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À 6 ans, Rivyansh s’éteint en Inde après un long combat contre le cancer

Anusha Raghoobur : «Mo beta inn tro soufer isi, li ar Bondie aster»

7 mars 2026

Anusha s'est battue aux côtés de son fils pendant deux ans.

Son combat contre la maladie a été long et difficile. Hospitalisé en Inde depuis deux ans, Rivyansh Raghoobur s’est éteint ce mardi 3 mars, rongé par un cancer de l’intestin. Il a été rapatrié dans l’île ce vendredi 6 mars et ses funérailles ont eu lieu le lendemain. Bien qu’anéantie, sa mère Anusha, sa plus fidèle alliée, ne nous partage pas seulement sa souffrance, mais aussi la leçon de vie que ce combat lui a inculquée. Témoignage.

Dans bien des cas, on a pu penser que les réseaux sociaux nous isolent, mais le petit Rivyansh a su nous prouver le contraire. En l’espace de moins de deux ans, il est devenu le «petit héros» d’une communauté dont les membres, pour la plupart, ne l’avaient jamais rencontré, mais l’aimaient tout de même profondément, admiratifs de son courage, de sa force et de sa volonté à savourer chaque seconde.

Sa bataille contre la maladie a commencé il y a environ deux ans, lorsqu’il a dû s’envoler pour l’Inde avec sa famille pour y recevoir des soins. Souffrant d’un cancer de l’intestin, il bénéficiait du Child Cancer Scheme du gouvernement mauricien. «Tou dimounn ti krwar ki kan nou ti laba, nou ti dan bien. Mo'nn koumans fer bann video pou partaz avek zot bann letap-la me mo pa ti ankor kone ki mo zanfan pe al mor», nous confie sa maman Anusha Raghoobur, qui a mené ce combat à ses côtés avec une dignité exemplaire. Sans filtre et sans fard, elle a ouvert au public la porte de leur intimité et lui a livré la réalité brute de leur lutte à travers des lives quotidiens.

En exposant les victoires, comme les épreuves, elle a créé un lien indéfectible avec les internautes, témoins de leur vérité. Sa page Facebook, devenue un journal de bord humain, a permis à des milliers d’inconnus de comprendre, de se battre, mais aussi de pleurer à leurs côtés. Ce mardi 3 mars, lorsque sa mère a annoncé son départ face à la caméra, tous ont ressenti ce terrible déchirement, comme s’ils perdaient l’un des leurs. Mais au-delà de la maladie, sa famille souhaite qu’on retienne de lui la force monumentale dont il a fait preuve à seulement 6 ans.

À Morcellement Plaine-des-Gersigny, à Flacq, en ce samedi 7 mars, la ruelle menant au domicile de la famille Raghoobur est bondée. Des proches, des amis, mais également des anonymes venus des quatre coins de l’île se sont déplacés massivement pour le dernier rendez-vous de cette véritable petite star dont la force d’âme continue encore d’impressionner. À l’extérieur, le contraste est saisissant : tous s’attendaient aux nuances sombres du deuil, mais l’entourage de Rivyansh a préféré choisir des couleurs éclatantes, qui donnent l’impression qu’une fête d’anniversaire géante aura lieu. Des arcs de ballons bleus et des rubans ornent les lieux, comme pour transformer cette journée en célébration.

Ténacité surhumaine

C’est justement ce que souhaite sa mère Anusha. À l’assistance, elle ne cesse de répéter que «mo pa le zot plore», préférant qu’on célèbre le guerrier que Boubou – ainsi qu’elle le surnommait affectueusement – a été plutôt que de s’attrister de son absence. D’ailleurs, elle a elle-même troqué le blanc du deuil pour une tenue traditionnelle aux couleurs vibrantes, comme si elle ne souhaitait pas que l’ombre de la mort prenne le dessus sur l’étincelle de son fils. «Li ti enn zanfan sourian. Li ti konn koz hindi, angle, marathi, li ti konn sante tou», nous raconte-t-elle, ses yeux émettant une fierté qui dépasse sa peine. «Sa lamour ki li'nn donn mwa la, pa bizin boyfriend ou girlfriend. Monn gagn li boukou avek mo garson ; se sa ki pou mank mwa pli boukou.»

Sur les réseaux, les internautes ont largement salué la ténacité surhumaine dont elle a fait preuve en menant ce combat auprès de son fils au quotidien. Mais dans son regard, on comprend que sa force n’était pas un choix, mais une nécessité. Elle ne se sent pas victorieuse d’avoir su tenir bon ; elle continue de regretter que tout son amour n’ait pas suffi à changer l’issue de la destinée de son petit Rivyansh. «Mo pa le felisit mwa. Mo ti dir mo pou fer mirak, ki mo pou retourne avek mo zanfan, me mo zanfan inn mor», lâche-t-elle, ne contenant plus cette souffrance qui la ronge à l’intérieur. Pendant tellement longtemps, le monde s’était arrêté de tourner pour elle. Elle avait mis sa vie entre parenthèses, se consacrant corps et âme à la guérison de son enfant en Inde. À côté, elle avait même dû gérer la santé fragile de sa mère, qui avait fait un infarctus durant la même période.

Mais aujourd’hui, elle s’interroge : «Zanfan-la inn fini ale, ki mo pou fer aster ?» Les jours ayant suivi le décès de Rivyansh n’ont pas été de tout repos pour notre interlocutrice. Comme si le destin voulait tester son courage une dernière fois, les jours d’attente pour le rapatriement de son corps, financé par l’État, ont été une torture invisible qu’elle a vécue comme une injustice supplémentaire. «Mo misie ek mwa finn bizin fer boukou demars. Enn zanfan inn mor dan nou fami, li pa ti avek nou, kouma nou ti pou kapav rest anplas ? Mo pa ti pe kapav dormi ; kouma mo ti pe ferm mo lizie, mo ti pe santi mo leker pe ale. Pandan plizier zour mo pann manze.» Ce n’est que ce vendredi 6 mars, après avoir pris l’avion pour rentrer, dit-elle, «ki mo finn kapav dormi kan mo'nn retournn dan mo lakaz avek mo garson. Mo'nn soulaze ki li anfin la avek mwa. Se la ki mo finn resi repoze, ki mo finn resi asiz avek li pou manze».Ce samedi 7 mars, dans la pièce où a été exposé le corps de Rivyansh, ce ne sont pas seulement des souvenirs de famille qui ont orné la pièce. Des photos, retravaillées avec soin par des internautes, sont venues rappeler que l’étincelle du petit garçon avait voyagé bien au-delà de sa chambre d’hôpital. À ses côtés, ses peluches préférées veillaient sur lui une dernière fois.

À 13h30, après les prières et les chants, son cercueil blanc s’est refermé. Une tristesse incommensurable a envahi la pièce, mais elle était accompagnée d’un souffle nouveau : celui du soulagement. «Ale aster Rivyansh, tonn tro soufer isi beta ! Pa pans mama twa, to ar Bondie aster», lui a lancé Anusha pour lui ouvrir le chemin. Si elle évoque des négligences de la part du personnel hospitalier et du gouvernement, la mère de Rivyansh avance : «Mo zis anvi mo zanfan al dan so bien aster. Monn bien lager, mo pa le lager ankor, mo kone li pe al kot Bondie. Li pou mank mwa boukou, me zot pa pou kapav reamenn mo zanfan. Mo konba se pou bann lezot paran. Mo espere ki dres sistem-la pou ki bann erer pa repete.»

Sa douleur, elle a su la transformer en une véritable leçon de vie. Son message pour nous tous est le suivant : «Lavi kourt, pa fer move kitsoz, pa lager ek zot fami, profit sa lavi-la

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