Publicité

L’Aventure du Sucre : À couper… le souffle

24 août 2015

La visite débute généralement à 10h30.

La brise chasse les derniers nuages. Dans le ciel, le jeu de cache-cache dure éternellement. Sur terre, il reste des traces, par endroits, de la pluie de la veille sur l’asphalte du parking de l’Aventure du Sucre. Des taches gris foncé qui rappellent que la nature s’est un peu oubliée il y a quelques heures. Il est 8 heures et ce lieu du nord de l’île, célèbre pour son musée retraçant l’histoire du sucre et de Maurice, s’éveille à peine. Dans les coulisses, on s’active certainement. Mais dans les allées visitées et visitables, c’est un calme d’apparence qui a envahi les lieux. Une sorte de sentiment d’apaisement, avec vue sur les montagnes et les jardins arborés qui donnent envie de se poser et de regarder la course des nuages.

 

Mais pour ça, il faudra repasser. En cette matinée d’hiver, où la température grimpe sensiblement alors que les minutes s’égrènent, Jean-Alain Carmagnole nous attend dans le champ de cannes qui se trouve derrière l’espace administratif de l’ancienne usine sucrière. C’est là que se déroule une activité pas comme les autres, que l’Aventure du Sucre a lancée il y a quelque temps. Elle débute, en général, à 10h30 (voir hors-texte pour obtenir plus d’informations), rassurez-vous. Pas de catora, ni de bottes ou de chapeau. Néanmoins, il n’est pas difficile de faire défiler, dans son esprit, les images des coupeurs de cannes se dirigeant vers leur carreau à l’aube, tous les matins, alors que le vent joue sa silencieuse partition entre les longues feuilles de ces plantes indissociables de l’histoire de Maurice.

 

D’ailleurs, c’est celle de la canne que nous conte Jean-Alain. Une entrée en matière sympathique, avec anecdotes sur les petits métiers et la confection de l’arak. Saviez-vous que le coupeur de cannes se devait de ramasser six à huit tonnes de cannes par jour ? Sans machine. À la force de ses bras. Vous ne visualisez pas la quantité que cela représente ? Rien de plus normal. Pour vous en donner une idée, notre guide du jour fournit une information qui donne le vertige : «1 tonne équivaut à mille cannes.» Répéter la même gestuelle 6 000 à 7 000 fois par jour, qu’il pleuve, qu’il vente, que le soleil tape trop fort, alors que le dos se casse et que les reins s’endolorissent : un long et dur travail que des générations de Mauriciens ont accompli (et que certains continuent à faire dans les petites plantations).

 

Jean-Alain a commencé dans les champs, avant que la coupe ne soit motorisée. Il avait 18 ans. Pendant trois ans, cet habitant de Pamplemousses a été coupeur de cannes : «C’est un travail très fatigant.» Puis il a été promu et a travaillé à l’usine dans le département de la mécanique. Mais le maniement de la panga, sorte de serpe qui sert à couper la canne, il connaît. D’ailleurs, d’un coup sec, il coupe une première fois en biais la canne, près de sa racine : «Pour qu’elle puisse repousser.» Et ensuite, une seconde fois, avant la naissance des feuilles : «C’est dans cette partie que l’on trouve le plus de jus.»

 

Ses gestes sont précis et réguliers. Mais le maniement de la panga n’est pas aussi simple que ça : vous le verrez bien en vous y mettant (c’est bien le but de cette activité). Pour couper une canne d’un coup sec, il faut un minimum d’entraînement. Mais avec les conseils de Jean-Alain, vous devriez y arriver après quelques tentatives. Comme vos grands-parents ou vos arrière-grands-parents pour certains d’entre vous. Alors que le professeur de coupe de cannes est en plein labeur, de grosses gouttes de pluie viennent rafraîchir l’atmosphère qui n’était pourtant pas chaude. «Même s’il pleuvait, il fallait continuer à travailler», confie Jean-Alain qui a prévu une petite douceur dans sa brouette.

 

Des morceaux de cannes à déguster nature, alors que l’odeur de la terre mouillée emplit les narines et que la pluie a cessé aussi brusquement qu’elle est arrivée. Un moment de pur bonheur. Ce plaisir sucré tout simple rappelle l’enfance, les balades insouciantes avec les cousins dans les champs, le petit cadeau du grand-père à la fin d’une journée de courses et de rires : un morceau de canne à mâchouiller et à sucer jusqu’à se faire mal au palais et aux gencives.

 

Pour déguster votre premier cru de jus de canne, il faut quitter ce lieu dont les anciens travailleurs habitent vos pensées. Direction : le musée. Grâce à une centrifugeuse, qui extrait le jus de vos précieuses branches, vous pourrez déguster le résultat de votre labeur cool (il n’est pas question que vous récoltiez des tonnes de cannes à sucre non plus) : «Il est très bon pour la santé. Il aide à nettoyer les intestins et donne un coup de pouce au système digestif.» Ensuite, si le cœur vous en dit, vous vous initierez à la préparation de cocktails avec ce précieux liquide, fruit de vos efforts. Vous pourrez déguster ces boissons en regardant la brise chasser les nuages.

 


 

Et si vous y alliez ?

 

L’Aventure du Sucre organise tous les mercredis ce rendez-vous sucré depuis que la campagne sucrière a débuté chez Terra. Le départ est prévu pour 10h30, direction les plantations de Beau-Plan. Au programme : apprendre l’art de couper la canne et en savoir plus sur les spécificités de cette plante. Après la coupe, une visite du musée, un petit cours sur la préparation de cocktails et un déjeuner au restaurant Le Fangourin sont également prévus. Bien sûr, il ne s’agit pas de se rendre directement sur place sans réserver. Pour participer à cette activité, il est nécessaire de contacter l’établissement pour réserver et/ou pour se renseigner sur les tarifs. Pour obtenir plus d’informations et/ou réserver, contactez le numéro suivant : 243 7900.

Publicité