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La Côte d’Ivoire frappée par un attentat | Clyde Vacher : «Un immense sentiment de tristesse règne à Abidjan»

22 mars 2016

Clyde Vacher est en sécurité avec sa famille à Abidjan.

Il a eu peur. Dimanche dernier, Clyde Vacher, établi en Côte d’Ivoire depuis novembre 2015 avec sa famille, est à la maison avec les siens lorsqu’il voit défiler, sur son écran d’ordinateur, des nouvelles annonçant que la plage de Grand Bassam a été prise d’assaut par les terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Une région située à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Abidjan et très prisée par les familles ivoiriennes et les expatriés. Au moins trois hôtels sont pris pour cible par les terroristes. Le bilan est lourd : 19 morts et une trentaine de blessés.

 

La veille, se souvient Clyde Vacher, ils étaient plusieurs Mauriciens, dont sa famille et lui, à s’y réunir : «C’est un peu le ‘‘Flic en Flac’’ d’Abidjan. Le samedi 12 mars, nous étions plusieurs Mauriciens réunis pour célébrer la Fête nationale autour de plats typiques. Abidjan abrite une petite communauté avec certaines familles établies ici depuis près d’une vingtaine d’années. Il y a aussi pas mal de nouveaux arrivés, dont un fort contingent à la Banque africaine de Développement et d’autres travaillant dans le secteur financier.»Encore sous le choc, il se souvient que certains compatriotes avaient prévu de se rendre à la plage de Grand Bassam ce dimanche-là : «Nous avons passé des coups de fil et utilisé les médias sociaux pour nous assurer que tous étaient sains et saufs. Quelques familles avaient pris le chemin de Grand Bassam mais ont rebroussé chemin à l’annonce des attaques.»

 

De passage en Côte d’Ivoire, Percy Yip Tong est, lui, en route pour l’un des hôtels pris d’assaut, La Croix du Sud, lorsqu’il reçoit un message d’un ami américain qui se trouve sur place, lui disant de faire demi-tour : «Je suis choqué. J’étais en route pour cet hôtel où je devais déjeuner avec un Mauricien rencontré là-bas et j’ai reçu un message disant ‘‘Shooting here. Stay away !’’. J’ai fait demi-tour. Aucune nouvelle de mon ami depuis. Un autre ami, Henrike, directeur du Goethe Institute à Abidjan, est décédé dans les attaques»,écrit-il sur sa page Facebook. Depuis, Percy Yip Tong a pris la route pour le Ghana. De son côté, sachant que Percy Yip Tong, qui assiste à l’African Performing Arts Market, avait prévu de se rendre à Grand Bassam ce jour-là, Clyde Vacher prend contact avec lui : «Il avait heureusement reçu entre-temps un appel d’un ami journaliste américain présent sur place.»

 

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Percy Yip Tong qui se rendait à Grand-Bassam a rebroussé chemin lorsqu’il a appris que des terroristes avaient ouvert le feu.

 

Le Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire : la menace djihadiste s’étend en Afrique de l’Ouest. Selon les observateurs internationaux, la Côte d’Ivoire se savait menacée après que les services de renseignements occidentaux et africains ont prévenu que le pays était dans le viseur des terroristes. D’ailleurs, selon Clyde Vacher, les forces de police et l’armée ivoirienne sont très présentes dans les lieux publics d’Abidjan depuis décembre dernier. «Le gouvernement ne prend pas à la légère les menaces terroristes. Il y a un partenariat renforcé avec les forces de sécurité de l’ONU et de certains pays comme la France. Il faut saluer le professionnalisme des forces de sécurité qui ont permis d’éviter plus de morts»,souligne-t-il.

 

L’ambiance est lourde dans le pays. Si Clyde Vacher note qu’«un immense sentiment de tristesse règne à Abidjan», il est aussi heureux de constater que la solidarité et l’unité rassemblent les Ivoiriens : «Ils sont déterminés face à ces menaces terroristes et même si les expatriés font un peu plus attention lorsqu’il s’agit de fréquenter les endroits publics ou les plages, la vie continue. J’ai pris un peu de temps à expliquer à ma fille de 12 ans les raisons derrière ces attaques. Elle a un de ses amis de classe, un jeune Ivoirien, qui a été blessé lors de l’attaque. Les parents continuent d’envoyer leurs enfants à l’école, les affaires continuent : il ne faut pas céder à la peur.»

 

Voilà le mot d’ordre.

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