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Accident fatal à Deep-River

Yaseen, le fils de Sheik Mohammad Boodoo : «Sofer-la inn touy mo papa lor trotwar»

22 août 2026

L’habitant de Deep-River venait de rentrer de La Mecque où il a accompli le Hadj.

À 65 ans, Sheik Mohammad Ali Boodoo, un habitant de Deep-River, avait pris l’habitude de se rendre à la mosquée de son village pour le namaz Esha. Dans la soirée du lundi 17 août, il a quitté son domicile comme à son habitude, sans savoir qu’il ne rentrerait plus jamais auprès des siens. Quelques minutes plus tard, l’ancien assistant surintendant de prison gisait, grièvement blessé, sur le trottoir longeant la route principale de sa localité. Il laisse derrière lui une épouse et deux fils inconsolables, mais aussi toute une famille qui se demande encore s'il aurait pu être sauvé.

Il allait prier à la mosquée. La mort l’attendait sur le trottoir. Après l’Azaan, dans la soirée du lundi 17 août, Sheik Mohammad Ali Boodoo a quitté tranquillement sa maison, à Deep-River, vers 19h30, pour se rendre à la mosquée du village, située à une cinquantaine de mètres seulement de son domicile. Il voulait y accomplir la prière du soir, le namaz Esha, comme à son habitude. Mais le destin en a, hélas, décidé autrement. «Linn sorti zis apre Azaan», raconte, la voix chargée d’émotion, son fils aîné Yaseen.

Quelques instants plus tard, un violent bruit a retenti dans le voisinage. Une voiture venait de percuter violemment Sheik Mohammad Ali Boodoo alors qu’il marchait sur le trottoir. Le véhicule, qui se dirigeait de Bel-Air vers Olivia, a poursuivi sa route après l’impact. «Nou fami finn gagn news aksidan-la bien vit parski nou pa res lwin. Ti ena bel tapaz dapre bann vwazin. Kan zot finn sorti zot finn trouv sofer-la sove ale vit vit apre aksidan-la», explique Yaseen. Pour la famille, les minutes qui ont suivi resteront à jamais gravées dans les mémoires. Selon des habitants, une ambulance «normale» serait passée peu après l’accident sans s’arrêter.

Yaseen affirme, lui, que le SAMU est arrivé plus de 30 minutes après le drame. Son père était encore conscient à ce moment-là. «Disan ti pe sorti dan nene mo papa. So pou ti bien feb. Li ti ankor konsian. Nou pa finn bouz li ditou akoz so bann blesir. Nou ena enn fami ki travay nurse ki’nn okip li ziska SAMU vini me li ti tro tar. Li ti fini intekal (Ndlr : décédé).» Des mots qui traduisent toute la douleur d’un fils qui, depuis, ne cesse de se demander si quelques précieuses minutes auraient pu changer l’issue de cette tragédie.

«Nou panse ki ti kapav sap so lavi si lanbilans SAMU ti vinn vit sa zour-la», lâche Yaseen, avec amertume. La police, elle, rapporte que le personnel du SAMU a constaté le décès de Sheik Mohammad Boodoo sur place. Le corps a ensuite été transporté à la morgue de l’hôpital SAJ pour une autopsie. Le sexagénaire avait subi de multiples blessures, notamment au crâne, à la colonne vertébrale et aux côtes. Au-delà de la douleur, Yaseen nourrit une autre colère : celle d’avoir vu son père perdre la vie sur une portion de route que la famille considère comme particulièrement dangereuse.

Selon lui, il avait écrit à la Citizen Support Unit en 2023 pour réclamer des ralentisseurs, une caméra permettant de contrôler la vitesse ainsi qu’un passage pour piétons. «Bann sofer roul tro vit isi», affirme-t-il. Une nouvelle demande aurait été formulée l’année dernière, après un autre accident mortel impliquant un jeune motocycliste. «Traffic Management and Road Safety Unit ti sipoze vinn fer site visit. Nou ankor pe atann zot vini. Mo papa ousi ti deza fer enn reket ek enn depite landrwa. Li ti dimann traffic lights. Ti sipoze pas sa dan dernie bidze. Linn gagn letan mor nou ankor pe atann mem.»

La colère du jeune homme monte d’un cran lorsqu’il évoque les aménagements réalisés ailleurs. «Seki plis fer nou ankoler seki dan lezot landrwa kouma Bramsthan, Ernest Florent ek Caroline fini met obstak. Dan Bel-Air ousi ena plas finn mete. Toulezour li mari danzere pou bann dimounn pou traverse pou pran bis», précise Yaseen. Sheik Mohammad Boodoo avait consacré une grande partie de sa vie au service pénitentiaire. Il avait pris sa retraite l’année dernière alors qu’il occupait le poste d’assistant surintendant de prison à Melrose. À la maison, il était avant tout un époux et un père très aimé.

Marié depuis de longues années, il avait deux fils, Yaseen, 33 ans, et un second âgé de 28 ans. Son épouse, qui ne travaillait pas, partageait son quotidien avec bonheur. «Zot finn ansam toulezour pandan enn lane. Mo mama pa travay. Sa aksidan-la finn boulevers lavi mo mama net», lâche Yaseen. Son père, poursuit-il, venait de rentrer de La Mecque où il avait accompli le Hadj, un des pilliers de l’islam. L’incompréhension du fils face aux circonstances de cet accident est à la hauteur de sa douleur : immense. «Sofer-la inn touy mo papa lor trotwar», lâche-t-il avec amertume.

Le conducteur de la voiture, Luciano Kenny Ferdinand, 29 ans, a été arrêté peu après. L’enquête policière révèle que cet homme, fiché à la police comme récidiviste notoire, faisait l’objet d’une interdiction de détenir ou d’obtenir un permis de conduire depuis 2016, une nouvelle disqualification étant intervenue en 2017. Il détient uniquement un permis provisoire pour les deux roues. La voiture en question a été retrouvée à Cité Olivia et conduite au poste de police de Bel-Air pour les besoins de l’enquête. Elle ne disposerait ni d’assurance ni de vignette «deklarasion».

L’alcootest de Luciano Kenny Ferdinand s’est révélé négatif. Un échantillon de sang a toutefois été prélevé pour des analyses toxicologiques. Dans cette affaire, la famille de Sheik Mohammad Ali Boodoo attend désormais des réponses. Mardi soir, il était simplement parti accomplir sa prière, à quelques pas de chez lui. Il n’est jamais arrivé à la mosquée. Et dans une maison désormais silencieuse, son épouse et ses deux fils doivent apprendre à vivre avec une absence qui, elle, ne disparaîtra jamais.

Bel-Étang : collision mortelle pour Abdool Nuranee Boodhoo, un cycliste de 51 ans

Abdool Nuranee Boodhoo, un cycliste de 51 ans, a succombé à ses blessures le 21 août après un accident survenu à Bel-Étang. Il avait été admis aux soins intensifs de l’hôpital SAJ après une collision avec une voiture conduite par un homme de 64 ans habitant Médine-Camp-de-Masque. L’accident s’est produit vers 16h50 sur la route principale. Selon la police, la voiture venait de Flacq lorsque son conducteur aurait perdu le contrôle avant de percuter le cycliste venant en sens inverse. L’alcootest du conducteur s’est révélé négatif. L’autopsie a attribué le décès à un choc dû à de multiples blessures.

New-Grove : Thierry Galante, 22 ans, meurt après avoir percuté un mur

Un jeune homme de 22 ans a succombé à ses blessures après un accident de la route survenu le 16 août à Gros-Billot. Thierry Galante, étudiant à Polytechnics Mauritius et habitant New-Grove, avait été grièvement blessé après que sa voiture, une Hyundai blanche, avait percuté un mur en béton d’environ trois mètres. Retrouvé inconscient dans son véhicule, il avait été transporté d’urgence à l’hôpital de Rose-Belle, où il était admis aux soins intensifs depuis l’accident. Son décès est survenu le 20 août.

Calebasses : Ramesh Jeebun, 70 ans, succombe à ses blessures

Ramesh Jeebun, 70 ans, a succombé à ses blessures le 15 août après avoir été percuté à Calebasses. Cet habitant de Morcellement St-Andre traversait la route le 8 août lorsqu’il a été renversé par une voiture blanche conduite par une jeune femme de 26 ans, habitant Ébène. Le véhicule circulait vers Port-Louis. L’alcootest de la conductrice s’est révélé négatif. L’autopsie a attribué le décès à une blessure cranio-cérébrale.

Sainte-Croix : Hansley Louis, 19 ans, décède après 19 jours

Hansley Emiliano Louis, 19 ans, habitant Terre-Rouge, est décédé des suites de ses blessures le 21 août après un accident de la route survenu le 2 août à Pont Latanier, Sainte-Croix. L’accident impliquait un autobus et une motocyclette. Hansley Louis se trouvait en croupe sur la moto conduite par Zubeir Boodhoo, 24 ans. Les deux hommes avaient été grièvement blessés et transportés à l’hôpital Jeetoo par le SAMU. L’autopsie a attribué le décès à une septicémie. L’enquête se poursuit.

Beau-Rivage : Aisoo Serajuddy, 75 ans rend l’âme après une sortie de route

Un accident de la route survenu dans la soirée du 21 août à Beau-Rivage, Trou-d’Eau-Douce, a fait un mort. La victime, Aisoo Serajuddy, 75 ans, a succombé à ses blessures le lendemain alors qu’elle était admise aux soins intensifs de l’hôpital SAJ.

L’accident s’est produit vers 16h30. Une voiture conduite par Mamode Raouf Joomun, 70 ans, habitant Plaine-des-Roches, avait quitté la route avant de percuter un arbre. Deux passagères se trouvaient à bord. Une dame de 77 ans a également été blessée et hospitalisée. Le conducteur et les deux passagères avaient été transportés à l’hôpital. L’alcootest pratiqué sur le conducteur s’était révélé négatif.

Gros-Billot : Ashok Kumar Seepaul, 60 ans, perd son combat

Ashok Kumar Seepaul, 60 ans, habitant La Rosa, est décédé le 17 août après avoir été impliqué dans un accident de la route survenu le 9 juin à Gros-Billot. Il avait été renversé par une camionnette alors qu’il se trouvait sur l’autoroute. Grièvement blessé, il avait été admis à l’hôpital de Rose-belle et placé en soins intensifs. Une autopsie a été pratiquée le 17 août. Le décès a été attribué à une pneumonie lobaire.

Beau-Bassin : Jean-Claude Collette 40 ans, retrouvé mort près des rails du Metro Express

Jean Claude Collette, 40 ans, plus connu sous le sobriquet de Ti Frer, un ancien habitant de Petit-Gabriel, à Rodrigues, a perdu la vie dans des circonstances tragiques à Beau-Bassin. Son corps a été retrouvé à proximité des rails du Metro Express, suscitant dans un premier temps des interrogations sur les circonstances de son décès. La piste criminelle, envisagée dans un premier temps, aurait été écartée et un conducteur du Metro Express a été arrêté. Toutefois, *Metro Express Ltd *aurait indiqué qu’aucune rame n’était impliquée dans l’incident. L’enquête policière se poursuit afin de faire la lumière sur les circonstances exactes du drame.

Phœnix : Danilall Saulick, 82 ans, tué par une BMW

Danilall Saulick, 82 ans, est décédé le 17 août après avoir été percuté par une BMW le 14 août à Phoenix. Le véhicule, conduit par un jeune homme de 26 ans, se dirigeait de St-Paul vers Petit-Camp lorsque l’accident s’est produit. Grièvement blessé, le piéton a été admis aux soins intensifs à l’hôpital de Candos. L’autopsie a conclu à des blessures cranio-cérébrales. Le conducteur, soumis à un alcootest négatif, a comparu en cour de Curepipe sous une accusation provisoire d’homicide involontaire. Ce jeune homme de 26 ans, habitant Mesnil, a été retrouvé libéré sous caution.

Grand-Baie : Marie-Noëlle Louis, 61 ans, meurt après une collision

Une collision impliquant trois voitures a fait un mort, le 16 août, à Grand-Baie. L’accident s’est produit vers 19h15. Marie-Noëlle Louis, 61 ans, habitant Baie-du-Tombeau, est décédée sur place. L’autopsie a attribué son décès à de multiples blessures. Trois véhicules ont été lourdement endommagés. Le conducteur d’une des voitures, âgé de 46 ans, a été testé positif à l’alcool, avec un taux de 65 mg. Les deux autres conducteurs ont été testés négatifs. Une fillette de 5 ans a également été blessée dans cet accident.

Saisie des véhicules dès la première infraction de conduite sous influence : le ministre Osman Mahomed explique

Le gouvernement prévoit de durcir la législation routière avec la révision du Road Traffic Act. Parmi les principales mesures envisagées figure la saisie des véhicules en cas de conduite sous l’influence de l’alcool ou de drogues. Le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, les différents acteurs concernés ainsi que le bureau de l’Attorney General travaillent actuellement sur les modalités de cette réforme. Une fois finalisé, le projet devrait être présenté au Parlement au début des séances de septembre.

«L’objectif est de renforcer la sécurité routière», nous explique le ministre Osman Mahomed. Selon lui, lors des contrôles routiers, les forces de l’ordre constatent de plus en plus de conducteurs présentant des signes de consommation d’alcool ou de substances. «Le permis à points ne prend pas en considération la conduite sous l’influence de l’alcool ou de la drogue. La loi prévoit actuellement des sanctions, notamment en cas d’accident mortel, avec des amendes ou des peines d’emprisonnement, mais cette infraction n’est pas intégrée au système de permis à points», précise-t-il.

À noter que la mesure s’appliquerait même en l’absence d’accident. Le permis du conducteur pourrait également être révoqué dans le cadre des nouvelles dispositions. L’objectif est de mieux prévenir les comportements dangereux et de renforcer la protection de l’ensemble des usagers de la route.

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