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Réouverture de l’enquête judiciaire sur l’affaire Kistnen - Simla : «J’ai toujours dit que mon époux a été assassiné»

2 août 2021

La veuve de Soopramanien Kistnen reste déterminée dans sa quête de justice.

La vérité vaincra, martèle Simla Kistnen, encore une fois. Son combat pour que celle-ci éclate n’est pas en vain. Comme le prouvent la réouverture de l’enquête judiciaire et les nouveaux éléments rendus publics le 27 juillet sur le décès troublant de son époux Soopramanien Kistnen. «J’ai toujours dit que mon époux avait été assassiné. Je remercie les “Avengers” d’avoir cru en moi depuis le début, alors que la police parlait de suicide. Ils ont fait un travail vraiment formidable», affirme l’habitante de Montagne-Ory.

 

Le Directeur des poursuites publiques a ordonné la réouverture de l’enquête judiciaire devant le tribunal de Moka après que des nouveaux éléments importants ont été versés au dossier, confirmant le meurtre. Le rapport du Forensic Science Laboratory (FSL) a relevé que l’empreinte d’un homme sur un gant ramassé dans le champ de cannes où la police a retrouvé le corps calciné de Soopramanien Kistnen en octobre 2020. Dans son rapport, le FSL a aussi déclaré que la possibilité que l’activiste politique soit mort par strangulation n’est pas à écarter.

 

Un morceau de tissu retrouvé autour du cou du défunt ne correspond d’ailleurs pas à la couleur de chemise qu’il portait le jour de sa disparition. La langue de Soopramanien Kistnen pendait également, ce qui, selon les enquêteurs scientifiques, pourrait être le résultat d’une strangulation ou de la constriction de la gorge avant la décomposition. Ce, alors que le rapport d’autopsie pratiqué par le médecin légiste de la police indique qu’il n’y a pas eu de strangulation. Le FSL est aussi d’avis qu’il est mort sur le coup car il avait les poings fermés quand on a découvert son cadavre calciné. D’ailleurs, il y avait des morceaux de papier coincés entre ses doigts. 

 

Lors de son audition le 27 juillet, Me Azam Neerooa, représentant du Parquet, a tiré à boulets rouges sur la MCIT. Il a expliqué qu’un premier rapport était prêt le 19 janvier et qu’un deuxième est tombé le 3 mai. Mais ce n’est qu’à la veille de la réouverture de l’enquête judiciaire que les limiers de la MCIT sont allés récupérer les deux documents. Ce qui révolte encore plus Simla Kistnen. «La polis pann fer so travay kouma bizin. Mo anvi kone kifer bann anketer pann trouv tousala avan zot», s’indigne-t-elle.

 

La veuve de Soopramanien Kistnen explique, par ailleurs, qu’elle avait alerté les enquêteurs sur «trwa mark» qu’elle avait vues sur les chevilles de son époux après la découverte macabre. «Mo ti dir sa bann la polis-la kan mo ti al donn mo lanket CID. Bann polisie-la ti dir mwa mark soset sa. Zot ti osi dir mwa ki mo mari inn bwar, sou ek met dife ek li kan linn fime. Mo ti dir zot lerla ki mo mari pa bwar ni fime. Zot inn persiste pou dir mwa linn swiside. Kan mo ti al get la polis ek bann “Avengers” osi zot ti riy nou ek dir swisid mem sa. Me kouma zot inn kone soset sa, alor ki li ti pie ni sa zour-la ?» s’insurge Simla Kistnen.

 

Ce n’est qu’à la réouverture de l’enquête judiciaire qu’elle a eu la confirmation que son époux avait été assassiné après que deux personnes «inn atas so lipie ek so lame». «Ti ousi ena mark dan so figir. Ki kalite otopsi inn fer kot pann trouv tousala ? Mo touzour dan lapenn. Mo zanfan ek mwa ankor pe soufer. Bann “Avengers” pe donn mwa boukou kouraz. Si pa ti ena zot, mo ti pou krwar dan swisid mwa ousi. Mo invit misie Jangi met lord dan so lekip. Nou atann pou gagn la zistis aster», souligne l’habitante de Montagne-Ory.

 

Les travaux de l’enquête judiciaire reprennent le 18 août avec l’audition de l’ASP Seebaruth, responsable de la MCIT. Cette unité a reçu pour mission d’identifier un des assassins de Soopramanien Kistnen sur la liste des suspects à travers l’empreinte relevée sur le gant retrouvé dans le champ de cannes, à Moka. 

 


 

Les «Avengers» maintiennent la pression

 

 

Rama Valayden brandissant la photo d’un briquet retrouvé non loin du cadavre, qui n’a toutefois pas été examiné par la police.

 

Ils ne comptent pas lâcher l’affaire. Les «Avengers» ont animé une conférence de presse pour annoncer une série d’actions qu’ils comptent entreprendre dans leur quête de la vérité. Ces hommes de loi qui assurent les intérêts de la veuve de Soopramanien Kistnen ont déjà envoyé une correspondance au DPP pour lui demander une copie du rapport médico-légal établi après la découverte du corps calciné de l’activiste politique ainsi que le rapport de toxicologie, le rapport ADN, le Locus Report et toutes les photos prises dans le cadre de cette enquête.

 

Les «Avengers» souhaitent faire examiner tout cela par un Leading Forensic Scientist, en Angleterre, dont la famille de la victime a l’intention de retenir les services pour avoir un autre avis sur toute l’affaire. Les avocats sont d’avis qu’en accédant à cette requête, le DPP apaisera les craintes des proches endeuillés qui crient au cover-up depuis le premier jour. «Finn ena cover-up pou protez ki ?» a d’ailleurs demandé Rama Valayden, coordinateur des «Avengers». Il souligne que ceux «ki finn touy Kistnen» doivent payer lourdement.

 

Anoup Goodary a lancé, pour sa part, un appel aux partis de l’opposition à se regrouper contre le pouvoir en place soupçonné de vouloir étouffer l’affaire. Rouben Mooroogapillay a, lui, rappelé que l’affaire Kistnen est «un combat juste pour la vérité». Son confrère Shahzaad Mungroo est aussi revenu sur la thèse de cover-up. Alors que Roshi Bhadain a concentré son intervention sur la persécution alléguée des «Avengers» par le pouvoir politique en place. «Zot pe rod eliminn mwa ek zafer Britam. Zot pou gagn sok ek mwa semenn prosenn», a-t-il dit.

 

Les «Avengers» vont se rencontrer dans quelques jours pour réfléchir à leurs actions futures. «Sa gouvernman-la bizin ale. Nou tou bizin marye pike ansam. Mo lans enn lapel Navin, Paul, Xavier ek Nando. Mo ousi lans enn lapel Rezistans, 100% Citoyen ek Bruneau pou nou met latet ansam. Nou bizin fer enn bann kitsoz lor enn baz demokratik», a lancé Rama Valayden.

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