Elle est venue à l’hôpital pour donner la vie à son quatrième enfant. Mais depuis cet accouchement, cette jeune mère de 26 ans vit dans l’angoisse. Son nouveau-né est toujours admis aux soins intensifs néonatals, sous respiration artificielle, alors que des saignements au cerveau ont été constatés. Elle affirme également avoir eu de fortes douleurs et des complications après l’accouchement. Elle a porté plainte à la police pour dénoncer ce qu’elle estime être une négligence médicale.
Depuis plusieurs jours, cette maman ne vit plus que dans l’attente d’une bonne nouvelle. Chaque jour, elle se rend à l’hôpital pour voir son petit garçon, né le 13 août dernier. Mais au lieu de pouvoir le prendre dans ses bras, elle le regarde lutter pour sa vie, entouré d’appareils médicaux. «Mon bébé est toujours admis à la NCIU. Son état est encore critique. À ce jour, tous ses examens montrent qu’il a des saignements au niveau du cerveau. Le personnel médical ne m’a pas encore dit ce qui provoque cela. Il est sous respiration artificielle», confie-t-elle, la voix chargée d’émotion. Cette grossesse avait pourtant été suivie régulièrement.
La jeune femme indique avoir effectué ses consultations prénatales depuis 2025 avant d’être suivie, à partir de juillet, à l’hôpital Jeetoo. Le 9 août, elle a été admise à l’hôpital en prévision de son accouchement. Quatre jours plus tard, elle a été transférée au Labour Ward. Selon son témoignage à la police, alors que les douleurs sont devenues particulièrement fortes vers 15 heures, elle aurait demandé une césarienne. «Non, ou pou akous normal», lui aurait répondu une sage-femme. Elle affirme que le médecin qui suivait sa grossesse est ensuite venu sur place et a rompu la poche d’eau avant de repartir.
Un peu plus tard, on lui aurait indiqué que son col était dilaté à cinq centimètres et qu’elle devait pousser. Puis est survenu le moment qui, aujourd’hui encore, la hante. Vers 16h15, alors que la tête du bébé commençait à apparaître, la sage-femme aurait, selon la jeune maman, repoussé celle-ci à l’intérieur avec sa main droite, tout en lui demandant de cesser de pousser. Malgré la douleur, elle dit avoir continué et avoir finalement donné naissance à un garçon vers 16h20. Le bébé a été immédiatement pris en charge et transféré aux soins intensifs néonatals en raison, notamment, d’un faible cri.
20 minutes plus tard, selon le récit de la mère, un médecin lui aurait administré une anesthésie avant de procéder à des sutures au niveau du col. Elle affirme toutefois que l’anesthésie n’avait pas encore fait effet et qu’elle ressentait toujours d’importantes douleurs. Comme elle ne pouvait pas supporter la douleur, poursuit-elle, le médecin l’aurait frappée à deux reprises au niveau des hanches avant de quitter la salle vers 17h30. «Je n’arrive toujours pas à marcher convenablement», confie la jeune femme.
Depuis cet accouchement, elle n’a pas retrouvé une mobilité normale, affirme-t-elle. «Je n’arrive toujours pas à marcher convenablement depuis mon accouchement», dit-elle. Ses trois autres garçons, âgés de 7 ans, 6 ans et 1 an, sont tous nés par voie naturelle et sans aucun problème. Mais aujourd’hui, toute son attention est tournée vers son nouveau-né. Le lendemain de son accouchement, après sa sortie de l’hôpital, elle s’est rendue à la NCIU pour voir son bébé. C’est là qu’un pédiatre lui aurait annoncé que l’enfant avait deux importants caillots de sang à la tête ainsi qu’un saignement provenant d’une veine à l’intérieur du cerveau.
Le bébé était, selon les informations qui lui auraient été communiquées, sous assistance respiratoire depuis sa naissance en raison de difficultés à respirer. Des anomalies au niveau des deux jambes auraient également été constatées. La mère aurait alors demandé à obtenir les documents médicaux de son enfant afin de solliciter un avis et éventuellement des soins dans une clinique privée. Sa demande aurait été refusée. Elle s’est alors tournée vers le Duty Manager de l’établissement, qui aurait enregistré sa plainte et aurait promis de faire le nécessaire pour enquêter.
À ce jour, dit-elle, personne du ministère de la Santé n’est venu lui expliquer ce qui s’est réellement passé. Elle n’a pas encore déposé de plainte auprès du ministère. Son quotidien est entièrement consacré à son enfant malade. Son époux, 28 ans, travaille et conserve ses congés pour le moment où cela sera nécessaire. Mais la jeune mère ne compte pas rester silencieuse. «Je vais entamer des poursuites contre la personne qui a fait du mal à mon bébé et à moi également. Mon enfant aurait dû être dans mes bras aujourd’hui. Par la faute de cette personne, il est entre la vie et la mort», se lamente la jeune femme.
Une enquête policière a été ouverte à la suite de sa déposition. La jeune femme affirme avoir remis les documents pertinents aux enquêteurs et être disposée à en remettre d’autres si nécessaire. En attendant des réponses, elle continue de se rendre chaque jour auprès de son bébé. Cette mère qui était venue à l’hôpital pour donner la vie se retrouve aujourd’hui à prier pour que son enfant puisse simplement rentrer à la maison. Une enquête interne a été ouverte au niveau de l’hôpital Jeetoo également pour tirer cette affaire au clair.