Tout bascule en quelques secondes. D’abord, un grondement sourd, presque irréel. Puis, le sol se met à vibrer sous les pieds. Les murs tremblent, les vitres claquent, les objets vacillent. Le corps cherche instinctivement son équilibre. Le cœur s’emballe. Dans la tête, une seule question : «Qu’est-ce qui se passe ?» La peur monte, brutale. Certains crient, d’autres restent figés, incapables de bouger. Chaque secousse semble interminable. Aux alentours, tout devient bruit, mouvement, confusion. On entend des chocs, des craquements, des cris, des pleurs... Et lorsque la terre finit par se calmer, le silence paraît presque plus terrifiant. Alors que le choc, lui, continue de résonner.
Puis, il y a les images, ces paysages de chaos, le silence... Un silence lourd, presque irréel. Là où se dressaient des immeubles, il ne reste parfois que des amas de béton. Les routes sont éventrées, les infrastructures détruites, les maisons ravagées. Le sol s’est ouvert, la nature elle-même semble défigurée. Et puis arrivent les chiffres. Froids. Implacables. Des morts, des disparus, des familles qui ont tout perdu.
Derrière chaque nombre, pourtant, une vie. Une chaise désormais vide. Un prénom que l’on n’entendra plus. Des familles meurtries, plongées dans le traumatisme, le cauchemar et la détresse. Le désarroi laisse place aux questions : comment reconstruire ? Comment recommencer quand tout s’est effondré ? Et que dire de l’attente qui s’étire. Longue, douloureuse, insoutenable.
Sous les décombres, les secouristes qui cherchent encore et encore. Chaque bruit fait retenir son souffle. Chaque mouvement ravive l’espoir. Car parfois, au milieu du désastre, surgit un miracle : celui d’un survivant, d’un miraculé arraché à la mort. Ces derniers temps, des milliers de personnes dans le monde ont vécu cette horrible réalité : celle des tremblements de terre qui ont bouleversé bien des vies. C’est ce qui se passe ces derniers jours en Indonésie. Car plusieurs jours après, le pays compte encore ses morts. Cela depuis le samedi 15 août, à 5h58, quand un puissant séisme de magnitude 7,7 a frappé au large de l’île de Flores, dans la province des Petites îles de la Sonde orientales. L’épicentre se trouvait à environ 68 km au nord-ouest d’Ende, à seulement 10 km de profondeur.
Conséquence : des glissements de terrain, des bâtiments effondrés et même des vagues atteignant 1,61 mètre ont suivi. Les régions de Sikka, Nagekeo, Ngada, Manggarai et Manggarai oriental figurent parmi les plus durement touchées. Des routes sont coupées, des villages isolés, des maisons détruites et des infrastructures endommagées. Près de 12 000 habitations ont été touchées, tandis qu’environ 40 000 personnes ont été déplacées.
Et le bilan donne le vertige : au-delà d’une cinquantaine de morts et plus de 1 000 blessés. Depuis, l’urgence se poursuit. Les secouristes recherchent encore les victimes, l’aide est acheminée par voie aérienne et des milliers de sinistrés vivent sous des tentes, hantés par les répliques. Près de 1 600 secousses ont déjà été enregistrées dans la région et pendant ce temps, malgré tout, l’Indonésie tente désormais de panser ses plaies. Mais pour les familles qui ont tout perdu, le véritable combat ne fait que commencer.
L'Indonésie
Un combat que mènent aussi les habitants de la Colombie. Le 10 août, tôt le matin, la Colombie a basculé dans le chaos. Un séisme de magnitude 7,4, dont l’épicentre se situe près de San José del Palmar, dans le Chocó, secoue violemment l’ouest du pays. Cali, Pereira, Manizales, Quibdó et de nombreuses localités ressentent la puissance des secousses. Les images qui circulent sont saisissantes : immeubles éventrés, façades effondrées, rues jonchées de gravats.
À Cali et Pereira, habitants et secouristes ont creusé à mains nues les décombres, dans l’espoir d’entendre une voix, un souffle. Le bilan de ce drame donne le vertige : près de 300 morts, des milliers de blessés et des centaines de disparus sont recensés. Plus de 100 000 logements ont été détruits ou endommagés, tandis que des dizaines de milliers de personnes se retrouvent sinistrées Aujourd’hui, la Colombie tente de se relever. Les opérations de recherche laissent progressivement place à l’aide humanitaire et à la reconstruction. Mais sous les gravats, les familles attendent encore. Et chaque réplique rappelle que le cauchemar n’est pas tout à fait terminé.

Car vivre un tremblement de terre est une expérience qui affecte et qui marque. Ce n’est pas notre compatriote Nandini Tanya Lallmon qui a vécu celui en Colombie qui dira le contraire. «Je suis arrivée à Cali en Colombie le samedi 8 août. Le séisme du lundi 10 août était extrêmement effrayant. On a commencé à voir des objets qui tombaient des étagères, des lampadaires qui s’écroulaient, des meubles qui bougeaient et le sol qui vibrait. Malgré tout cela, on a pu sortir du bâtiment en empruntant les issues de secours. Heureusement que le bâtiment où je me trouvais a tenu le coup mais ça n’a pas été le cas ailleurs. L’évacuation s’est faite dans une grande confusion. Il était tôt, certains étaient sortis en pyjamas, d’autres pieds nus, sans leurs lunettes ou encore sans leur téléphone. Pas loin de là où j’étais, il y a des bâtiments qui se sont effondrés», nous confie notre compatriote.
Les heures qui ont suivi le séisme, raconte Nandini, n’ont pas été de tout repos : «Dans la soirée du 10 août, il y avait un couvre-feu, tout était fermé et on ne pouvait pas sortir. Tous les événements avaient aussi été annulés. Le mardi 11 août, il y avait une nouvelle alerte et on a fait une évacuation d’urgence de là où on était mais heureusement que ce n'était qu’une fausse alerte. On a dû faire face à un problème d’approvisionnement en eau. Certaines régions n’avaient pas d’électricité et il y avait aussi des problèmes de connexion à Internet...»
La Mauricienne n’aurait jamais imaginé vivre une telle chose dans sa vie. «Je suis très reconnaissante envers les Colombiens qui m’ont soutenue et aidée à vivre cette épreuve très traumatisante. Je me suis jointe aux mouvements de solidarité pour venir en aide aux gens affectés dans d’autres régions», confie notre compatriote qui n’oubliera jamais cette expérience traumatisante qu’elle a vécue quand la terre a tremblé sous ses pieds...
