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Jugé coupable du meurtre sans préméditation de sa concubine Martine Fineau

Yannick Marie écope d’une peine d’emprisonnement de 40 ans

17 février 2026

L'homme n'a pas exprimé de remord au moment de l'énoncé du verdict.

Il y avait eu des aveux, des preuves accablantes et des témoignages à glacer le sang. Malgré cela, Roger Sheldon Yannick Marie, arrêté après le meurtre de sa concubine Martine Fineau, avait plaidé non-coupable des faits lui étant reprochés. La semaine dernière, il a été jugé coupable d’homicide sans préméditation à une majorité de sept jurés contre deux. Si dans un premier temps, la poursuite avait requis une peine de 35 à 39 ans de prison contre l’accusé, ce lundi 9 février, le juge Iqbal Maghooa s’est montré encore moins indulgent, le condamnant à 40 ans de prison pour ce crime sordide ; jugeant cette sentence «just and proportionate» au vu des circonstances.

La dernière fois que l’entourage de Martine Fineau avait eu de ses nouvelles, cela remonte à février 2022. À l’époque, selon ses proches, elle avait fui le domicile de son compagnon parce que celui-ci l’avait rouée de coups. Elle avait trouvé refuge chez sa sœur Claudine, à Cassis. Après y avoir séjourné pendant trois jours, elle avait indiqué à ses sœurs qu’elle devait retourner chez Yannick Marie pour récupérer ses effets personnels et leur avait promis de le quitter. Toutefois, après son départ, elle ne leur a plus donné signe de vie. S’inquiétant de ne plus avoir de ses nouvelles, ce qui était contraire à ses habitudes, les membres de sa famille avaient fini par signaler sa disparition à la police. C’est ainsi que, dans le cadre de l’enquête, les forces de l’ordre avaient débarqué chez son concubin le 12 mai 2022, à Pointe-aux-Sables, en quête d’indices. Interpellés par l’odeur nauséabonde très forte émanant de la fosse septique, les officiers avaient fini par y découvrir le corps en état de décomposition avancé de Martine Fineau. Ses pieds avaient été ligotés à l’aide d’un câble électrique, qui avait été rattaché à un bloc de béton.

Le corps de la victime, âgée de 43 ans, avait été dissimulé dans une fosse septique.

Au moment de la découverte macabre, Yannick Marie était déjà en détention provisoire depuis plusieurs jours pour une affaire de drogue. Il avait reçu la visite des enquêteurs à la prison de Beau-Bassin, où il était incarcéré, dès le lendemain. Soumis à un feu roulant de questions, il avait fini par cracher le morceau. Il avait raconté aux forces de l’ordre que le jour fatidique, sa compagne et lui consommaient des boissons alcoolisées lorsqu’une dispute a éclaté. Il avait allégué s'être énervé parce qu’elle l’aurait giflé à plusieurs reprises. Il l’aurait, à son tour, donné des gifles, puis des coups à la tête. «The victime screamed and cried.» Puis, tous deux seraient allés se coucher. Ce serait au moment où il s'est réveillé qu’il aurait réalisé qu’elle ne respirait plus. Pris de panique, il aurait cherché à masquer son crime en lui ligotant les pieds avec un câble électrique, qu’il a en suite rattaché à un bloc de béton, avant de balancer son corps dans la fosse septique. L’autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du département médicolégal de la police, a attribué le décès de la victime à un intracranial haemorrhage. Elle avait aussi eu les côtes fracturées.

Avant de rendre son jugement, le juge Iqbal Maghooa a avancé qu’en se basant sur la déclaration de l’accusé et le rapport médicolégal, on pouvait déterminer que «the victim was subjected to severe acts of violence which had caused her death». Il a rajouté que «the manner in which the body in which the body was concealed constitutes a gross affront to human dignity». Selon lui, cela ne fait aucun doute que la sentence lui étant imposée doit être proportionnelle à son niveau de culpabilité et au mal causé à la victime, ainsi qu’à sa famille. Pendant l’énoncé du verdict, Yannick Marie, déjà fiché pour vol et des affaires de drogue, est resté silencieux. À aucun moment il n’a exprimé de remord ou justifié de circonstances atténuantes pour le crime commis.

Le tribunal l’a ainsi condamné à une peine d’emprisonnement de 40 ans. Le nombre de jours qu’il a déjà passé en détention sera déduit de sa sentence. Il était défendu par Mes Zakir Mohamed et Yousuf Azaree.

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