À chaque étape, c’est un pas de plus pour une meilleure inclusion. Depuis son lancement en 2025, Hidden Disabilities Sunflower Mauritius œuvre pour une meilleure inclusion des personnes vivant avec des handicaps et pathologies invisibles, offrant aussi un soutien et un encadrement à leurs familles. Après plusieurs initiatives, dont la mise en place de groupes de soutien et de psychoéducation pour les personnes vivant avec un trouble bipolaire, l’association souhaite aujourd’hui aller encore plus loin dans son engagement en élargissant son champ d’actions pour toucher d’autres pathologies de la santé mentale.
Hidden Disabilities Sunflower Mauritius, dont la mission est de briser les tabous, de lutter contre la stigmatisation et de favoriser une meilleure compréhension face à ces réalités qui restent encore aujourd’hui méconnues, travaille actuellement sur un nouveau projet. En 2027, l’association prévoit d’ouvrir La Maison Sunflower, un lieu qui regroupera ses locaux, ses groupes de soutien, ses ateliers de psychoéducation et ses activités occupationnelles. D’ailleurs, une campagne de levée de fonds a actuellement lieu sur la plateforme Small Step Matters afin de trouver le financement nécessaire à la mise en place de cet espace.
À travers cette nouvelle structure, souligne Nadjah Abbasakoor, fondatrice de The Sunflower Charitable Foundation, orthophoniste et directrice de the Inclusion Station, l’ONG souhaite offrir un accompagnement plus régulier et professionnel à un plus grand nombre de bénéficiaires. «Depuis la création de la Sunflower Foundation à Maurice, nous avons beaucoup travaillé sur la sensibilisation et la reconnaissance des pathologies invisibles à travers le lanyard et nos actions de formation. Mais au fil des rencontres avec les patients et leurs proches, un constat s’est imposé : la sensibilisation ne suffit pas. Les personnes vivant avec une pathologie invisible – trouble bipolaire, dépression, TDAH, anxiété, entre autres – ont besoin d’un espace stable, sécurisant, où elles peuvent être écoutées sans jugement et accompagnées dans la durée. La Maison Sunflower répond à ce besoin très concret : offrir un lieu permanent, dédié, où l'accompagnement ne dépend plus uniquement du bénévolat, mais devient une structure professionnelle pérenne.»
Cette structure vise à offrir un espace d’écoute, de partage et d’entraide, tout en donnant aux participants des outils pour mieux vivre avec leur pathologie. Libérer la parole à travers la psychoéducation permet de favoriser l’acceptation et de mieux vivre avec le trouble. «La première chose que ces groupes nous ont appris, c'est à quel point l'isolement pèse – pas seulement sur les patients, mais aussi sur leur entourage, souvent oublié dans l'accompagnement. Beaucoup de participants nous disent que le simple fait de mettre un nom sur ce qu'ils vivent est déjà un immense soulagement. Nous avons aussi constaté que les familles ont besoin de leur propre espace de parole, distinct de celui des patients, pour apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs d’une crise et à réagir avec les bons outils. Enfin, la demande dépasse largement notre capacité actuelle : nous accompagnons aujourd’hui près de 25 bénéficiaires par mois sur une base essentiellement bénévole, ce qui montre combien ce besoin était resté sans réponse structurée jusqu’ici.»
Pour aller encore plus loin, cette nouvelle structure, qui devrait accueillir 50 bénéficiaires par semaine, deviendra donc un véritable lieu d’accueil et de soutien permanent. «La Maison Sunflower transformera un accompagnement ponctuel et dispersé en un parcours de soin continu, dans un lieu identifié et permanent. Au lieu de sessions isolées organisées selon les disponibilités bénévoles, les patients et leurs proches pourront compter sur une présence régulière, un cadre thérapeutique stable et une équipe dédiée à temps plein. C’est aussi la possibilité de réunir sous un même toit le soin clinique, les ateliers créatifs et les activités de mieux-être pour une prise en charge plus complète de la personne, au-delà du seul symptôme.»
Groupes de soutien
La Maison proposera ainsi de manière plus régulière des groupes de soutien et de psychoéducation autour de la bipolarité, de la dépression et du TDAH (trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), ainsi que des groupes spécialement destinés aux proches et aux familles. Elle accueillera également des ateliers occupationnels et créatifs, comme l’écriture créative et l’art-thérapie. Des activités complémentaires telles que le yoga, le tai-chi ou encore le coaching vocal, qui contribuent à mieux gérer le stress et les facteurs susceptibles de déclencher une crise, seront aussi proposées ainsi que des conférences publiques animées par des professionnels de santé.
Pour mettre tout cela à exécution, souligne Nadjah Abbasakoor, l’association prévoit aussi de recruter un responsable à temps plein et un psychologue clinicien. «La bonne volonté ne suffit pas quand il s'agit de santé mentale. Un psychologue clinicien, apporte la rigueur, la sécurité et l'expertise nécessaires pour animer ces séances de façon adaptée, repérer les signaux à risque et orienter vers des soins complémentaires quand c'est nécessaire. C'est aussi une question de confiance : les patients et les familles doivent savoir qu'ils sont accompagnés par des professionnels formés, et non uniquement par des bénévoles engagés – aussi précieux soient-ils. Professionnaliser cet accompagnement, avec un psychologue et un responsable de fondation à temps plein, c'est garantir la qualité et la pérennité du service.»
Cette ambition ne pourra toutefois pas se concrétiser sans la mobilisation du public et du secteur privé d’où le vibrant appel de l’association pour qu’elle puisse recevoir l’aide nécessaire à la réalisation de ce projet. «Nous espérons que la Maison Sunflower devienne un véritable filet de sécurité pour celles et ceux qui vivent avec une pathologie invisible à Maurice : un endroit où l’on se sent reconnu, écouté et accompagné, et où l’isolement et la stigmatisation reculent enfin. Ce projet ne peut se concrétiser sans le soutien du public. Chacun peut contribuer dès Rs 25 via la plateforme de crowdfunding Small Step Matters (smallstepmatters.org), partager la campagne autour de soi, ou encore encourager son entreprise à devenir partenaire à travers un financement CSR – essentiel pour assurer la pérennité de la Maison au-delà de son ouverture. Chaque contribution, petite ou grande, nous rapproche de l’ouverture prévue au premier trimestre de 2027.» À vous de jouer.