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«Dhurandhar » : une fresque d’espionnage ambitieuse, puissante… et éprouvante

12 décembre 2025

Le film indien de ce début de décembre risque de faire couler beaucoup d’encre de par sa violence et son propos. N’empêche, le succès devrait être au rendez-vous.

Vous risque d’être un peu secoué, un peu broyé. Avec Dhurandhar, Aditya Dhar confirme sa volonté de s’imposer comme l’un des cinéastes phares du cinéma d’action patriotique contemporain. : un thriller d’espionnage de plus de trois heures qui mêle vengeance froide, stratégie géopolitique et exaltation nationaliste.

Le résultat est visuellement impressionnant, interprété avec intensité, mais souvent excessif dans son désir de persuader et de frapper fort. Le film repose sur la figure d’Ajay Sanyal, incarné par un R. Madhavan habité, dont le parcours rappelle ouvertement celui du conseiller national de sécurité Ajit Doval. Cette proximité, bien que niée par le disclaimer, oriente clairement la lecture du film. Dhar construit autour de lui une narration en chapitres où se croisent politique, terrorisme, infiltration et règlements de comptes. L’idée directrice est simple : «entrer chez l’ennemi pour le détruire».

L’arc dramatique principal repose toutefois sur Hamza, interprété par un Ranveer Singh sombre, massif et implacable, chargé d’infiltrer les gangs baloutches de Karachi. S’il livre une prestation intense, elle souffre parfois d’une monotonie émotionnelle, surtout lorsqu’elle est mise en contraste avec Akshaye Khanna, remarquable dans le rôle de Rehman Dakait. Charismatique, inquiétant, presque hypnotique, Khanna domine chaque scène et devient l’attraction principale du film. Rakesh Bedi surprend également dans un rôle ambigu, à la fois grotesque et menaçant.

La mise en scène, brute et nerveuse, oscille entre réalisme documentaire et spectacle violent. Dhar n’hésite pas à insérer des images d’archives, à utiliser un langage cru et à appuyer sa vision politique, quitte à frôler la surenchère. La musique de Shashwat Sachdev, alliée à des séquences chorégraphiées avec précision, ajoute une tension continue.

Dhurandhar est donc un film massif, efficace par moments, porté par des acteurs magistraux, mais qui peut asséner aussi par sa longueur et son ton martelant. Une œuvre qui va fasciner autant que diviser.

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