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Varusha Pirappu

Au cœur des traditions chez les Vencatachellum

11 avril 2026

Ce jeune couple, parents d'une petite fille, sont très attachés aux traditions familiales.

La communauté tamoule célèbrera ce mardi 14 avril le Varusha Pirappu, marquant l’arrivée d’une nouvelle année. Entre prières, rituels et moments de partage en famille, cette fête représente beaucoup pour les familles. Incursion chez les Vencatachellum, qui nous partagent leur manière de vivre cette célébration.

Un moment empreint de joie, de spiritualité et de partage. Ce mardi 14 avril, les Mauriciens de la communauté tamoule célèbrent l’entrée dans la nouvelle année selon leur calendrier. Le Varusha Pirappu, symbole de renouveau, d’espoir et de prospérité, est attendu avec impatience par les familles qui débutent cette journée spéciale dans la prière, avant de laisser place aux moments de convivialité, que ce soit lors d’une fête en famille, d’une sortie à la plage ou encore à l’occasion du spectacle culturel réunissant plusieurs artistes, prévu dans l’après-midi au MGI Auditorium de Moka. Chez les Vencatachellum à Rose-Hill, c’est un moment de grand bonheur familial que personne ne saurait manquer.

Pour accueillir ce grand jour, les petits plats sont mis dans les grands, et les préparatifs ont commencé plusieurs jours à l’avance. Une fois le grand nettoyage terminé, la maison sera décorée avec des feuilles de mangue, de coco et de bananier. Des dessins sont aussi réalisés avec du riz coloré, appelés kolam, afin d’attirer les énergies positives en ce premier jour de l’an. Pour Siven Vencatachellum et sa famille, c’est avant tout un moment de gratitude et d’introspection. «C’est un moment pour réfléchir à l’année écoulée, se reconnecter à nos traditions et envisager l’avenir avec espoir. Cette année, nous accueillons l’an 5128 selon le calendrier tamoul, un calendrier solaire ancien qui remonte à plusieurs millénaires. Chaque année y est associée à un nom et à une symbolique particulière, influençant l’état d’esprit avec lequel elle est abordée. L’année 5128 est ainsi perçue comme propice à la croissance personnelle, à la créativité et au renforcement des liens familiaux et amicaux.»

Renouveau

Au cœur de leur foyer, la transmission de la culture et des traditions occupe une place essentielle. «Pour moi et mon épouse Davina, c’est aussi une occasion précieuse de transmettre nos valeurs, notre culture et nos traditions à notre fille Leana, âgée de trois ans, afin qu’elle grandisse en connaissant ses racines et l’importance des liens familiaux. Dans notre famille, la célébration commence par un bain purificateur, symbole de renouveau du corps et de l’esprit, suivi des bénédictions des aînés. Nous faisons ensuite une prière dans notre Sami Arai, l’autel familial, un moment intime qui nous rassemble avant de nous rendre au temple. Là, accompagnés de mon père, nous prions pour la nouvelle année et écoutons la lecture du Panchagam, censée guider les mois à venir. Après la prière, nous partageons simplement un repas en famille et, selon les occasions, nous nous rendons à la mer pour prolonger ces instants de convivialité.»

En effet, les traditions culinaires occupent également une place centrale, avec des mets emblématiques comme le mangai pachadi, dont la diversité des saveurs illustre les différentes expériences de la vie. Le Mahaprasadam est aussi partagé. Ce mets, d’abord offert en offrande aux divinités, est ensuite distribué aux dévots afin de s’imprégner de sa portée spirituelle et de purification.

Au-delà des rituels, Varusha Pirappu demeure avant tout un temps familial fort où la convivialité et l’unité priment. D’ailleurs, les souvenirs sont nombreux pour Siven Vencatachellum, qui se remémore avec émotion et nostalgie les célébrations de Varusha Pirappu qu’il a vécues au fil des années au sein de sa famille et de sa communauté. «Mon plus beau souvenir reste les Varusha Pirappu passés avec ma grand-mère, Mama Batma. Toute la famille se réunissait autour d’elle pour savourer les plats qu’elle préparait avec tant de soin, tout en écoutant ses histoires racontées avec passion. Ces moments de partage et de chaleur humaine incarnaient, pour moi, l’essence même du Nouvel An. Aujourd’hui, son absence rappelle combien ces figures familiales sont au cœur de nos traditions. Avec leur départ, les célébrations évoluent, tout en conservant l’héritage qu’elles nous ont transmis.»

Pour Siven Vencatachellum, Varusha Pirappu porte aussi un message profond : «Varusha Pirappu est aussi une invitation à repartir à zéro, à réfléchir à ce que l’on peut améliorer dans notre vie comme dans celle des autres. C’est un moment pour revenir à l’essentiel, renforcer nos valeurs et, à notre échelle, cultiver plus de solidarité, de proximité et de bienveillance autour de nous. Chaque année, cette fête nous rappelle que le renouveau commence dans nos gestes, nos paroles, et dans la manière dont nous choisissons de vivre ensemble.»

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