Marie-Ange Lebon, Curepipe : «Voir au-delà des différences culturelles»
«Dans mon île Maurice arc-en-ciel, je vois le rouge, le jaune, le bleu et le vert partout. Être Mauricienne, pour moi, c’est "as one people, as one nation", comme le dit si bien notre hymne national. C’est une parole qui résonne en moi et qui prend tout son sens. C’est ressentir la fierté de notre diversité, où chaque culture, chaque langue et chaque tradition contribue à notre identité commune. Aujourd’hui, plus que jamais, être Mauricienne, pour moi, c’est avant tout savoir accepter la pluralité de notre peuple et voir au-delà des différences culturelles. C’est se sentir appartenir à un même peuple avec des valeurs communes et exprimer son patriotisme en pensées et en actes.»
Adil Dookee, Plaine-Verte : «Avoir une identité nationale»
«C’est une immense fierté car être Mauricien, c’est avant tout avoir une identité nationale. En tant qu’athlète, j’ai l’opportunité de représenter Maurice dans de grands événements internationaux et, lorsqu’on est sur le podium, c’est un honneur de voir le drapeau mauricien être hissé au mât aux côtés d’autres pays. Et quand on remporte la médaille d’or et qu’on entend résonner le Motherland, l’émotion est indescriptible. Être mauricien, c’est appartenir à une société qui, malgré ses différentes cultures, arrive à vivre en harmonie. C’est quelque chose que nous ne voyons pas dans d’autres pays. Je voyage beaucoup en raison de mes compétitions et je n'ai rien trouvé de comparable à Maurice. Et quand on a la chance de rivaliser avec de grandes nations, on ne peut s’empêcher de se réjouir à l’idée qu’un petit bout de terre dans l’océan Indien soit capable d’accomplir de si belles choses.»
Gaurav Heerowa, Gros-Cailloux: «La volonté de se battre pour ses droits»
«Être Mauricien en 2026 est avant tout une fierté. Bien que nous soyons un petit point sur la carte mondiale, nous arrivons à accomplir de belles choses et à impressionner les grandes nations de ce monde. Prenons le cas des Chagos comme exemple : le fait même de relever la tête et de réclamer notre droit de souveraineté sur ces îles à de grandes nations est exceptionnel. C’est ça être mauricien, c’est cette volonté de se battre pour ses droits face aux superpuissances.»
Dheeraj Sreemantoo, Forest-Side : «Nous vivons tranquillement mais….»
«En tant que personne du troisième âge, je peux voir tout le cheminement de l’île Maurice. Nous avons connu des moments difficiles, des périodes instables, par exemple peu avant l’Indépendance. Mais nous avons aussi évolué en tant que pays. Avec la technologie, des moyens de transport plus modernes, nos vies de Mauriciens sont devenues plus faciles. Je vois que nous vivons de façon tranquille en général. Certes, ce n’est pas parfait, il y a beaucoup de soucis, comme la violence, des problèmes de law and order et, bien sûr, le trafic et la consommation de drogue. Mais quand je vois que certains pays connaissent des guerres civiles, des bombardements, la mort partout qui n’épargne personne, je me dis que nous vivons encore relativement bien en 2026, même si ce n’est pas parfait…»
Amit Mahabeer, L'Amitié : «C'est vivre la beauté de la diversité»
«Être Mauricien en 2026, c’est vivre la beauté de la diversité, tout en ressentant le poids de la réalité. La vie est plus chère, le monde paraît incertain et les gens recherchent de la stabilité et des opportunités. Je suis fier de notre harmonie et de notre culture, et je pense que notre prochaine étape est de les protéger – car, de jour en jour, elles deviennent plus fragiles. Et il y a aussi l’environnement : on voit les espaces verts diminuer, la nature reculer, pendant qu’on construit toujours plus de villas et de centres commerciaux, parfois sans vraie nécessité. Pour moi, avancer ne doit pas vouloir dire tout bétonner : il faut exiger mieux – des institutions plus solides, des chances équitables, et un avenir auquel les jeunes peuvent croire, dans un pays qu’on préserve.»
Gilliane Philogène, Curepipe : «Entre tradition, responsabilité familiale et ambition personnelle»
«Être Mauricienne en 2026, pour moi, n’est pas incarner une seule image. C’est représenter la femme moderne, qui évolue entre tradition, responsabilité familiale et ambition personnelle. Le respect et la fidélité sont des valeurs essentielles pour elle. Elle est forte, ambitieuse, déterminer et en quête de respect. Elle veut avoir sa place, qu’on reconnaisse ses forces. Aujourd’hui, et depuis la pandémie de Covid-19, les Mauriciennes sont celles qui excellent dans l’entrepreneuriat. Elles ne sont plus les petites filles qui attendent le prince charmant sur son cheval blanc. Elles débordent d’énergie pour réaliser leurs propres rêves. Certaines qui se donnent à fond avec deux boulots pour arrondir leurs fins de mois La Mauricienne joue souvent plusieurs rôles à la fois : mère, épouse, professionnelle, soutien de famille. Elle œuvre pour construire sa vie, sa famille, son île.»
Kevin Chan Tam Chan, Port-Louis: «C’est vivre ensemble dans la diversité»
«Être Morisien, c'est embrasser une identité multiculturelle et dynamique, ancrée dans l'unité, où coexistent pacifiquement des héritages africains, indiens, chinois et européens d'une grande diversité. C'est vivre dans un véritable creuset de cultures qui célèbre la variété des fêtes, des langues et des cuisines, et qui forge une communauté accueillante, hospitalière et résiliente sur l'île. Être Mauricien, c'est aussi connaître la culture des autres, ce qui nous amène à découvrir différentes religions et différentes cuisines. À l'île Maurice, les touristes viennent découvrir nos cultures et nos religions, et bien que nous puissions avoir des religions différentes, nous sommes tous Mauriciens.»
Shamima Peer, Curepipe : «C’est synonyme d’une fierté renouvelée pour son identité et ses racines, tout en étant engagée face aux défis mondiaux et locaux...»
«Être Mauricienne en 2026 pourrait signifier plusieurs choses, en fonction de l’évolution des aspects sociaux, culturels, économiques et politiques à l’île Maurice et dans le monde en général. C’est être fière de son héritage culturel unique, résultant d’un mélange de traditions africaines, indiennes, européennes et chinoises. En 2026, cette richesse pourrait être renforcée par un intérêt croissant pour la préservation des langues, des arts et des coutumes locales. En tant que citoyenne, j’aurais voulu être plus impliquée dans les questions sociales et environnementales. La participation aux discussions sur des sujets comme la justice sociale, l’éducation et la durabilité pourrait devenir une priorité, témoignant d’une conscience citoyenne active. Grâce à la technologie et aux médias sociaux, être Mauricienne pourrait signifier être connectée à un réseau mondial. Étant une île, l’impact du changement climatique pourrait devenir un enjeu majeur en 2026. En tant que Mauricienne, la sensibilisation et l’action face à ces défis seraient cruciales pour préserver l’environnement et le mode de vie de notre communauté.En somme, être Mauricienne en 2026 pourrait être synonyme d’une fierté renouvelée pour son identité et ses racines, tout en étant consciente et engagée face aux défis mondiaux et locaux qui se présentent.»
Kelia Martina, Cottage: «Notre plus grande richesse, c’est notre diversité»
«Être Mauricienne, c’est grandir dans une île où les cultures se croisent et se répondent chaque jour. C’est aussi de grandir avec l’odeur du cari qui mijote dans la cuisine.Être Mauricienne, c’est surtout porter une certaine façon de vivre : la solidarité, la simplicité et la capacité de rester soudés malgré nos différences. Dans une petite île au milieu de l’océan, on apprend vite que notre plus grande richesse, c’est notre diversité. Pour moi, être Mauricienne, c’est être à la fois forte et douce, attachée à mes racines mais ouverte sur le monde. C’est porter en moi l’histoire de plusieurs cultures qui, ensemble, ont créé quelque chose d’unique : l’identité mauricienne.»
Nicolas Mannoo, Sainte-Croix : «Porter en soi plusieurs cultures…»
«Être Mauricien en 2026, pour moi, signifie porter en soi plusieurs cultures. C’est tout un défi que de grandir dans la diversité sans tomber dans la division, parler différentes langues tout en partageant le même chemin. Dans ce monde en constante évolution, être Mauricien, c’est faire preuve de résilience et de créativité, et honorer nos origines en essayant de construire un avenir meilleur pour nous tous.»
Benoit Legrand, Solitude: «C’est se battre pour sa famille»
Jeune papa du petit Noé, qui vient tout juste d’avoir un an, Benoit parle avec beaucoup de réalisme de ce que signifie être Mauricien en 2026. Pour lui, la priorité reste de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. «Aujourd’hui, on doit travailler doublement pour pouvoir gérer le foyer. On travaille non-stop et on n’a même plus vraiment le temps de passer du temps en famille», confie-t-il. Il observe aussi combien les réseaux sociaux ont pris de l’ampleur dans la vie quotidienne. «À la moindre chose que tu fais, tu te retrouves exposé. Il faut être vigilant.» Mais ce qui le marque le plus reste le climat d’insécurité. «Avec tous ces drames, les meurtres et les cas de drogue qui augmentent, on vit dans une certaine crainte. On ne se sent pas vraiment en sécurité. Quand on devient parent, on pense surtout à l’avenir de ses enfants. Si aujourd’hui c’est déjà difficile, on se demande comment ce sera demain.»