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Par Elodie Dalloo
21 février 2026 19:21
C’est une sortie entre amis qui a pris une tournure tragique le lundi 16 février. Ce jour-là, Prayass Jowaya, plus connu sous le nom d’Ayush, âgé de 20 ans, s’était rendu à la plage de Mont-Choisy avec ses camarades d’enfance pour y passer un bon moment mais il est mort noyé après être allé se baigner. Sa mère Anusha, effondrée, témoigne.
La perte d’un enfant est une épreuve si douloureuse qu’elle laisse les mots impuissants. Elle peut l’être davantage lorsqu’il s’agit de la disparition d’un enfant unique puisque son départ ne brise pas seulement le présent de ses parents mais anéantit également toute forme de futur projeté, notamment l’espoir d’être un jour grands-parents. Le lundi 16 février, la vie du père et de la mère de Prayass Jowata, plus connu sous le nom d’Ayush, a été bouleversée à jamais par un drame imprévisible. Dans la matinée, le jeune homme, âgé de 20 ans, s’est rendu à la plage de Mont-Choisy avec des amis mais ce qui devait être un moment de détente a pris une tournure tragique. Il a perdu la vie après s’être retrouvé en difficulté dans l’eau.
Il était environ 10 heures lorsqu’Ayush a quitté son domicile, à Fond-du-Sac, pour se rendre à la plage de Mont-Choisy avec ses amis d’enfance, qui habitent la même localité. Après avoir passé la semaine précédente à converger vers Grand-Bassin et dit leurs prières au temple le jour de la fête de Maha Shivaratree, le petit groupe se réjouissait de cette petite escapade pour se relaxer. Hélas, ce moment de décompression s’est transformé en un funeste tête-à-tête avec le destin.
D’après Anusha, la mère du jeune homme, son décès relève d’un véritable coup du sort : «Ayush ne nageait jamais. Il détestait ça. Je ne comprends toujours pas pourquoi il a voulu aller dans l’eau ce jour-là.» C’est au moment où il se baignait, aux alentours de 16h30, qu’il s’est retrouvé en difficulté dans le lagon. Lorsqu’il a été ramené à la plage par des volontaires, il avait déjà perdu connaissance. Alertée, les éléments de la National Coast Guard (NCG) se sont rendus sur les lieux et ont entamé les manœuvres de réanimation, sans succès. Ayush a alors été amené à l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam où son décès a été constaté.
«Lorsque la mauvaise nouvelle est tombée, j’étais au travail. J’ai appris son décès de mes proches qui m’ont contactée après que ses amis sont venus à la maison pour nous l’annoncer», relate Anusha. Sans tarder, elle s’est rendue à l’hôpital Jeetoo, où le corps du jeune homme avait été transféré en vue d'une autopsie. L’examen, conduit par le Dr Maxwell Monvoisin, Principal Police Medical Officer (PPMO), a attribué le décès à une asphyxie provoquée par la noyade.
Ayush, dont les parents étaient séparés depuis des années, vivait chez son père mais était resté très proche de sa mère. «Mon fils et moi avons toujours eu de très bonnes relations même s’il ne vivait pas avec moi. Sak fwa li ti pe sonn mwa avek mo mama pou fer nou kone ki li pe fer, kot li pe ale», raconte Anusha. Elle ne retient pas ses larmes lorsqu’elle évoque le «bon zanfan» qu’Ayush était. «Li ti pe koze riye ar zot tou, personn pa kapav pwint li ledwa. Li ti pe ed tou dimounn san mem ki bizin demann li. Monn perdi sel zanfan mo ti ena ; li pa fasil.» Débrouillard, Ayush faisait de son mieux pour ne pas avoir à dépendre de ses parents. «Il cumulait des petits boulots. Il travaillait comme maçon, comme peintre, et parfois dans un car wash. Kot li ti pe gagn travay li ti pe ale.» Selon sa mère, il était un passionné de technologie et l’informatique n’avait aucun secret pou lui.
À seulement 20 ans, Ayush s’était certainement imaginé qu’il avait encore toute la vie devant lui. Hélas, son existence s’est brusquement achevée avant qu’il puisse concrétiser toutes les aspirations qui l’animaient.
Trois autres noyades à déplorer, dont deux à Albion
La semaine s’est avérée particulièrement meurtrière pour les baigneurs. Après Prayass Jowata, trois autres personnes ont perdu la vie dans des circonstances presque similaires. Dans la matinée du mardi 17 février, le corps sans vie de Lochun Teeluck, aussi connu sous le nom de Satish, a été repêché dans le lagon. Aux petites heures du matin, la disparition de cet habitant de Quatre-Bornes âgé de 58 ans a été signalée à la police par ses amis, avec lesquels il s’était rendu dans les parages d’îlot Malais, à Rivière-Noire, la veille, pour une partie de pêche. Ces derniers ont indiqué aux officiers qu’ils pêchaient des crustacés lorsque le quinquagénaire s’est soudainement volatilisé. Plusieurs unités de la force avaient été mobilisées pour les recherches.
Deux jours plus tard, soit ce jeudi 19 février, deux autres personnes sont mortes noyées à Albion. Vers 14 heures, ce jour-là, un individu a informé la police qu’un homme semblait être en difficulté dans le lagon, dans les parages de la Fish Landing Station, puisque son corps flottait dans l’eau. Lorsque les policiers se sont rendus sur les lieux, des volontaires l’avaient déjà sorti du lagon. Les tentatives de le réanimer s’étant avérées vaines, le SAMU a été sollicité pour le transférer à la Medi Clinic de Petite-Rivière. Hélas, son décès y a été constaté. La victime est Lai Hang Tsang Lai Su Chong, un habitant d’Albion âgé de 74 ans.
Aux alentours de 17 heures, le même jour, c’est toujours non loin du Fish Landing Station, à Albion, qu’un autre corps a été découvert. Suite à une requête d’un membre du public, les forces de l’ordre ont trouvé un jeune homme allongé sur la plage, inconscient. Il s’agissait de Jonathan Hahave, un habitant de Résidence Kennedy, Quatre-Bornes, âgé de 24 ans. N’ayant pas pu le réanimer, les éléments de la NCG ont sollicité le SAMU pour qu’il soit transféré à la Medi Clinic de Petite-Rivière. Sur place, un médecin n’a pu que confirmer sa mort. Dans les trois cas, une autopsie a attribué le décès à une asphyxie provoquée par la noyade.
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