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Par Elodie Dalloo
8 juillet 2021 14:26
Elle n’avait que 21 ans. Comme toutes les jeunes femmes de son âge, Rajrani Bootna Pengwah, aussi connue sous le nom de Zainab, avait des projets plein la tête. Elle souhaitait de tout cœur que son époux Ajmal, qui travaille comme cuisinier dans un hôtel, parvienne à lancer son entreprise pour pouvoir passer plus de temps avec lui et pour qu’il soit présent dans tous les moments-clés de la vie de leur fillette de 2 ans. Malheureusement, elle ne verra pas ses rêves se concrétiser. Le lundi 28 juin, Zainab Pengwah a succombé à de graves brûlures au département des grands brûlés de l’hôpital Victoria, Candos, après plus de six mois d’hospitalisation.
Son époux Ajmal se souvient de cette journée fatidique où tout a basculé, comme si c’était hier. Le lundi 18 janvier, le couple se trouve à son domicile, à Rivière-du-Rempart. «Zainab et moi avions eu une petite discussion. Elle a voulu sortir se changer les idées et en a profité pour sortir les ordures et les brûler», confie-t-il. Quelques instants plus tard, il l’a entendue hurler : «Lorsque je suis allé voir ce qui se passait, j’ai vu ses vêtements en feu. Je pense que l’alcool dénaturé qu’elle avait utilisé s’était répandu sur elle.»
Sans perdre de temps, le jeune homme tente de la secourir. «Je lui ai enlevé son T-shirt et je me suis brûlé mais j’ai pu venir à bout des flammes», se rappelle-t-il. Ajmal Pengwah s’est dépêche ensuite de trouver un véhicule pouvant les conduire à l’hôpital. «J’ai vu des ambulanciers déposer mon voisin qui venait de faire sa dialyse et je leur ai demandé de nous venir en aide.»
Ainsi, la jeune femme est emmenée à l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam pour les premiers soins, avant d’être transférée au département des grands brûlés, à l’hôpital Victoria. «Durant les mois qui ont suivi, je lui ai régulièrement rendu visite. Les médecins m’avaient dit qu’elle s’était brûlée à 50 %. Même si elle avait parfois peur de faire ses pansements ou ne mangeait pas toujours correctement, j’étais convaincu qu’elle allait s’en sortir», s’attriste notre interlocuteur.
Le dimanche 27 juin, dans la soirée, il raconte avoir eu son épouse au téléphone : «Elle voulait s’assurer que j’avais mangé.» Il ignorait alors qu’il s’agissait de sa dernière conversation avec elle. «Le lendemain, les médecins m’ont contacté pour me dire que son état de santé s’était aggravé. Ils m’avaient conseillé de venir lui rendre visite avec notre fille.» Toutefois, à son arrivée dans l’établissement hospitalier, Zainab Pengwah venait tout juste de rendre l’âme. Une autopsie a conclu qu’elle a succombé à une septicémie.
Ajmal Pengwah décrit son épouse comme la femme de ses rêves : «Elle était une mère et une épouse dévouée et aimante. Notre fille était très attachée à elle, vu qu’elle ne travaillait pas pour pouvoir s’occuper d’elle. Pendant son hospitalisation, elle l’a réclamée à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elle finisse par s’habituer à son absence. Bien entendu, à chaque fois qu’elle revoit des photos de sa mère, elle se souvient d’elle.»
Malgré sa douleur, le père de famille s’accroche aux souvenirs des bons moments passés avec son épouse, comme leurs promenades et les bons petits plats que cette dernière préparait pour les siens.
Les funérailles de Zainab Pengwah ont eu lieu le lundi 28 juin.
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