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Chagos : traité toujours bloqué, le gouvernement en réflexion…

7 mars 2026

Alors que la ratification reste bloquée à Londres dans un contexte géopolitique tendu, Maurice envisage désormais des options légales pour faire avancer le dossier.

Un comité pour avancer. Une réunion du comité interministériel présidée par le Premier ministre Navin Ramgoolam, ce mardi 3 mars, comprenait notamment le Premier ministre adjoint Paul Bérenger, l’Attorney General Gavin Glover et le ministre des Affaires étrangères Ritesh Ramful. Les discussions ont porté sur le retard dans l’entrée en vigueur du traité relatif à l’archipel des Chagos, signé le 22 mai 2025, ainsi que sur le contexte international entourant ce dossier sensible. À l’issue de la réunion, les membres du comité ont exprimé leur inquiétude face à l’absence de progrès concret. Bien que l’accord ait été signé il y a plusieurs mois et que les deux parties aient initialement affiché leur volonté de le mettre en application rapidement, aucune visibilité claire n’existe aujourd’hui quant à son entrée en vigueur. Le Premier ministre a également rencontré les représentants de la communauté chagossienne à la suite de cette réunion. Menée par Olivier Bancoult, la délégation du Groupe Réfugiés Chagos s’est dite satisfaite des échanges : les discussions ont confirmé la collaboration étroite entre le gouvernement et les représentants chagossiens dans les décisions liées à l’avenir de l’archipel.

Des avenues légales ? C’est ce que Navin Ramgoolam a confié au Défi. Face à la situation incertaine, le gouvernement mauricien explore désormais d’autres options. Le Premier ministre a indiqué que Maurice est en contact avec des cabinets juridiques internationaux afin d’examiner les recours possibles pour faire avancer le dossier.

Un processus bloqué. L’accord signé en mai 2025 prévoit que le Royaume-Uni cède la souveraineté des Chagos à Maurice, tout en conservant l’usage stratégique de la base militaire de Diego Garcia. Cette installation, exploitée conjointement avec les États-Unis, est considérée comme un point clé dans le dispositif militaire occidental dans l’océan Indien. Mais malgré l’avancée diplomatique qu’il représente, le traité se heurte désormais à plusieurs obstacles. Le processus de ratification est actuellement bloqué au Parlement britannique, où le texte devait franchir ses dernières étapes législatives. Cette situation a été aggravée par les critiques du président américain Donald Trump. Ce revirement politique a contribué à fragiliser la progression du projet de loi britannique qui devait permettre à Maurice d’exercer sa souveraineté sur l’archipel tout en louant la base de Diego Garcia pour une durée de 99 ans. Au-delà des enjeux diplomatiques et géopolitiques, la question a aussi des implications économiques importantes. Si l’accord avait été entériné, Maurice aurait dû recevoir un premier versement annuel d’environ Rs 10 milliards, destiné à soutenir le Budget 2026-2027. L’incertitude actuelle oblige donc le gouvernement à envisager d’autres sources de financement.

«Stupid island !». C’est en ces termes que Donald Trump a qualifié les Chagos lors d’une allocution télévisée.

Toujours. Misley Mandarin et ses quatre acolytes sont toujours sur l’île de Peros-Banhos. Le juge de la Cour suprême chargé du Territoire britannique de l’océan Indien a maintenu l’injonction empêchant l’expulsion des cinq Britanniques débarqués dans l’archipel, tandis qu’une audience sur le fond de l’affaire et les droits du peuple chagossien est prévue le 13 mars 2026.

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