Les faits remontent au 7 juillet dernier, en début de soirée. Ce serait après avoir effectué une livraison à moto que ce marchand de pommes d’amour, âgé de 63 ans et domicilié à La Tour Koenig, aurait perdu le contrôle de son deux-roues et dérapé aux abords de la Nationale, à Bell-Village, non loin de la station service Total. Ayant subi de graves blessures, il a d’abord été conduit à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo pour y recevoir les premiers soins et y a été admis. «Le premier jour, il avait connaissance. Il s’exprimait difficilement, mais m’avait dit qu’il se souvenait uniquement d’avoir été victime d’un malaise à moto, et qu’il ne se rappelait pas de ce qui s’était passé ensuite», relate sa fille unique, Naiha. Blessé à la colonne vertébrale et ayant eu le nerf central bloqué, il n’avait plus aucun touching sense. Il avait également le poumon sévèrement endommagé suite au choc, ayant entrainé une respiration difficile.
Deux jours plus tard, Kritannand Madrah a été transféré à l’hôpital Victoria, à Candos, et a été admis au Spine Unit. Il a subi une première intervention chirurgicale à la colonne vertébrale le 11 juillet, avant d’être placé sous sous respiration artificielle au département des soins intensifs. «Au bout de trois jours, il a regagné connaissance, mais quelques jours plus tard, les médecins ont dû l’intuber à nouveau à cause de ses difficultés respiratoires. Depuis, il a regagné et perdu connaissance à plusieurs reprises. So leta pa ti stab. Li ti endormi pli souvan.» Une semaine avant son décès, poursuit Naiha, «nous avions rencontré son médecin. Il nous avait expliqué que son opération à la colonne vertébrale s’était bien passée, mais que c’était l’état de son poumon qui posait problème. Il voulait attendre que son état de santé s’améliore avant de pouvoir lui faire subir une nouvelle intervention chirurgicale». Hélas, son instabilité clinique ne lui aura pas permis d’être opéré au poumon. Il a fini par rendre l’âme dans la soirée du dimanche 2 août.
Kritannand Madrah était marchand de pommes d’amour au marché central, où on le surnommait Koulous. Sa fille le décrit comme un homme «strict, sévère et très protecteur, mais qui a toujours veillé à ce que ma mère et moi ne manquions de rien. Il n’a jamais été du genre à exprimer ses émotions, mais avait le cœur sur la main. Il venait en aide à tous ceux qu’il croisait, même ses clients». Travailleur, «il se donnait corps et âme à son métier malgré la fatigue». Elle relate que sa famille avait gardé espoir de le voir s’en remettre, «mais lorsque nous avons vu son état de dégrader quelques jours avant son décès, nous savions qu’il ne tiendrait pas le coup. Nous sommes dévastés de l’avoir perdu, mais soulagés de le voir libéré de tant de souffrance». Elle regrette tout de même de ne pas avoir pu effectuer avec lui le séjour qu’ils projetaient de faire à Rodrigues.
Les funérailles de Kritannand Madrah ont eu lieu ce mardi 4 août.