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Quand Alain Auriant chante les droits humains pour éveiller les consciences

«Si ces chansons inspirent un jeune, notre mission est accomplie»

13 mars 2026

Alain Auriant lance un pressant appel aux Mauriciens afin qu'ils apportent leur soutien à cette cause.

Artiste et citoyen engagé, Alain Auriant défend avec passion les droits humains. Avec son association, le Mouvement Forces Vives Quartier E.D.C. de Rose-Belle, il a lancé l’album Chantons les droits humains pour sensibiliser et transmettre ces valeurs de manière vivante et accessible à la jeune génération. Pour cela, l’association travaille sur un projet de distribution de kits éducatifs incluant une clé USB permettant d’organiser des karaokés avec des chansons originales sur les droits des enfants, des femmes, des personnes en situation de handicap ou des seniors. Le projet aborde également des thèmes comme le respect, la dignité, la liberté et la justice, afin de stimuler la réflexion, développer l’empathie et encourager l’engagement citoyen. Alain Auriant nous en parle et invite les Mauriciens à participer à ce projet à travers la campagne de levée de fonds en cours sur la plateforme Small Step Matters.

Vous venez de lancer une campagne de levée de fonds. En quoi consiste-t-elle ?

En effet, nous avons lancé une campagne de levée de fonds avec le soutien de la plateforme Small Step Matters. Cette initiative vise à soutenir un projet d’éducation aux droits humains à travers un médium qui touche directement les consciences et les émotions : la chanson. L’objectif est de transmettre des valeurs fondamentales liées aux droits humains d’une manière simple, accessible et vivante. Trop souvent, ces notions restent confinées dans des textes juridiques ou dans des discours institutionnels. Nous avons voulu les faire entrer dans la culture populaire afin que chacun puisse s’y reconnaître et s’y identifier.

Pouvez-vous nous rappeler la mission du Mouvement Forces Vives Quartier E.D.C. à Rose-Belle ?

Le Mouvement Forces Vives Quartier E.D.C., Rose-Belle est une organisation communautaire engagée depuis plusieurs années auprès des familles vivant dans des situations de pauvreté et de vulnérabilité sociale. Notre mission consiste à accompagner ces familles à travers l’éducation, la formation et l’autonomisation. À travers nos initiatives et nos centres communautaires, notamment l’Atelier Sa Nou Vize, nous travaillons avec les enfants, les jeunes et les parents afin de créer des opportunités d’apprentissage, de développement personnel et d’intégration sociale. Notre conviction est simple. L’éducation reste l’un des moyens les plus puissants pour sortir durablement de la pauvreté.

Vous menez en ce moment une collecte de fonds. Quel en est l’objectif ?

La collecte de fonds vise à soutenir la diffusion d’un projet éducatif original autour de l’album Chantons les droits humains. Nous souhaitons produire et distribuer des coffrets pédagogiques contenant les dix chansons de l’album, en version audio ainsi qu’en version karaoké. Ces coffrets seront offerts gratuitement aux écoles, collèges, universités et ONG de Maurice, de Rodrigues et d’Agaléga. L’idée est de permettre aux enseignants, aux éducateurs et aux jeunes eux-mêmes d’utiliser ces chansons comme outil pédagogique pour aborder les valeurs et les principes fondamentaux des droits humains.

La campagne se fait via la plateforme Small Step Matters sous forme de cagnotte privée. Pourquoi ce choix ?

La collecte de fonds se fait effectivement à travers la plateforme Small Step Matters, sous la forme d’une cagnotte privée. Ce choix est volontaire et tient à la nature même du projet. Chantons les droits humains est avant tout une initiative artistique portée personnellement par l’artiste, même si elle s’inscrit naturellement dans l’esprit et les valeurs du travail social mené depuis longtemps au sein du Mouvement Forces Vives.

Cette formule permet une plus grande souplesse dans la production et, surtout, dans la distribution des supports éducatifs. L’objectif est de pouvoir remettre directement les coffrets pédagogiques aux établissements éducatifs et aux organisations de la société civile, sans passer par des procédures administratives plus lourdes qui accompagnent généralement les projets institutionnels. L’essentiel reste que les fonds collectés servent exclusivement à produire et à diffuser ces outils pédagogiques autour des droits humains.

L’album «Chantons les droits humains» a déjà été lancé en décembre 2025. Que souhaitez-vous développer aujourd’hui autour de ce projet ?

L’album comprend dix titres qui abordent, chacun. une dimension particulière des droits humains. L’une de ces chansons, Parlons-en, parlons-en, évoque notamment les droits des femmes et la nécessité de briser certains silences qui persistent encore dans nos sociétés.

L’album a été lancé en décembre 2025 dans le cadre de la Journée internationale de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Aujourd’hui, nous souhaitons prolonger ce travail en donnant une nouvelle visibilité à certaines chansons à travers des vidéoclips et une diffusion plus large auprès du public et des institutions éducatives.

Pourquoi avoir choisi de créer et de distribuer des kits éducatifs aux institutions ?

Nous avons estimé que pour qu’un projet éducatif ait un véritable impact, il devait être simple à utiliser et facilement accessible. C’est pour cette raison que nous avons conçu des coffrets pédagogiques sous forme de clés USB contenant l’album complet en version audio, les versions karaoké ainsi que les liens permettant d’accéder aux vidéoclips produits autour des chansons.

Ces coffrets seront distribués gratuitement aux écoles, collèges, universités et ONG. L’idée est de permettre aux enseignants et aux éducateurs d’utiliser ces chansons dans leurs activités pédagogiques ou culturelles. Chanter est une manière naturelle d’apprendre. Souvent, sans même s’en rendre compte, un jeune qui reprend un refrain est déjà en train d’assimiler un message important sur les droits humains.

La sensibilisation semble être au cœur de cette initiative. Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce projet ?

La sensibilisation constitue une dimension essentielle de ce projet. Nous sommes conscients qu’une initiative qui utilise la musique comme outil d’éducation aux droits humains peut surprendre ou susciter des interrogations. Il faudra convaincre les partenaires potentiels de soutenir cette démarche et encourager les institutions éducatives à s’y intéresser.

C’est un travail qui demande de la patience, de la persévérance et un véritable dialogue avec les différents acteurs concernés. Mais nous pensons que la musique possède une capacité particulière à toucher les esprits et à ouvrir des discussions là où les approches plus formelles rencontrent parfois des limites.

Quel appel souhaitez-vous lancer aux Mauriciens pour soutenir cette initiative ?

Je lance un appel sincère aux Mauriciens pour soutenir cette initiative. Ce projet est peut-être nouveau dans sa forme, mais son objectif est profondément universel. Il s’agit de faire vivre les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme dans notre société.

On dit souvent que chanter des chants spirituels revient à prier deux fois. Je suis convaincu que chanter les droits humains peut avoir un impact comparable. Si ces chansons permettent d’éveiller une conscience, de susciter une réflexion ou d’inspirer un jeune quelque part dans notre pays, alors ce projet aura déjà accompli une part essentielle de sa mission.

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