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Marjaana Sall : «Le partenariat Union européenne-Maurice est très dynamique et nous avons pour objectif de le renforcer»

L’Union européenne (UE) célébrera l’Europe Day à Maurice le 9 mai. L’occasion pour Son Excellence Marjaana Sall, ambassadeur et chef de la délégation de l’UE à Maurice, de faire le bilan des quatre dernières années de son mandat et des récents accomplissements de la délégation dans l’île...

L’Union européenne célébrera l’Europe Day à Maurice le 9 mai. Quelle est l’importance de cette journée ?

 

Le 9 mai 1950, Robert Schuman, un homme politique français qui est considéré, avec Jean Monnet, comme l’un des pères fondateurs de la construction européenne, appelait les nations d’Europe à s’unir et à rendre impossible la guerre sur le continent. 69 ans plus tard, je pense que son message de paix et d’unité est plus pertinent que jamais. C’est cela que nous célébrons le 9 mai. C’est une occasion importante pour nous de rappeler les valeurs fondamentales de l’Union européenne (UE) et notre rôle dans le monde mais aussi de souligner notre relation d’amitié avec la République de Maurice.

 

Sur quoi reposent les relations entre Maurice et l’UE ?

 

L’UE et la République de Maurice ont un partenariat solide tant au niveau politique, économique et commercial qu’au niveau de la coopération. Aujourd’hui, l’UE reste le principal partenaire commercial de Maurice. 50 % des exportations mauriciennes sont acheminées sur le marché européen. Nous avons ainsi signé un Accord de Partenariat Économique (APE) en 2009, qui offre à Maurice un accès au marché européen sans quota ni droit de douane.

 

Le partenariat UE-Maurice est aujourd’hui encore très dynamique et nous avons pour objectif de le renforcer. Nous travaillons ensemble pour promouvoir la paix et la sécurité – la sécurité maritime et la cybersécurité –, les droits de l’homme, le développement économique et social, la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique. L’ensemble des programmes que nous finançons dans le cadre de notre partenariat avec la République de Maurice s’élève actuellement à 50 millions d’euros (Rs 2 milliards). Par ailleurs, Maurice bénéficie aussi de la coopération régionale, notamment avec des projets mis en œuvre par la Commission de l’océan Indien (COI).  Nous avons des relations solides au niveau politique, basées sur le dialogue politique annuel et sur des dialogues de haut niveau sur le genre et le changement climatique. Nous avons des intérêts communs et partageons des valeurs communes. Nous sommes aussi attachés à promouvoir le multilatéralisme et la mise en œuvre de l’agenda pour le développement durable et l’accord de Paris sur le changement climatique. C’est une dimension très importante de notre partenariat.

 

Sur un plan personnel, comment décririez-vous les quatre années que vous avez passées à la tête de l’UE à Maurice ?

 

Je fais un bilan riche de belles rencontres et d’échanges très intéressants. Mais je dois avouer que je n’ai pas eu beaucoup de temps, entre mes différentes missions dans la région – je suis ambassadeur de l’UE auprès de la République des Seychelles, et jusqu’en septembre 2017, j’étais aussi ambassadeur de l’UE pour l’Union des Comores – et à Bruxelles, de voir toute la beauté de l’île. J’espère avoir un peu de temps avant mon départ pour le faire.

 

Quels ont été les accomplissements de la délégation européenne à Maurice au niveau économique ?

 

Il y en a plusieurs. Je dois dire que notre stratégie de diplomatie économique, que nous menons conjointement avec nos États membres, est très dynamique. Nous appuyons l’objectif de Maurice de devenir un acteur-clé en Afrique à travers l’Alliance Afrique-Europe pour des investissements et des emplois durables. Nous soutenons la mise en œuvre de l’APE, notamment avec le National Electronic Lincensing System que nous avons lancé il y a un mois. Ce projet a pour objectif de faciliter l’environnement des affaires et des investissements en réduisant le nombre de demandes de permis d’exploitation et le temps requis pour obtenir ces permis et des licences. Ce système est unique dans la région et une fois pleinement opérationnel, il facilitera la façon de faire des affaires à Maurice.

 

Nous soutenons également Maurice dans la révision de la législation sur la propriété industrielle, qui permettra au pays de se doter d’un cadre juridique solide pour protéger les droits de propriété industrielle. Nous poursuivons également notre coopération dans le domaine de la pêche et de l’économie océanique. L’accord de partenariat dans le secteur de la pêche, que nous avons signé avec Maurice, combiné à l’APE, apporte d’importants avantages économiques au pays. Maurice est l’un des principaux exportateurs de thon sur le marché de l’UE.

 

Et sur le plan social ?

 

Le développement social est un domaine dans lequel nous avons un partenariat de longue date avec Maurice. Depuis 2006, plus de 400 projets communautaires ont été mis en œuvre avec succès à Maurice et à Rodrigues. Ceux-ci ont notamment porté sur la formation des femmes pour leur permettre de devenir autonomes financièrement mais également sur la formation des jeunes déscolarisés pour leur permettre de trouver un métier et d’avoir une base solide pour démarrer leur vie professionnelle. Plus de 14 000 femmes ont ainsi bénéficié de ces projets.

 

Nous finançons également des projets visant à améliorer l’accès à l’eau potable pour 1 000 familles à Rodrigues. Une de nos priorités est de promouvoir l’égalité du genre, ainsi que l’émancipation économique des femmes et des filles. L’année dernière, nous avons lancé, avec succès, un dialogue politique sur le genre. Nous ferons le suivi de cet important dialogue le 6 mai, avec une deuxième rencontre de haut niveau. Cela nous permettra de faire le suivi des actions en faveur de la promotion de l’égalité du genre et de l’émancipation de toutes les femmes et jeunes filles sur la base d’un cadre de suivi conjoint.

 

Toujours dans ce domaine, nous avons lancé, le 8 mars, pour célébrer la Journée internationale des femmes, notre campagne Rise and Shine. Elle inclut des photos de dix ambassadeurs – des femmes et des hommes – qui défendent les droits des femmes et des filles, et les droits humains en général, et une vidéo avec les témoignages de 50 personnes sur leur vision des droits humains. L’objectif de cette campagne, qui va durer une année, est de sensibiliser davantage les citoyens, en particulier les jeunes, et d’encourager un changement de comportement à l’égard des femmes et des filles.

 

Quels sont les grands projets pour les années à venir ?

 

Il y en a plusieurs. Dans quelques jours, nous lancerons deux nouveaux programmes : le premier pour l’éducation, la recherche et l’innovation (de 7,9 millions d’euros) et le second pour la sécurité des ports de la région (de 28 millions d’euros). Ces deux programmes seront lancés lors de la visite officielle de Neven Mimica, commissaire européen chargé de la coopération internationale et du développement. Il sera à Maurice pour discuter du futur du partenariat entre l’UE et Maurice, et de la coopération régionale. Nous allons bientôt attribuer de nouvelles subventions pour promouvoir le développement et l’innovation grâce à la recherche dans le domaine de l’agriculture.

 

Nous lancerons également un nouvel appel à propositions pour soutenir les actions des organisations de la société civile. L’égalité hommes-femmes et l’autonomisation des filles et des femmes seront parmi les priorités de cet appel à propositions. Nous encouragerons également les actions favorisant la participation d’organisations du secteur public, notamment des organismes parapublics et des autorités locales. Notre action à Maurice continuera à s’inscrire dans quatre domaines-clés : le développement social, la croissance économique, le renforcement de la protection de l’environnement et de la durabilité, et la gouvernance des océans. Je peux vous assurer que l’UE restera un partenaire fiable et crédible de la République de Maurice.