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14 février 2026 10:24
Benito Antonio Martínez Ocasio, plus connu sous le nom de Bad Bunny, est un artiste portoricain qui a révolutionné la scène musicale mondiale. Entre sa récente récompense aux Grammy Awards et sa performance éblouissante au Super Bowl, il est devenu un phénomène culturel...
C'est l'artiste incontournable du moment. On le voit partout et on parle surtout de lui partout : dans les médias internationaux et, bien évidemment, sur les réseaux... En ce moment, rien que l’évocation de son nom suscite une vague de réactions. En effet, Bad Bunny est un artiste qu’on ne présente plus et qui est considéré comme ayant révolutionné la scène musicale mondiale. Sa performance à la mi-temps du Super Bowl, le 8 février, et sa récente récompense aux Grammy Awards ont confirmé son statut de leader de la musique latine. Pour beaucoup, il est un symbole de fierté pour la communauté latino-américaine et un exemple à suivre pour les jeunes artistes.
Il y a quelques semaines, il avait retenu l’attention sur la scène de la Crypto.com Arena, à Los Angeles, en recevant le prix du meilleur album de musique urbaine pour son sixième album studio solo, Debí Tirar Más Fotos, lors la dernière cérémonie des Grammy Awards. Le rappeur portoricain, qui a également remporté le prix de la meilleure performance musicale mondiale pour Eoo, a aussi fait parler de lui suite à son discours dans lequel il a demandé le retrait des agents de l’immigration et des douanes américaines (ICE) dans un climat de violence croissante actuellement aux États-Unis.
«Je veux dédier ce prix à toutes les personnes qui ont dû quitter leur patrie, leur pays, pour suivre leurs rêves (...) Avant de remercier Dieu, je vais dire : dehors l’ICE. Nous ne sommes pas des sauvages, nous ne sommes pas des animaux, nous ne sommes pas des aliens : nous sommes des êtres humains, et nous sommes des Américains», avait-il souligné sous une salve d’applaudissements. «La seule chose qui soit plus puissante que la haine, c’est l’amour (...)», a poursuivi le rappeur de 31 ans. Celui que beaucoup considèrent comme le roi de la trap latine est, depuis sa performance éblouissante lors du Super Bowl, considéré comme un phénomène culturel.
Né le 10 mars 1994 à San Juan, Porto Rico, Bad Bunny, chanteur, rappeur, producteur et catcheur, a grandi dans un environnement musical. Il a commencé à chanter et à rapper à l’âge de 14 ans, et a rapidement gagné en popularité sur les réseaux sociaux. Son premier album, X 100pre, sorti en 2018, a été un succès immédiat. Porté par son parcours inspirant, il n’a cessé, ces derniers temps, d’attirer la lumière. En remportant le Grammy Award de l'album de l'année, il est devenu le premier artiste hispanophone à recevoir ce prix.
En étant la tête d’affiche du dernier spectacle de la mi-temps du Super Bowl, il est aussi devenu le premier artiste latino-américain à assurer ce show. Sa prestation est aujourd’hui décrite comme une célébration de la culture latino-américaine. Le temps d’un show explosif, le chanteur, qui est aussi une référence dans le milieu de la mode de par ses looks qui ne laissent jamais indifférent, a pris d’assaut la scène du Super Bowl avec une performance qualifiée d’éblouissante. Accompagné de Lady Gaga et de Ricky Martin, qui étaient aussi de la partie comme guests, il a chanté des chansons de son album Debí Tirar Más Fotos et a fait un clin d’œil à l’histoire de Porto Rico.
Émotion

Le décor de la scène représentait une plantation de canne à sucre, symbole de la culture portoricaine. Et le discours du chanteur, en grande partie en espagnol, est aujourd’hui décrit comme étant un message d’espoir et de fierté pour la communauté latino-américaine. Le show de Bad Bunny n’a toutefois pas charmé tout le monde. Le président américain Donald Trump, par exemple, a qualifié le spectacle d’«affreux».
Le Mauricien Melvin Moothen, installé aux États-Unis, a suivi tout le buzz autour du chanteur actuellement. «Concernant la performance que tout le monde appelle le Benito Bowl, la première chose que je dirais, c’est qu’elle m’a semblé plus importante qu’un simple spectacle de mi-temps. Pour moi, c’était un moment dédié à l’inclusion et à la représentation, à une époque où les immigrants et les personnes issues de milieux divers sont constamment sous pression aux États-Unis. En tant qu’immigrant et citoyen, j’ai ressenti une immense fierté en regardant cela», nous confie notre compatriote en revenant sur ce show qui a fait beaucoup de bruit.
«Voir Bad Bunny devenir le premier artiste solo hispanophone à être la tête d’affiche du Super Bowl, un événement souvent décrit comme le summum de la "culture américaine", était très émouvant. Il a choisi de chanter entièrement en espagnol, ce que certains ont qualifié d’"anti-américain". Mais cette réaction montre à quel point les gens comprennent peu. Porto Rico est un territoire américain, et sa culture fait également partie de l’Amérique. Pour moi, cette décision n’était pas source de division, elle était honnête», poursuit Melvin qui n’a rien raté de la prestation du chanteur. «Les détails de la performance étaient vraiment remarquables. L’herbe sur scène semblait rendre hommage aux travailleurs agricoles. Quand il a grimpé au poteau électrique, j’y ai vu un rappel des coupures de courant auxquelles Porto Rico est constamment confronté, en particulier pendant les ouragans, et de la frustration que beaucoup ressentent face au manque d’infrastructures», souligne notre compatriote.
Il a aussi été marqué par la célébration du mariage sur la scène. «Cette séquence montrait la famille, la communauté et les valeurs latines communes. En regardant cela, j’ai pensé à Maurice, mon île natale, une île fondée sur le mélange des cultures et la diversité. À bien des égards, nos valeurs familiales et communautaires sont très similaires. J’ai également apprécié la façon dont il a mis en avant d’autres artistes latinos qui ne sont pas toujours reconnus. Voir des invités comme Lady Gaga, avec une tenue rendant hommage à la culture portoricaine, et Ricky Martin, m’a donné l’impression d’assister à une célébration de l’intégration et de l’acceptation de l’autre, indépendamment de qui nous sommes en tant qu’individus – différentes cultures partageant un même espace et s’élevant mutuellement», poursuit Melvin.
Notre compatriote ne cache pas non plus avoir été touché par la fin du tableau : «La fin m’a particulièrement émue. Bad Bunny marchait parmi des personnes brandissant des drapeaux de pays d’Amérique tout en disant "God Bless America", et le message en arrière-plan disait "La seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour". La conclusion "Ensemble, nous sommes l’Amérique" semblait être un appel direct à l’unité, à une époque où la politique et le racisme divisent souvent les gens. Personnellement, ce spectacle m’a beaucoup touché, car il reflétait ce que représente l’île Maurice : enn sel lepep, enn sel nation», souligne notre compatriote qui est aussi conscient du fait que le show n’a pas fait l’unanimité.
«J’ai regardé le spectacle dans l’avion qui me ramenait à Los Angeles. J’ai été frappée par le nombre de passagers qui avaient décidé de ne pas le regarder parce qu’on leur avait dit qu’il ne serait pas en anglais et qu’il serait "anti-américain". Assis là, en tant que personne de couleur, j’étais mal à l’aise d’entendre ces conversations. Cela m’a rappelé que la discrimination existe partout, même si elle prend des formes différentes d’un pays à l’autre», nous confie le jeune homme. Il a choisi de se concentrer sur le positif de la prestation de Bad Bunny : «Je suis fier de savoir que des millions de personnes ont soutenu et applaudi cette performance. Ce fut l’un des spectacles les plus regardés, ce qui me montre que beaucoup de gens croient en l’unité et la diversité...»
C’est en famille qu’Elisa Rosse Griggs, une autre compatriote installée aux USA, a visionné le show de la mi-temps de Bad Bunny au Super Bowl. Le spectacle du chanteur a été suivi par plus de 135 millions de téléspectateurs à travers le monde. Les plateformes de streaming ont également enregistré des pics d’écoutes dans les minutes suivant la prestation. «J’ai adoré le show de Bad Bunny. J’étais à Los Angeles avec ma petite famille pour voir le Super Bowl avec d’autres proches. Bien sûr, on a attendu avec impatience le half-time show, surtout depuis qu’on savait que c’était Bad Bunny qui allait l’assurer. Est-ce que j’ai compris un mot de ce qu’il disait : non, est-ce que c’étaient de belles chansons sur lesquelles on a bien bougé ? Mari ankor ! On a bien dansé. C’était une très belle performance. Il y avait de beaux messages de paix. Il a fait vibrer le stade et je crois que c’est le plus important avec tout ce qui se passe aux États-Unis. C’était une bonne bouffée d’air frais», nous confie Elisa qui, comme de très nombreuses personnes aux États-Unis et ailleurs, a vibré avec le one and only Bad Bunny...
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