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Par Yvonne Stephen
21 juin 2016 13:20
De loin, ils ont l’air tout à fait normaux. De près aussi. Des étudiants comme des milliers d’autres, dégaine de djeunz et code culturel et langagier propre à eux (FB, c’est quoi ?). D’encore plus près, la surface connaît des aspérités, des petites nuances… Mais quel est donc son secret à cette bande ? Un truc à la Pretty Little Liars ? Quand même pas ! Ils surfent du côté lumineux de la force. Ils profitent d’une opportunité plus que sympathique à la MCCI Business School. Allez, on vous explique le bon plan : il s’agit de suivre une formation «diplômante» sans dépenser un sou, tout en bossant dans une entreprise et en recevant un ti cash grâce au dual training programme mis en place par le gouvernement. Pour faire simple, il s’agit d’une formation en alternance.
Profitez-en ! En ce moment, Accenture recrute, dans le cadre de ce programme, des jeunes qui ont le Higher School Certificate en poche. Pour en savoir plus, contactez l’entreprise et/ou le centre de formation qui se situe à Ébène. Justement, dans les locaux de la MCCI, nous rencontrons, en ce mercredi venteux, trois jeunes qui profitent du programme mis en place par Accenture (qui permet en ce moment la formation de 30 jeunes) : Emilie Ah Fock et Annais Beguinot (qui ont toutes les deux 20 ans et qui viennent de Bambous), mais aussi Julie Commarmond (23 ans et habitante de Flic-en-Flac). Elles passent une demi-journée en entreprise et l’autre à l’école. Elles visent le BTS Gestion, assistant(e) de gestion PME-PMI.
Dans la salle de réunion, avec vue sur les buildings de la cybercité, d’autres étudiants sont aussi présents. Ils viennent de la MCB (40 des employés de cette institution bancaire profitent de ce programme) : Atifah Abdool (une Portlouisienne de 19 ans), Benazeer Chukoury (cette Curepipienne a 22 ans) et Didier Heliotrope (21 ans et habitant Port-Louis). Ces derniers sont en banque (dans les succursales présentes dans l’île) une semaine sur deux (l’autre, ils sont à la Business School pour décrocher un BTS Banque). Ils ont tous entendu parler du dual training programme de façons différentes – sur FB (Facebook), dans les journaux, à la radio, lors d’un job fair, alors qu’ils étaient déjà employés par l’entreprise, par un père qui travaillait à la MCB – et ils ont tenté leur chance.
Et ils ne le regrettent pas (genre, pas du tout !). «On me paye mes études. Et en plus, je suis plus marketable. Que demander de plus en ce moment où le chômage est un gros problème pour nous ?»lance Atifah. Depuis quelque temps, plane le spectre du chômage sur les diplômés, alors c’est le bon deal. «On fait nos études, on a un job, de l’expérience et un salaire. C’est au top»,poursuit Benazir. Surtout quand on veut être indépendant et se débrouiller tout seul, comme un grand, confie Didier : «Le salaire nous permet d’être indépendant. Ce n’est pas comme à l’école.»
«Kas dan ta»
La possibilité d’avoir un job à la fin de ses études aussi est un argument non négligeable. Néanmoins, l’entreprise engagée dans ce programme n’est pas tenue d’employer ces jeunes à qui elle permet d’avoir une formation. «Il n’y a aucune obligation. Ce n’est pas inscrit dans notre contrat»,précise Atifah. Mais si ces jeunes kas dan ta, ils mettent toutes les chances de leur côté. Alors, ils se mettent un peu la pression. De toute façon, bosser et étudier en même temps, c’est toujours un peu plus stressant. «C’est vrai qu’il y a une double pression, il faut être productif au travail et en cours. Il faut réussir sur les deux plans. On compte sur nous», confie Julie.
Le tout, c’est de trouver du temps pour gérer ces deux parties de leur vie. «Après une journée de boulot, il faut se convaincre de se consacrer aux études. Ce n’est pas tout le temps facile, mais c’est nécessaire. C’est une question de responsabilité», précise Atifah. Parce que, face aux avantages de ce programme, les difficultés n’apparaissent pas insurmontables : «Les étudiants à temps complet ont plus de temps, c’est vrai. Ils vivent une autre vie. Mais nous, nous gagnons en maturité et en expérience. Et en plus, on peut vite mettre en pratique tout ce qu’on apprend», explique Annais.
Alors, elle ne se laisse pas submerger par la fatigue et l’angoisse. Mais bon, elle ne se prend pas la tête non plus. Parce que de loin, comme ses camarades, elle a l’air tout à fait normale…
L’alternance, c’est quoi ?
Poursuivre des études grâce à son entreprise, tout en travaillant pour elle. C’est un modèle de formation soutenu par le gouvernement à travers le dual training programme. C’est l’entreprise qui prend l’initiative de mettre en place ce programme. Et le gouvernement paie 40 % des frais des études.
Pourquoi la MCCI s’est-elle engagée dans cette aventure ?
La MCCI a été la première institution à Maurice à introduire l’alternance. C’est dans l’ADN même de cette école : soutenir le monde des affaires en formant des futurs employés. Avec le soutien des autorités françaises, nous offrons plusieurs formations (BTS, Licence, Master) en commerce, gestion, informatique, marketing, comptabilité ou encore en finance. Bientôt, nous lancerons une licence en tourisme. Nous ne proposons pas que des diplômes : ici, c’est un ensemble de savoirs qu’acquiert l’étudiant. Il apprend des choses pratiques importantes à maîtriser pour la vie en entreprise.
Quel est l’intérêt de cette formation en alternance pour l’étudiant et l’entreprise ?
C’est un modèle particulier : poursuivre ses études et travailler en même temps. Cette formule offre de nombreux avantages aux étudiants. Voici les principaux :
Le coût des études est pris en charge par l’entreprise.
La finalité est un diplôme reconnu internationalement.
Pendant les études, on acquiert de l’expérience en entreprise.
Un emploi est pratiquement acquis (même si ce n’est pas une règle) à la fin de ces années d’études.
Pour l’entreprise également, la démarche est intéressante. En aidant à la formation des jeunes, elle peut anticiper ses besoins. De plus, à la fin de cette période d’études, elle se retrouve avec des individus diplômés qui ont de l’expérience et la culture de l’entreprise.
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