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Jordane Laviolette, 21 ans, décède dans un incendie à Beau-Bassin - Son entourage : «Nou pe dimann enn led pou kapav okip so 2 zanfan»

4 avril 2023

Christabelle, sa compagne, ne sait pas comment subvenir seule aux besoins de leurs deux enfants.

Leur douleur est immense. Depuis qu’ils ont perdu l’un des leurs dans des circonstances tragiques, ils ne ferment plus l’œil de la nuit. Pas seulement parce qu’ils ne savent pas encore comment est survenu le drame ayant coûté la vie à Jordane Laviolette mais aussi parce qu’ils se demandent comment ils vont subvenir aux besoins des deux enfants du jeune homme – un fils de 2 ans et une fillette d’un an. Dans la soirée du mardi 28 au mercredi 29 mars, un incendie s’est déclaré dans la maison de trois pièces qu’occupaient le jeune homme et ses proches à l’arrière du Cercle de Beau-Bassin Hall. Le corps calciné de Jordane Laviolette, qui était le seul présent au moment des faits, a été découvert dans la chambre à coucher après que les pompiers sont venus à bout du sinistre.

 

Laval, le père de Jordane Laviolette, travaillait pour le Cercle de Beau-Bassin depuis plusieurs années. N’ayant nulle part où loger, ses supérieurs lui avaient permis de dormir dans l’entrepôt après son service. Ses fils Jordane et Jonathan, des jumeaux âgés de 21 ans, l’y avaient rejoint et par la suite, les compagnes des deux garçons sont, à leur tour, venus vivre en ces lieux. Dans la soirée du mardi 28 mars, Laval se trouvait chez des proches à Cité Barkly. Quant à Christabelle, la compagne de Jordane, elle avait passé la nuit chez sa mère à Cité Barkly, avec leurs deux enfants, après qu’elle aurait eu une dispute avec le jeune homme. À ce moment-là, ce dernier était en compagnie de son frère jumeau, Jonathan, et des deux enfants de la concubine de ce dernier, qui était au travail.

 

D’après le père de la victime, «une dispute a éclaté entre Jordane et Jonathan. Kan li bwar, li ena move karakter. Jordane inn lager ar so frer». Selon lui, Jonathan se serait rendu au poste de police de Beau-Bassin pour demander aux officiers d’intervenir et ces derniers lui auraient répondu «qu’ils s’en chargeraient le lendemain matin, lorsque Jordane ne serait plus en état d’ébriété». Jonathan, poursuit-il, aurait ensuite récupéré les enfants de sa concubine aux alentours de minuit, avant de se rendre chez la mère de Christabelle, à Cité Barkly. «Sa swar-la, Jonathan ti pas get mwa dan Cite avan li al kot so belser. Li ti pe dir mwa pa kone ki so frer pe gagne, ki li pe lager. Monn dir li mo pa anvi konn nanye ladan», soutient Laval.

 

Peu de temps après, soit aux petites heures, le mercredi 29 mars, ce dernier a appris de ses proches qu’un incendie avait éclaté à l’endroit où ils logeaient, derrière le Cercle de Beau-Bassin Hall, et que son fils Jordane n’avait pas survécu. Une autopsie a attribué son décès à une asphyxie provoquée par l’inhalation de fumée. «Ou krwar zordi monn anter mo garson mo kontan ? Depi zot mama finn mor dan enn aksidan an 2010, mo mem ki finn okip mo zanfan. Mo gran tifi ti pe donn mwa koudme. Bien souvan, se Jordane mem ki ti pe kwi mo manze, fer mo dite», raconte-t-il, meurtri.

 

«Dans le flou...»

 

Ayant tout perdu dans le sinistre, ses vêtements, ses commissions, ainsi que tous les effets personnels de ses petits-enfants, Laval ne sait également pas comment s’en sortir : «Mo nepli kone kouma mo pou fer pou sirviv. Azordi, mo sagrin monn perdi mo garson me mo bizin ed so madam ek so de zanfan. Mo pou bizin rod enn plas pou zot reste. Mo sel soulazman, se ki bann zanfan-la pa ti laba dan sa ler-la.»

 

Afin de tirer cette affaire au clair, la police de Beau-Bassin a initié une enquête. Ayant décelé des blessures à la tête de la victime, les limiers ont interpellé le frère jumeau de Jordane pour obtenir sa version des faits. Si celui-ci reconnaît s’être disputé avec son frère avant le sinistre et avoue l’avoir tabassé, il nie, toutefois, avoir provoqué l’incendie et avance avoir quitté les lieux pour se rendre à Cité Barkly avant que survienne le drame. Après son interrogatoire, Jonathan a été libéré sur parole mais devra rester à la disposition des enquêteurs. Pour l’heure, la police enquête toujours afin de déterminer comment le feu s’est déclaré.

 

La tante de Jordane, Shella Castor, est également très affligée par sa disparition tragique. Depuis le sinistre, elle a recueilli son frère, soit le père du jeune homme, chez elle, à Cité Barkly. Si elle avoue n’avoir pas eu de nouvelles de Laval et de ses enfants depuis longtemps, elle soutient : «Mo konn mo bann neve. Zot ti bann bon garson. Zame mo pa finn gagn okenn problem avek zot. Mo pa kone ki kapav finn pase dan sa ler-la, ni kouma sa dife-la finn pran. Pour l’heure, nous sommes toujours dans le flou. Nous voulons juste connaître la vérité, savoir comment l’incendie s’est déclaré.» N’ayant appris que récemment que Jordane avait deux enfants en bas âge, elle confie : «Même si je ne les avais jamais rencontrés avant son décès, je ne peux que souhaiter le meilleur pour eux. Ces enfants ont tout perdu. Je ferai en sorte d’épauler la famille comme je peux, d’offrir une bonne éducation à ces orphelins mais je n’y arriverai pas seule.»

 

Afin de pouvoir repartir du bon pied, la famille Laviolette lance un appel à la population. «Nou pe dimann enn led pou kapav okip 2 zanfan Jordane. Nous demandons aussi à quiconque pouvant nous offrir des vêtements ou des vivres de prendre contact avec nous. Toute aide est la bienvenue», confie Laval. Il demande également à ceux pouvant leur trouver un endroit où loger de les aider. «Pour l’instant, je vis chez ma soeur, tandis que mon autre fils vit chez la mère de sa belle-sœur. Mais nous devrons bientôt trouver un autre endroit où aller vivre. Nou pa anvi vinn enn pwa lour pou nou fami.» Laval est joignable sur le 5515 8562 ou le 5716 0489.

 

Dévastés, ses proches et lui tentent, malgré tout, de s’accrocher aux merveilleux souvenirs des moments passés avec Jordane. «Nous avons partagé beaucoup de bons moments ensemble», lâche péniblement Christabelle, sa compagne. «Li ti enn dimounn korek, trankil, kontan badine.» Pour gagner sa vie, Jordane cumulait des petits boulots mais était particulièrement passionné par la menuiserie. «Li ti kontan aranz bann ti latab, sez, bife. Sete travay ki li ti plis kontan fer.» Il aimait aussi passer son temps libre à faire du jardinage. Comme beaucoup d’autres jeunes, la victime avait des projets plein la tête. Il espérait pouvoir économiser de l’argent pour pouvoir faire construire une maison pour son entourage. Malheureusement, il est parti avant d’avoir pu concrétiser ses projets. Ses funérailles ont eu lieu ce jeudi 30 mars.

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