday Allowance constituait bien plus qu’un simple avantage financier. «Cette allocation représentait une véritable source de motivation pour les employés. Ce n’était pas seulement dans l’intérêt du personnel, mais aussi dans celui du public», souligne-t-il. Selon le président de la Ministry of Health Employees Union, la suppression de cette allocation risque d’affecter directement la qualité des soins.

Pour conclure, à l’issue de cette conférence de presse, le Ministry of Health Employees Union a indiqué qu’il se concertera avec d’autres fédérations et syndicats en vue d’une éventuelle manifestation. Une mobilisation envisagée pour exprimer la colère, mais aussi la profonde frustration des fonctionnaires, en particulier du personnel du secteur de la santé, face aux dispositions du rapport du PRB.

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