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31 janvier 2026 19:40
Après plusieurs rebondissements particulièrement intenses, qui ont fait douter plus d’un de l’aboutissement du Chagos deal, la situation semble s’être clarifiée du côté de Londres. La semaine dernière, la déclaration de Donald Trump qualifiant de «grande stupidité» l’intention de la Grande-Bretagne de restituer la souveraineté de l’archipel des Chagos à Maurice avait jeté un sérieux coup de froid sur le processus de rétrocession. Sir Keir Starmer avait même décidé de retirer le projet de loi qui devait être débattu le lundi 26 janvier à la Chambre des lords, une décision au signal pour le moins ambigu.
À Maurice, malgré la confiance affichée par le gouvernement, la tournure prise par les événements laissait planer jusqu’ici des doutes sur la suite du dossier. Après plusieurs jours d’incertitude et de spéculation, il semblerait – c’est du moins ce que rapportent les médias britanniques – que le dossier avance de manière positive. En effet, malgré toutes les oppositions et les critiques, le Premier ministre britannique est déterminé à conclure cet accord. The Guardian cite même des sources de Downing Street qui considèrent comme un «done deal» l’accord sur les Chagos qui ne devrait plus être remis en cause. Jusqu’ici aucune communication officielle de Washington n’indique un changement de position. Le report de l’examen du projet de loi à la Chambre des lords est présenté comme lié aux discussions en cours avec les États-Unis, qui restent étroitement associés au processus.
Répondant aux questions de la presse ce vendredi lors de son déplacement pour Pékin, Sir Keir Starmer a assuré que les agences américaines de renseignement et de défense soutiennent toujours l’accord contrairement aux attaques de Trump. Selon la presse britannique, les attaques formulées de Trump ne seraient pas une réelle remise en cause de l’accord, mais plutôt liées à ses ambitions concernant le Groenland.
Il a rappelé qu’une pause de trois mois avait été accordée à l’arrivée de l’administration Trump afin de permettre un examen approfondi du texte par les agences concernées, compte tenu des enjeux de sécurité et de renseignement, exercice qui s’est conclu par le soutien américain à l’accord. «J’ai évidemment discuté des Chagos avec Donald Trump à plusieurs reprises. La question a été abordée avec la Maison-Blanche à la fin de la semaine dernière, pendant le week-end et au début de cette semaine. La position, comme vous le savez, est que lorsque l’administration Trump est arrivée, nous avons fait une pause de trois mois pour lui laisser le temps d’examiner l’accord sur les Chagos, ce qu’elle a fait au niveau des agences. Une fois cet examen terminé, ils ont été très clairs dans leurs déclarations sur le fait qu’ils soutenaient l’accord - des annonces faites, de mémoire, par le secrétaire à la Défense, par Marco Rubio également, ainsi que par le président Trump lui-même» a déclaré Sir Keir Starmer.
Néanmoins, le dossier reste sujet à une forte opposition au parlement britannique. Le report du débat à la Chambre des lords serait dû à une motion conservatrice déposée à la dernière minute, mettant en garde contre une possible incompatibilité entre l’accord sur les Chagos et le traité américano-britannique de 1966, qui entoure l’usage de la base militaire de Diego Garcia par les États-Unis. Faute de majorité à la Chambre haute, le gouvernement travailliste a préféré différer l’examen du texte afin d’éviter une défaite parlementaire, tout en affirmant que le projet de loi sera réinscrit à l’ordre du jour dans les prochaines semaines, une fois les discussions avec Washington terminées.
Le gouvernement mauricien reste vigilant face aux évolutions du dossier des Chagos. Une délégation américaine est attendue à Maurice les 24 et 25 février 2026 pour discuter d’un partenariat sécuritaire et du renforcement de la coopération dans l’océan Indien.
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