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Au Parlement : Maiden Speech : ils parlent de leur… essentiel

Se tenir debout à cet endroit, si longtemps rêvé. Et en quelques secondes, prendre la parole, avec le cœur qui bat plus vite, le monde autour qui se brouille un peu puis qui reprend sa place. Et on se lance. Karen Foo Kune n’oubliera jamais sa première prise de parole au sein du Parlement, lors des débats autour du discours-programme : «J’étais nerveuse mais excitée en même temps. Je n’oublierai jamais ce moment.» Son Maiden Speech, pour la députée du MMM, est un instant à graver dans sa mémoire. Comme elle, d’autres novices de l’Assemblée nationale se sont essayés au discours parlementaire, en début de semaine. Certaines de ces allocutions ont été saluées et bien accueillies. D’autres ont été raillées et moquées. Dans cette masse de réactions, nous avons demandé à certains de ceux qui ont vécu leur toute, toute première fois, de revenir à l’essentiel de leur discours…

 

«Servir et ne pas se servir.» S’il fallait retenir un seul point de son message, ce serait celui-là, estime Karen Foo Kune : «C’est le message que je veux faire passer. C’est vraiment mon but, pourquoi je suis là : servir les citoyens.» Son allocution a été saluée par les politiciens de tous bords. D’ailleurs, explique-t-elle, le temps, qui est trop précieux à perdre en railleries, est à la construction : «J’ai fait un appel à tout le monde pour que nous travaillions ensemble, dans une entente, afin de bâtir une île Maurice meilleure.» Karen Foo Kune a souhaité que ses mots rassemblent et motivent. Elle a travaillé sans relâche pour trouver le bon ton, les bonnes formules : «C’est une semaine avant mon discours que j’ai appris que je devais prendre la parole. J’ai travaillé du matin au soir, je me suis donnée à fond…»

 

«Qu’on nous regarde avec un regard neuf.» Nous, étant les politiciens. Pour Mahend Gungapersad, sa prise de parole avait cet objectif. Redonner espoir, redonner confiance. Le député du PTr estime qu’il était nécessaire qu’un vent nouveau souffle sur le Parlement : «Lors du dernier mandat, le niveau des débats était toxique et négatif. Les attaques n’étaient pas correctes. J’estime que, quand on débat, il faut le faire sur les idées.» Maintenant, dit-il, que la campagne électorale est terminée, l’heure est à «la construction de la nation» : «Sakenn ena so parti, so ideolozi me nou kapav met latet ansam.» Ce Maiden Speech était, également, l’occasion pour lui de mettre en lumière les sujets qui l’intéressent tout particulièrement : les inondations dans sa circonscription mais aussi la situation de l’éducation à Maurice et la nécessité d’aller vers le differentiated teaching pour les élèves de tous les niveaux. Son soft-spot, précise-t-il, c’est les enfants en difficulté et ceux qui sont handicapés : «C’est vers eux que doivent se concentrer nos efforts.»

 

«L’importance de travailler pour sa région.» Ismaël Rawoo, député du MSM, voulait, lui, parler de ce travail de proximité essentiel à la vie d’un député, aux projets réalisés dans sa circonscription et ceux qui vont venir. De sa présence dans son petit  coin de l’île, de ses actions avec l’aide de ses deux colistiers. Et si sur les réseaux sociaux et ailleurs, on semble n’avoir retenu que sa hargne contre les membres de l’opposition, lui tempère : «J’ai, humblement, tendu une main patriotique, à la fin de mon discours à l’opposition pour que l’on bâtisse, ensemble, une île Maurice meilleure, pour toute la population. Soyons unis et cessons de faire de la démagogie et travaillons pour le progrès du pays.»

 

Le saviez-vous ? Ismaël Rawoo tient à partager cette information. Pour le Private Parliamentary Secretary (PPS), qu’il est actuellement, la possibilité de s’exprimer au Parlement n’arrive que deux fois : lors des débats sur le discours-programme et lors du budget. Alors, son Maiden Speech, c’était un sacré challenge : «Vous devez faire en sorte de parler de tout en un petit laps de temps. C’est un challenge assez conséquent pour un PPS, comparé aux autres parlementaires qui ont toute l’année pour s’exprimer au Parlement.»